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Bas de Laine

La Volière · sommet

Le Beffroi des Sceaux · Nostr : une identité qui est une clé

Votre identité est un sceau, pas un compte. Les crieurs de la ville le reconnaissent, et aucun n'a le pouvoir de vous le reprendre.

La boussole de la salle8 de liberté sur 15, et les quatre caméras

Chaque axe est noté de 0 à 3 : ce que cette salle change, comparé au village (ce que vous faites déjà), jamais comparé à la perfection.

Ce que vous gagnez en liberté

  • Garde : 3 sur 3, changement net qui tient la chose : vous, ou un tiers.
  • Juridiction : 3 sur 3, changement net loin d'un point unique : une banque, un État, un prestataire.
  • Monnaie : 1 sur 3, un peu le choix de la monnaie.
  • Discrétion : 1 sur 3, un peu moins vu ; le détail, caméra par caméra, est plus bas.
  • Prudence : 0 sur 3, rien ne change un risque que vous aviez déjà, réduit.

Les cinq additionnés : 8 de liberté sur 15, pour un effort de 3 sur 5.

Effort
3 sur 5
Liberté
8 de liberté sur 15
Genre de salle
Chantier : beaucoup de liberté, un vrai effort

Le prix en confort

Confort : 1 sur 3, plus pénible 3 : aussi simple qu'aujourd'hui ; 0 : nettement plus pénible.

Le confort ne compte pas dans la liberté : il dit ce que le geste vous coûte en simplicité. Trois tasses pleines, et vous ne sentez presque rien.

Les quatre caméras

Une caméra par observateur. Leur pose dit ce que chacune voit encore de vous, comparé au village (ce que vous faites déjà).

  • Badaud (le curieux, le voleur)

    un peu moins : vous voit un peu moins, gain de discrétion 1 sur 3

  • Changeur (la banque)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

  • Marchand (la plateforme)

    nettement moins : vous voit nettement moins, gain de discrétion 2 sur 3

  • Intendance (l'administration)

    un peu moins : vous voit un peu moins, gain de discrétion 1 sur 3

À gagner Voici les caméras une fois l'objectif de donjon accompli. Avant le geste, toutes vous regardent, comme au village.

La caméra du Changeur (la banque) vous voit toujours ici, et c'est normal : cette salle ne s'occupe pas d'elle.

Quête Un sceau qui est une clé

  • Le défi de la taverneparchemin fermé

    Convertissez une clé publique (npub) en hexadécimal. Ne collez jamais votre clé privée (nsec).

    Il rapporte l'écusson « Clé publique, vie privée » peint, et 30 liards.

    Le geste en détail
  • Le bonus du donjonparchemin fermé

    Publiez (ou signez seulement) une note Nostr qui contient le défi de la Cafetière, et collez son JSON. Le défi est gardé une semaine par ce navigateur.

    Il rapporte l'écusson « Clé publique, vie privée » forgé, et 60 liards.

    Le geste en détail

Les deux objectifs sont indépendants. La Cafetière vérifie votre preuve dans votre navigateur, puis inscrit votre drapeau dans votre parchemin. Effort : 3 sur 5. Liberté gagnée : 8 sur 15.

Pas encore de parchemin ? Levez la Herse : deux minutes, un crayon. Vous en avez un ?Décachetez-le à la Herse pour voir où vous en êtes.

L’essentiel en cinq lignes

  1. Où vous êtes : au Beffroi des Sceaux, au sommet de la Volière, la partie du site sur les messageries.
  2. Ce que vous apprenez : sur Nostr, votre compte n’est pas une ligne chez une entreprise, c’est une clé que vous gardez.
  3. Ce que vous faites : vous créez une clé Nostr, vous la notez sur papier, puis vous signez un court message avec elle.
  4. Ce qu’il vous faut : un téléphone ou un ordinateur, une feuille et un stylo. Aucun argent. Durée : une vingtaine de minutes.
  5. Ce que vous y gagnez : une identité publique qu’aucune plateforme ne peut suspendre.

Pourquoi cette salle, et l'histoire

Et si votre compte sur un réseau social n’était plus une ligne chez une entreprise, mais une clé que vous seul gardez ?

Sur les réseaux sociaux que vous connaissez, votre compte est une ligne chez une entreprise. Elle peut la suspendre ou l’effacer, et aussi vous la rendre si vous oubliez votre mot de passe. Vous êtes locataire.

Sur Nostr, votre compte est une paire de clés : une clé publique, que vous montrez à tout le monde, et une clé privée, que vous ne montrez à personne. C’est le geste du portefeuille de cryptomonnaie, appliqué à la parole publique.

À la fin, vous saurez créer votre clé, la noter sur papier et prouver que vous la tenez sans la montrer. Vous saurez aussi ce que Nostr rend public pour toujours.

Percolozor, en voix off. Sur un réseau social, vous pouvez perdre votre compte de deux façons : la plateforme le ferme, ou vous oubliez le mot de passe. Ici, il ne reste qu’une feuille de papier à perdre, ce qui simplifie au moins les échecs.

L’histoire

Cas fictif, construit sur des faits réels.

Paul écrit depuis dix ans sur un grand réseau social. Rien de sulfureux : des fils sur l’histoire des monnaies, quelques débats sur l’inflation, trois mille abonnés gagnés un par un.

Un mardi matin, l’application affiche un écran gris : « Votre compte a été suspendu pour violation de nos règles. » Le message ne dit pas quelle règle. Le formulaire de contestation renvoie à une page d’aide, qui renvoie au formulaire. Trois semaines plus tard, un courriel automatique confirme la décision. Dix ans de textes et d’abonnés sont devenus une ligne inactive.

Paul n’a rien perdu d’irremplaçable. Il a surtout compris qu’il n’avait jamais rien possédé.

Il recommence sur Nostr. L’application lui crée une clé en une seconde. Il note sa clé privée sur papier et la range avec ses autres feuilles importantes. Puis il republie ses meilleurs fils. Ses messages partent sur plusieurs relais : des serveurs qui transportent et gardent les messages, sans pouvoir les modifier.

Six mois plus tard, le relais que Paul utilisait le plus ferme, faute de moyens. Paul s’en aperçoit à peine : ses messages étaient aussi sur quatre autres relais, et ses abonnés le suivaient par sa clé.

L’histoire a une suite moins rose, et elle compte autant. Un an plus tard, la sœur de Paul crée elle aussi une clé. Elle la laisse dans les notes de son ancien téléphone, puis revend le téléphone. Elle n’a aucun service client à appeler. Son identité est perdue, ou pire : elle est dans la poche de l’acheteur.

C’est le contrat de Nostr : personne ne peut vous fermer, et personne ne peut vous rendre ce que vous avez perdu.

Ce que vous faites

La recette

La recette compte cinq étapes. À la fin, vous avez une clé Nostr notée sur papier, un profil prudent et une première note publiée.

Il faut avoir passé la Herse aux Douze Mots · Vos douze mots, l’entrée du site. La Chambrée · Premier portefeuille est conseillée : vous y signez déjà un message avec une clé.

Étape 1 : choisissez une application

Pour commencer, prenez une application qui crée la clé pour vous. Ces trois clients sont connus et gratuits :

  • Primal : iPhone, Android et navigateur. C’est le plus proche d’un réseau social classique.
  • Damus : d’abord conçu pour iPhone, il existe aussi sur Android et sur ordinateur.
  • Amethyst : Android seulement, très complet.

Votre clé fonctionne dans tous. Vous pourrez changer d’application sans changer d’identité.

Étape 2 : créez votre clé

  1. Ouvrez l’application et choisissez « créer un compte ». Le mot est trompeur : aucun compte n’est créé chez personne.
  2. L’application fabrique votre paire de clés, sur votre appareil. Vous obtenez deux longues suites de caractères.
Commence par Rôle Ce que vous en faites
Clé publique npub1… votre identité, ce que les autres suivent partagez-la librement, comme un pseudo
Clé privée nsec1… ce qui signe vos messages ne la montrez, ne la collez et ne l’envoyez jamais

On ne vous demande ni numéro de téléphone, ni courriel, ni pièce d’identité.

Les deux écritures d'une même clé : npub et hexadécimal

Les préfixes npub et nsec évitent de confondre les deux. Derrière chacun, il y a un très grand nombre. Les règles de Nostr s’appellent des NIP : des normes publiques, numérotées. Celle-ci est la NIP-19. Les relais, eux, utilisent la forme hexadécimale de la clé publique : 64 caractères, des chiffres de 0 à 9 et des lettres de a à f.

Étape 3 : sauvegardez la clé privée, maintenant

C’est l’étape qui compte le plus. Ouvrez les réglages de l’application, souvent dans « Clés » ou « Sécurité ». Affichez votre nsec, puis choisissez une voie.

  • La voie simple : recopiez la nsec sur papier, lisiblement. Rangez-la en lieu sûr, comme la feuille de vos Douze (vos douze mots, notés sur papier à la Herse), mais pas dans la même enveloppe. Relisez les 63 caractères deux fois : un seul caractère faux rend la copie inutile.
  • La voie chiffrée : certaines applications exportent la clé chiffrée par un mot de passe. Cette version commence par ncryptsec1… (norme NIP-49). Elle peut aller dans votre gestionnaire de mots de passe, car elle ne sert à rien sans le mot de passe. Gardez quand même une copie papier de la nsec.

Une règle sans exception. Votre nsec ne se colle sur aucun site, celui-ci compris. Un site qui vous la demande pour « vous connecter » vous demande en réalité les clés de la maison.

Deux autres interdits :

  1. Ne fabriquez pas votre clé Nostr avec des mots que vous utilisez déjà, ni vos Douze, ni la phrase d’un portefeuille. La norme NIP-06 permet de tirer une clé Nostr d’une phrase de 12 ou 24 mots, mais la liste officielle des normes la déconseille aujourd’hui. Une seule fuite vous coûterait deux choses à la fois.
  2. Ne laissez pas la clé sur un écran : ni dans les notes du téléphone, ni en photo, ni dans vos courriels.

Étape 4 : remplissez un profil qui ne vous trahit pas

Votre profil (nom, photo, description) est lui-même un message signé, public, copié sur plusieurs relais. Partez du principe que tout le monde le lira, pendant longtemps.

  1. Choisissez un pseudonyme qui ne ressemble à aucun de vos autres comptes.
  2. N’utilisez pas de photo de vous, ni de photo prise chez vous. Une image contient des métadonnées (la date, l’appareil, parfois le lieu), qui en disent plus qu’on ne croit.
  3. N’indiquez ni votre ville ni votre métier, même « pour le contexte ».

Étape 5 : publiez, suivez, partagez votre npub

  1. Suivez quelques comptes.
  2. Publiez une première note.
  3. Donnez votre npub à ceux qui doivent vous trouver. L’application peut l’afficher en QR code.

Votre npub fonctionne comme un pseudo, en plus solide : personne ne peut publier sous ce nom sans votre clé privée. Ensuite, Nostr s’utilise comme n’importe quel réseau.

Les variantes : signer depuis le navigateur, garder la clé à un seul endroit, un nom lisible, les pourboires, les messages privés
  • Variante : Extension de navigateur (NIP-07)

    Effort en plus : faible

    Ce que vous gagnez : vous signez sur un site sans lui donner la clé

    Ce que vous risquez : la clé vit dans le navigateur, qu’il faut protéger

  • Variante : Signeur unique (NIP-46, NIP-55)

    Effort en plus : moyen

    Ce que vous gagnez : la clé ne vit qu’à un seul endroit

    Ce que vous risquez : un peu moins de confort

  • Variante : Nom lisible (NIP-05)

    Effort en plus : moyen

    Ce que vous gagnez : un identifiant facile à retenir

    Ce que vous risquez : un domaine à votre nom vous identifie

  • Variante : Pourboires en sats (NIP-57)

    Effort en plus : moyen

    Ce que vous gagnez : recevoir et envoyer de petits paiements

    Ce que vous risquez : chaque pourboire est public

  • Variante : Messages privés (NIP-17)

    Effort en plus : faible

    Ce que vous gagnez : des messages chiffrés

    Ce que vous risquez : tous les clients ne les gèrent pas

  • Signer depuis le navigateur (NIP-07). Sur ordinateur, une extension de navigateur peut garder votre clé et signer à la place des sites. Le site demande une signature à l’extension, qui lui rend le message signé : le site ne voit jamais la clé. Exemples : nos2x (navigateurs Chromium, avec une version séparée pour Firefox) et Alby. La Cafetière, elle, ne demande rien à votre extension : pour la quête, vous lui collez une note déjà signée.
  • Garder la clé à un seul endroit (NIP-46). Chaque application qui détient votre clé est une porte de plus pour un voleur. La norme NIP-46 laisse la clé dans un seul endroit, le signeur (on dit aussi bunker). Les autres applications lui demandent de signer à distance. Sur Android, Amber remplit ce rôle. Il signe pour vos autres appareils (NIP-46) et pour les autres applications du même téléphone (NIP-55). Votre téléphone devient le coffre de votre identité. C’est la variante à choisir dès que vous utilisez Nostr sur plusieurs appareils.
  • Un nom lisible (NIP-05). Une npub ne se retient pas. La norme NIP-05 permet d’afficher un identifiant du type [email protected], prouvé par un fichier publié sur ce domaine. La norme le dit elle-même : elle sert à identifier quelqu’un, pas à le vérifier. Elle impose aux clients de suivre la clé, jamais l’adresse : si le domaine change de main, vos abonnés ne suivent pas le nouveau propriétaire.
  • Les pourboires en sats (NIP-57). Les sats sont de petites fractions de bitcoin. Avec un portefeuille Lightning (un réseau de paiements rapides en bitcoin) relié à votre profil, on peut vous en envoyer en un geste. On appelle ces pourboires des « zaps ». Le reçu de chaque zap est un message public : un zap est un don fait en place publique, pas sous la table.
  • Les messages privés (NIP-17). Nostr propose des messages chiffrés de bout en bout. La norme NIP-17 cache aussi au public qui parle à qui, et quand. L’ancienne norme NIP-04 est dépréciée : elle laissait voir l’expéditeur et le destinataire. Vérifiez que votre client gère NIP-17 avant d’écrire quelque chose de sensible. Pour une vraie conversation privée, préférez le Pigeonnier Discret · Signal, numéro masqué ou le Perchoir des Corbeaux · Sans numéro du tout. Nostr est d’abord une parole publique.
Le marché libre : acheter à quelqu'un plutôt qu'à une plateforme

Votre clé Nostr sert aussi à acheter et à vendre. Il ne s’agit pas de tout changer : c’est un réflexe à prendre avant un achat.

L’ordre du panier. Pour un livre, une bougie ou une paire de chaussettes, regardez dans cet ordre :

  1. Un marché Nostr, ou les gens que vous connaissez : un artisan du coin, un habitué d’une rencontre bitcoin.
  2. Un commerçant qui accepte le bitcoin : la carte BTC Map, au Passage des Estafettes, en trouve près de chez vous.
  3. Votre enseigne habituelle.
  4. Sinon, Amazon, sans aucun reproche : le marché libre n’a pas encore tout.

L’artisan, qui vend ses bougies sur un marché Nostr : « Je vends douze bougies par mois. Avec vous, treize. C’est comme ça qu’un marché commence. »

L’histoire courte. Au début des années 1980, l’écrivain Samuel Edward Konkin III appelle « agorisme » (de l’agora, la place du marché grecque) une société d’échanges libres. Le château n’en garde qu’une idée : bâtir à côté, plutôt que renverser.

Entre 2011 et 2013, Silk Road, un marché en ligne payé en bitcoin, vend surtout de la drogue. Son créateur est arrêté le 1er octobre 2013, et le FBI saisit environ 174 000 bitcoins. La leçon dépasse cette affaire : un marché centralisé a un propriétaire. On peut l’arrêter et saisir ses serveurs. Et celui qui garde l’argent des clients peut partir avec : c’est l’arnaque à la sortie.

OpenBazaar, lancé en 2016, vendait des biens ordinaires, de pair à pair. Mais une seule entreprise faisait tourner les serveurs dont il dépendait. Faute d’utilisateurs et de financement, elle les a éteints le 15 janvier 2021.

Sur Nostr, une annonce est un message signé par le vendeur, copié sur des relais indépendants. Il n’y a personne à arrêter, et aucune caisse commune à vider. Il n’y a personne non plus pour arbitrer un litige.

Où acheter, honnêtement. Shopstr est un marché Nostr libre, dans le navigateur, sans compte ni pièce d’identité. Le paiement part en bitcoin (Lightning ou Cashu, des jetons adossés au bitcoin), directement de l’acheteur au vendeur. Sur Android, Amethyst affiche les mêmes petites annonces (norme NIP-99). C’est petit : quelques centaines de vendeurs dans le monde, selon un comptage publié sur Nostr fin 2025. Et le recours est faible : pas de rétrofacturation, pas de service client, seulement la réputation du vendeur.

C’est justement pour cela que chaque acheteur compte : plus d’acheteurs attirent plus de vendeurs. Commencez par un petit montant, chez un vendeur que vous connaissez, livré dans une consigne. Ce paiement est une cession de bitcoin, comme au Greffe · La loi en chiffres.

Le défi de la taverne

convertissez votre npub en hexadécimal

  1. Collez votre npub dans le premier champ de la Cafetière.
  2. Trouvez vous-même la forme hexadécimale de la même clé publique (voir l’étape 2), et collez-la dans le second champ.

Vous comprenez au passage que les deux formes sont le même nombre.

Le bonus du donjon

signez le défi de la Cafetière

  1. La Cafetière vous donne un défi : une courte phrase datée, avec un code aléatoire, de la forme « Château de Bas-de-Laine · je tiens cette clé · nostr-identite-par-cle · [code] · [date] ». Ce navigateur garde le même défi pendant une semaine : vous pouvez publier la note depuis votre téléphone, puis revenir.
  2. Signez avec votre clé un message Nostr dont le texte est ce défi. Vous pouvez le publier, ou seulement le signer sans l’envoyer à aucun relais.
  3. Collez le message signé complet dans la Cafetière, au format JSON (le texte brut, entre accolades, qui décrit la note).

Ce que vous gagnez

Le verdict

Écusson forgé : Clé publique, vie privée. Votre identité tient dans une clé. Aucun réseau ne peut vous bannir, aucun service client ne peut vous la rendre. Vous êtes libre et seul responsable : c’est le contrat.

Vous êtes désormais, officiellement, la personne qui a quitté les réseaux sociaux pour un protocole dont personne ne sait prononcer le nom. Le sweat à capuche n’est pas fourni, mais il est fortement sous-entendu.

Hilarion, le héraut du château : « Oyez : le Beffroi remet l’écusson Clé publique, vie privée à… à une npub. Je l’aurais bien lue à voix haute, mais elle fait soixante-trois caractères. »

Percolozor, en voix off. Les relais reconnaissent votre clé, et rien d’autre : ni votre nom, ni votre numéro. C’est tout ce qu’on leur demande, et ce beffroi n’a même pas de cloche.

Bloqué ?

La vérification, les sucres et le déca

Voir l'aide de la Cafetière
  • Les sucres : trois indices gratuits, à ouvrir un par un. Un sucre donne une piste, deux la méthode, trois la solution. Votre journal note seulement combien vous en prenez.
  • Le déca : vous lisez la salle sans faire la quête. Vous n'avez pas l'écusson, mais le chemin continue, et vous revenez quand vous voulez.

Comment la Cafetière vérifie, chez vous

Rien ne sort de votre navigateur. Votre clé privée ne quitte jamais votre application.

Si vous collez une clé privée nsec, dans n’importe quel champ, la Cafetière vide tous les champs, ne vérifie rien et n’en garde rien. Ce n’est pas une erreur de quête : vous ne tombez pas aux oubliettes.

La Cafetière affiche :

La Cafetière
> stop !
> ceci ressemble à une clé nsec, la clé privée d'un compte nostr. je ne l'ai ni gardée ni envoyée. on donne sa clé publique (npub), jamais la nsec.
> je ne l'ai ni lu, ni gardé, ni envoyé. j'ai vidé le champ.
Le détail de la vérification
  • Objectif de taverne : votre navigateur décode la npub (norme NIP-19) et compare le résultat avec la forme hexadécimale collée. Si les deux ne correspondent pas, la Cafetière refuse. Attention : une clé privée brute ressemble exactement à une clé publique brute (64 caractères hexadécimaux). Si vous collez la clé privée brute par erreur, la Cafetière ne peut pas la reconnaître : elle voit seulement que les deux formes ne correspondent pas, et refuse. Elle n’efface pas le champ : effacez-le vous-même, et considérez cette clé comme exposée si vous l’avez collée ailleurs.
  • Objectif de donjon :
    1. Le défi est fabriqué par votre navigateur et gardé une semaine par ce navigateur. Ensuite, il en tire un neuf. Sans stockage (Tor Browser, certaines fenêtres privées), il change à chaque ouverture.
    2. Vous le signez avec votre application : vous publiez (ou signez seulement) une note qui contient le défi, puis vous copiez son JSON brut et le collez dans le champ prévu.
    3. Votre navigateur vérifie l’événement, selon la norme NIP-01. Un événement est un message Nostr signé. Il doit avoir les sept champs attendus : id, pubkey, created_at, kind, tags, content, sig. Le champ content doit contenir le défi, et la date created_at doit dater de moins de sept jours, sans être dans le futur.
    4. L’id est recalculé. C’est l’empreinte SHA-256 du message : un résumé fixe, qui change si un seul caractère change. Votre navigateur la recalcule à partir de [0, pubkey, created_at, kind, tags, content].
    5. La signature est vérifiée. sig doit être une signature Schnorr valide (norme BIP-340, la même famille de signature que Bitcoin) de cet id par cette pubkey. La bibliothèque @noble/curves fait ce calcul en JavaScript pur, sans WebAssembly. Elle fonctionne donc aussi dans Tor Browser au niveau « Plus sûr », qui ne coupe JavaScript que sur les sites sans HTTPS.
    6. Les garde-fous. Si ce que vous collez contient une nsec1, la Cafetière vide les champs et ne vérifie rien. Si le champ de l’objectif de donjon contient ncryptsec1, ou 64 caractères hexadécimaux seuls au lieu d’un événement, elle refuse sans rien vérifier.
    7. Le drapeau est tiré de l’événement signé : il n’appartient qu’à vous. Le parchemin garde l’événement, donc aussi votre clé publique.
  • Peut-on tricher ? Sur la signature, non : sans la clé privée, personne ne fabrique une signature Schnorr valide. C’est ce qui fait la valeur d’une identité par clé. Sur le drapeau, oui : il est fabriqué dans votre navigateur, et on peut le contrefaire en lisant le code du site. Vous auriez un écusson, et toujours pas de clé.

Les sucres

Un sucre, une piste

On ne prouve pas qu’on a une clé en la montrant. On le prouve en s’en servant. Le site ne veut pas votre secret : il veut un message que seul votre secret a pu signer.

Deux sucres, la méthode
  • Objectif de taverne : la forme hexadécimale de votre clé publique se trouve dans le JSON brut de n’importe laquelle de vos notes. C’est le champ pubkey.
  • Objectif de donjon : copiez le défi avec « Copier le défi », puis publiez une note dont le texte est le défi. Cherchez dans le menu de cette note une option du type « copier le JSON », « données brutes » ou « voir la source ». Le libellé change d’une application à l’autre. Collez tout le bloc, accolades comprises.
Trois sucres, la solution
  • « Le texte de la note doit contenir le défi exactement » : vérifiez qu’il n’y a ni espace en plus, ni correction automatique du téléphone.
  • « Le JSON a été modifié après la signature » : vous avez modifié le JSON après l’avoir copié. Un seul espace changé dans content change l’empreinte. Recopiez-le tel quel.
  • « La date de la note sort de la fenêtre admise » : la note a plus de sept jours, ou l’horloge de votre appareil avance. Publiez une note neuve avec le défi affiché, et recommencez.
  • « les deux formes ne correspondent pas » : vous avez copié le pubkey d’une note écrite par quelqu’un d’autre. Prenez une de vos propres notes.
  • « ceci ressemble à une clé nsec » : vous avez collé votre nsec. La Cafetière a vidé les champs et n’en a rien gardé. Si vous l’avez déjà collée sur un autre site, créez une nouvelle clé.

Le déca

Vous pourrez revenir signer le défi le jour où vous aurez une clé sous la main.

Pour comprendre

À lire à votre rythme

La boussole

Par rapport au village, ici votre compte sur un grand réseau social, vous gagnez en garde et en juridiction, et vous perdez un filet de sécurité : la réinitialisation du mot de passe.
Axe Pourquoi
GardeVous détenez seul votre identité. Aucune plateforme ne la tient.
JuridictionLe protocole n’a pas de siège. Les relais sont dans des pays différents, et vous pouvez en changer.
MonnaieLes zaps relient votre identité à Lightning, en option.
DiscrétionTout ce que vous publiez est public, signé et copié. Le pseudonyme vous protège, pas le contenu.
ConfortLa copie de votre clé est à votre charge, et les applications sont moins polies que celles des grandes plateformes.
Prudence (un risque existant réduit)Aucun gain : vous échangez un risque (la suspension) contre un autre (la perte de la clé).

Les quatre caméras

Caméra Ce qu’elle voit, comparé au village
du Badaud (le curieux, le voleur) Tout ce que vous publiez, la liste des comptes que vous suivez, vos zaps. S’il relie votre npub à votre nom, il relie tout le reste.
du Changeur (la banque) Rien de plus qu’avant : Nostr ne passe pas par elle. Un zap payé avec des bitcoins achetés sur une plateforme régulée reste visible de cette plateforme.
du Marchand (la plateforme) Il n’y a pas de plateforme centrale. Chaque relais voit les messages que vous y publiez, et l’adresse IP (l’adresse de votre connexion), sauf si vous la masquez avec un VPN (un service qui fait passer votre connexion par son serveur) ou avec Tor (un réseau qui cache votre adresse). Aucun relais n’a votre numéro ni votre courriel : vous n’en avez donné aucun.
de l’Intendance (l’administration) Elle lit ce qui est public, comme tout le monde. Elle peut demander ses journaux de connexion à un relais à sa portée. Sans adresse IP masquée, c’est par là que le pseudonyme fuit.

Les risques, chiffrés

Cinq risques, comparés à votre compte actuel sur un grand réseau social ; le plus important est de perdre votre clé privée.

Les probabilités ci-dessous sont des ordres de grandeur raisonnés, pas des statistiques.

Risque En une ligne
1. Perdre sa clé privée Le risque principal. Très faible avec une copie papier, définitif sinon.
2. Se faire voler sa clé Faible si la clé ne quitte pas le papier et votre application. Aucune révocation possible.
3. Ce qui est publié reste Certain : c’est le fonctionnement normal du réseau.
4. Que le pseudonyme soit relié à vous Faible face à un curieux, plus élevé face à une administration.
5. Se faire suspendre Le risque d’aujourd’hui sur les grandes plateformes. Il disparaît presque.
1. Perdre sa clé privée
  • Possible ? Oui.
  • Probable ? C’est le risque principal. Il dépend entièrement de l’étape 3 : avec une copie papier bien rangée, il devient très faible. Aucun chiffre fiable.
  • Coût : votre identité, vos abonnés, le droit de signer à ce nom. Vos anciens messages restent lisibles sur les relais, mais vous ne pouvez plus rien publier sous cette clé.
  • Tendance : en baisse, car les applications proposent de plus en plus l’export chiffré (NIP-49) et les signeurs dédiés (NIP-46).
  • Durée : définitive. Une clé perdue l’est pour toujours.
  • Comparé au village : un mot de passe oublié se réinitialise par courriel en deux minutes. Ici, il n’y a pas de guichet. C’est le prix exact de la liberté de cette salle.
2. Se faire voler sa clé
  • Possible ? Oui : une clé collée sur un site piégé, laissée dans une note, ou restée sur un téléphone revendu.
  • Probable ? Faible si vous respectez les interdits de l’étape 3, élevé sinon. Aucun chiffre fiable.
  • Coût : le voleur publie en votre nom. Aucune norme publiée ne permet de révoquer une clé et d’en désigner une nouvelle. La seule norme de délégation (NIP-26) est déconseillée par la liste officielle. Il faut créer une nouvelle clé et prévenir vos contacts par un autre moyen.
  • Tendance : stable. Les arnaques du type « collez votre clé pour vous connecter » visent les portefeuilles depuis des années, et Nostr n’a aucune raison d’y échapper.
  • Durée : permanente. La clé volée reste valide.
  • Comparé au village : un compte piraté se récupère en général auprès du support. Une carte bancaire volée se fait bloquer. Une clé Nostr volée ne se fait bloquer nulle part.
3. Ce qui est publié reste
  • Possible ? Certain.
  • Probable ? Certain : c’est le fonctionnement normal. La norme de suppression (NIP-09) n’est qu’une demande de suppression. Les relais « devraient » effacer le message. La norme reconnaît elle-même qu’il est impossible d’effacer un message de tous les relais et de tous les clients.
  • Coût : un message regretté vous suit.
  • Tendance : stable : c’est la conception du réseau.
  • Durée : sans fin, ou presque.
  • Comparé au village : sur un grand réseau, la suppression est plus efficace, mais les captures d’écran et les archives existent aussi. La différence est de degré, pas de nature. La règle la plus simple : n’écrivez sur Nostr que ce que vous accepteriez de lire sur une affiche dans votre rue.
4. Que le pseudonyme soit relié à vous
  • Possible ? Oui : par l’adresse IP vue d’un relais, par un détail de profil, par votre style, ou par un zap payé depuis un compte à votre nom.
  • Probable ? Faible face à un curieux, si vous avez suivi l’étape 4. Plus élevé face à une administration qui demande les journaux d’un relais à sa portée.
  • Coût : celui de ce que vous avez publié.
  • Tendance : stable.
  • Durée : un lien établi reste établi.
  • Comparé au village : votre compte actuel connaît déjà votre courriel, votre numéro et souvent votre carnet d’adresses. Nostr part de zéro information, et c’est vous qui décidez ce que vous ajoutez.
5. Se faire suspendre
  • Possible ? Par un relais, oui. Par le réseau entier, non : il n’a pas de propriétaire.
  • Probable ? Faible : si un relais vous refuse, vous publiez sur les autres.
  • Coût : quasi nul, puisque vos abonnés vous suivent par votre clé.
  • Tendance : stable.
  • Durée : celle de la décision d’un relais, sur ce seul relais.
  • Comparé au village : c’est le risque que vous courez aujourd’hui sur toutes les grandes plateformes. Ici, il disparaît presque. C’est la raison d’être de la salle.

Oubliette : la Clé Collée. Vous collez votre clé privée (nsec1…) dans une application web inconnue, pour « vous connecter ». Elle peut alors publier en votre nom, pour toujours. La parade : signez avec une extension ou un signeur, et ne collez jamais une nsec.

Partageot, l’écuyer de votre compagnie, qui partage tout : « Le site me demandait ma clé pour me connecter, alors je l’ai donnée. Depuis, je publie des publicités pour des montres, et je ne m’en souviens pas. »

Ce que dit la loi

En bref : aucun texte ne vous oblige à publier sous votre nom, mais le pseudonyme ne change rien à votre responsabilité pour ce que vous écrivez.
La loi en détail : le pseudonyme, la presse, les relais, les zaps, les messages privés
  • Le pseudonyme. Aucun texte n’oblige un particulier à signer de son nom un message qu’il publie en ligne.
  • Votre responsabilité. Ce que vous publiez sur Nostr est une publication publique, au sens de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. La diffamation, l’injure ou la provocation y sont punies comme ailleurs. La prescription (le délai après lequel on ne peut plus vous poursuivre) est en principe de trois mois après la publication (article 65). Elle passe à un an pour les provocations à la haine ou à la discrimination, et pour les diffamations et injures racistes ou discriminatoires (article 65-3).
  • Les relais. Ils stockent et diffusent les messages des autres. Ceux qui sont à la portée de la justice française ou européenne peuvent recevoir des demandes de retrait, ou de communication de leurs journaux de connexion. Ceux qui sont ailleurs, beaucoup moins. C’est l’axe Juridiction de la boussole, dans les deux sens.
  • Les zaps sont des paiements en bitcoin. Leur traitement fiscal est au Greffe · La loi en chiffres.
  • Les messages privés et le projet européen de détection dans les messageries (appelé « Chat Control ») sont traités au Cabinet Noir · Chat Control et la loi.

Pour aller plus loin

12 salles pour continuer, dans cette aile et les autres.

Dans la Volière

Dans la Tour aux Volets

Dans l’Aile du Trésor

Sources

Vérifiées en octobre 2026.

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