Aller au contenu
Bas de Laine

L'Aile du Trésor · rez-de-chaussée (le palier)

La Chambrée · Premier portefeuille

Une chambre à vous, un coffret à vous, une clé à vous. Le premier objet du château que personne d'autre ne peut ouvrir.

La boussole de la salle9 de liberté sur 15, et les quatre caméras

Chaque axe est noté de 0 à 3 : ce que cette salle change, comparé au village (ce que vous faites déjà), jamais comparé à la perfection.

Ce que vous gagnez en liberté

  • Garde : 3 sur 3, changement net qui tient la chose : vous, ou un tiers.
  • Juridiction : 2 sur 3, nettement loin d'un point unique : une banque, un État, un prestataire.
  • Monnaie : 2 sur 3, nettement le choix de la monnaie.
  • Discrétion : 1 sur 3, un peu moins vu ; le détail, caméra par caméra, est plus bas.
  • Prudence : 1 sur 3, un peu un risque que vous aviez déjà, réduit.

Les cinq additionnés : 9 de liberté sur 15, pour un effort de 2 sur 5.

Effort
2 sur 5
Liberté
9 de liberté sur 15
Genre de salle
Pépite : beaucoup de liberté, peu d'effort

Le prix en confort

Confort : 2 sur 3, un peu moins simple 3 : aussi simple qu'aujourd'hui ; 0 : nettement plus pénible.

Le confort ne compte pas dans la liberté : il dit ce que le geste vous coûte en simplicité. Trois tasses pleines, et vous ne sentez presque rien.

Les quatre caméras

Une caméra par observateur. Leur pose dit ce que chacune voit encore de vous, comparé au village (ce que vous faites déjà).

  • Badaud (le curieux, le voleur)

    un peu moins : vous voit un peu moins, gain de discrétion 1 sur 3

  • Changeur (la banque)

    nettement moins : vous voit nettement moins, gain de discrétion 2 sur 3

  • Marchand (la plateforme)

    nettement moins : vous voit nettement moins, gain de discrétion 2 sur 3

  • Intendance (l'administration)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

À gagner Voici les caméras une fois l'objectif de donjon accompli. Avant le geste, toutes vous regardent, comme au village.

La caméra de l'Intendance (l'administration) vous voit toujours ici, et c'est normal : cette salle ne s'occupe pas d'elle.

Quête Une clé à vous

  • Le défi de la taverneparchemin fermé

    Trouvez l'adresse de réception de votre portefeuille et collez-la. La Cafetière vérifie seulement son format.

    Il rapporte l'écusson « Porteur de clé » peint, et 20 liards.

    Le geste en détail
  • Le bonus du donjonparchemin fermé

    La Cafetière affiche deux messages presque identiques : lisez-les avant de signer, car un seul est le défi. Signez le défi dans votre portefeuille (avec l'outil « Sign Message » d'Etherscan pour MetaMask ou Rabby), puis collez l'adresse et la signature. Seul le détenteur de la clé peut produire cette signature.

    Il rapporte l'écusson « Porteur de clé » forgé, et 40 liards. Il compte pour le rang 3, Détenteur de clé.

    Le geste en détail

Les deux objectifs sont indépendants. La Cafetière vérifie votre preuve dans votre navigateur, puis inscrit votre drapeau dans votre parchemin. Effort : 2 sur 5. Liberté gagnée : 9 sur 15.

Pas encore de parchemin ? Levez la Herse : deux minutes, un crayon. Vous en avez un ?Décachetez-le à la Herse pour voir où vous en êtes.

L’essentiel en cinq lignes

  1. Où vous êtes : à la Chambrée, la salle de l’Aile du Trésor (la partie du site sur la monnaie) où vous créez votre premier portefeuille.
  2. Ce que vous apprenez : détenir vous-même la clé d’un portefeuille de cryptomonnaie, sans banque ni plateforme.
  3. Ce que vous faites : vous notez la phrase de récupération (12 ou 24 mots) sur papier, puis vous signez un court message. Aucun argent ne bouge.
  4. Ce qu’il vous faut : un téléphone ou un navigateur, un crayon, une feuille. Ni euro, ni pièce d’identité. Durée : une vingtaine de minutes.
  5. Ce que vous y gagnez : une clé que personne ne peut bloquer, et le réflexe de lire avant de signer.

Pourquoi cette salle, et l'histoire

Comment détenir vous-même la clé de votre argent, sans banque, plateforme ni État pour la garder à votre place ?

Jusqu’ici, votre argent a toujours eu un gardien. Ici, vous vous en passez pour une chose précise : la clé.

Cette salle est une clé de voûte : presque toutes les suivantes partent de l’adresse que vous signerez ici.

À la fin de la salle, vous saurez :

  • distinguer un portefeuille auto-dépositaire (vous tenez la clé) d’un compte sur une plateforme (quelqu’un la tient pour vous) ;
  • choisir le portefeuille qui correspond à ce que vous visez : bitcoin, stablecoins (des jetons qui valent un dollar ou un euro) ou Monero (une cryptomonnaie discrète) ;
  • lire un message avant de le signer : ce réflexe vous protège déjà de la plupart des arnaques.

Percolozor, en voix off. La Chambrée est petite : un lit, un coffret et une serrure. Tout le budget de la pièce est passé dans la serrure.

L’histoire

Cas fictif, construit sur des faits réels.

Novembre 2022. Paul a acheté pour 3 000 € de bitcoin sur l’une des plus grandes plateformes d’échange au monde. Ses bitcoins s’affichent dans l’application, avec un joli graphique. Paul se sent propriétaire.

Le 8 novembre, la plateforme bloque les retraits. Le 11, elle se déclare en faillite. Le solde de Paul s’affiche toujours, au centime près, et ne sert plus à rien.

Paul ne possédait pas de bitcoins. Il possédait une ligne dans la base de données de quelqu’un d’autre : une promesse de lui rendre ses bitcoins. Des années plus tard, la procédure de faillite lui rendra leur valeur en dollars au jour de la faillite, au plus bas du marché. Elle ne lui rendra pas ses bitcoins.

La même semaine, sa cousine Jeanne n’a rien remarqué. Elle avait acheté au même endroit. Mais elle avait ensuite envoyé ses bitcoins vers un portefeuille installé sur son téléphone. Elle avait noté les douze mots de ce portefeuille sur une feuille, rangée dans un tiroir. La faillite ne la concernait pas : la plateforme n’avait plus rien à elle.

Même achat, même endroit. Un seul des deux détenait ce qu’il avait acheté. Les habitués des cryptomonnaies le disent en anglais : not your keys, not your coins, « pas vos clés, pas vos pièces ». Cette salle sert à faire de vous une Jeanne, avant même d’avoir un euro à protéger.

Ce que vous faites

La recette

La recette tient en trois étapes : choisir un portefeuille, l’installer en notant sa phrase sur papier (voie A ou voie B), puis ranger la feuille. Aucun argent ne bouge.

Ce qu'est un portefeuille, en une minute

Un portefeuille de cryptomonnaie ne contient pas d’argent. L’argent est inscrit sur une chaîne de blocs : un registre public, recopié sur des milliers d’ordinateurs. Le portefeuille contient une clé : un très grand nombre secret. Cette clé donne le droit de dépenser ce qui est inscrit à une adresse.

  • L’adresse se donne. C’est l’équivalent de votre RIB.
  • La clé ne se donne jamais. C’est votre signature, et la seule.
  • La phrase de récupération (12 ou 24 mots) est la clé maîtresse, écrite en mots lisibles. Avec elle, on reconstruit le portefeuille sur n’importe quel appareil. Toute personne qui lit la phrase peut prendre les fonds.

Vous connaissez déjà ce principe. À la Herse aux Douze Mots, l’entrée du site, vous avez reçu les Douze : les douze mots du site. Ils chiffrent votre parchemin. Ici, le geste est le même, mais pour de l’argent.

Deux secrets, deux feuilles. Les Douze du site ne sont pas une phrase de portefeuille, et votre phrase de portefeuille ne sert jamais au site. La Cafetière refuse d’ailleurs toute phrase de récupération qu’on y colle.

Le port aux mille quais : le jeton et le réseau

C’est la première source d’erreur des débutants, et des autres. Une image suffit.

Imaginez un port avec plusieurs quais : le quai Ethereum, le quai Base, le quai Polygon, le quai Arbitrum… Chaque quai est une chaîne de blocs à part, avec son propre registre. Sur chaque quai, vous avez un casier.

  • Votre adresse 0x, c’est le numéro de votre casier. C’est le même numéro sur tous les quais EVM.
  • Le jeton, c’est la marchandise : de l’USDC, de l’EURC, de l’ETH.
  • Le réseau, c’est le quai où la marchandise est déposée.

Une caisse d’USDC livrée dans votre casier du quai Base reste sur le quai Base. Si vous ouvrez votre casier du quai Polygon, il est vide. Rien n’est perdu : vous regardez simplement le mauvais quai.

Ce que vous voyez Ce que ça veut dire
La plateforme dit « envoyé », et MetaMask affiche zéro. MetaMask regarde un autre quai. Sur son accueil, onglet « Tokens », changez le filtre « Network » (« Réseau ») pour le quai de l’envoi.
L’écran de retrait demande un « réseau ». C’est le quai de livraison. Choisissez celui que la salle demande. La Cafetière ne lit que deux quais : Bitcoin et Polygon.
« USDC » existe sur Ethereum, Base et Polygon. Même nom, caisses différentes. Faire passer une caisse d’un quai à l’autre demande un « pont » : c’est payant, c’est risqué, et ce château n’en a pas besoin.
Vous avez des USDC sur Polygon, mais l’envoi refuse de partir. Pour déplacer une caisse, il faut payer le batelier dans la monnaie du quai : du POL sur Polygon, de l’ETH sur Ethereum et sur Base. Gardez-en quelques centimes.
Votre adresse commence par bc1. Vous êtes dans un autre port, celui de Bitcoin, avec d’autres casiers. Aucune caisse ne passe directement des quais 0x à ce port, ni dans l’autre sens.

Avant chaque envoi, posez-vous deux questions : quelle marchandise ? et quel quai ? Le destinataire doit vous donner les deux, pas seulement le numéro de casier.

L’auteur de ce site avait la flemme de refaire un retrait pour tester sa propre salle. Il a donc collé à la Cafetière une vieille transaction qui traînait dans son portefeuille. Elle était sur le quai Base, et en plus elle partait de son adresse au lieu d’y arriver. La Cafetière l’a refusée, il s’est traité de gland, à juste titre, puis il a écrit ce paragraphe.

Étape 1 : choisissez votre portefeuille

Aucun portefeuille n’est le meilleur pour tout le monde. Choisissez celui qui correspond à ce que vous comptez faire ensuite. Pour cette salle, un seul suffit.

Rien ne vous empêche d’en installer deux.

Étape 2, voie A : installez MetaMask (stablecoins)

MetaMask fonctionne sur Ethereum (une chaîne de blocs différente de celle de Bitcoin) et sur les réseaux compatibles avec Ethereum, qu’on appelle les réseaux EVM.

  1. Tapez vous-même l’adresse metamask.io. Depuis ce site, suivez les liens vers le magasin d’applications ou vers l’extension de navigateur. Jamais depuis une publicité ou un lien reçu : les fausses applications de portefeuille sont la première porte des voleurs.
  2. Choisissez « Créer un nouveau portefeuille ».
  3. Choisissez un mot de passe. Il verrouille l’application sur cet appareil, rien de plus. Ce n’est pas lui qui protège votre argent.
  4. Refusez la sauvegarde « avec Google ou Apple », si l’application la propose. Elle enverrait votre clé chez un tiers.
  5. MetaMask affiche votre phrase secrète de récupération (12 mots). Écrivez-la sur papier, au crayon, dans l’ordre, en numérotant chaque mot. Elle ne va sur aucun écran : ni photo, ni capture, ni note, ni gestionnaire de mots de passe, ni courriel.
  6. Confirmez les mots demandés en relisant votre feuille, pas votre mémoire.
  7. Repérez votre adresse, en haut de l’écran. Elle commence par 0x. C’est la même sur Ethereum et sur les réseaux compatibles (Base, Arbitrum, Linea…).

Étape 2, voie B : installez BlueWallet (bitcoin)

  1. Installez BlueWallet depuis l’App Store ou Google Play. Vérifiez que l’éditeur s’appelle bien BlueWallet.
  2. Touchez Ajouter un portefeuille, puis Bitcoin, puis Créer.
  3. BlueWallet affiche votre phrase. Notez-la sur papier, au crayon, dans l’ordre, avec les numéros, comme à la voie A.
  4. Relisez chaque mot. Si un mot est difficile à relire, recopiez-le lisiblement tout de suite : un mot illisible rend la phrase inutilisable.
  5. Repérez votre adresse de réception. Elle commence par bc1q. C’est le format moderne de Bitcoin, et la Cafetière sait le vérifier.
Les variantes : Rabby, Cake Wallet, un portefeuille que vous avez déjà, un portefeuille matériel
  • Rabby suit le même principe que MetaMask, avec la même adresse 0x, et simule chaque transaction avant que vous la signiez : il vous montre ce qui va sortir du portefeuille (voir le risque n° 4).
  • Cake Wallet réunit bitcoin et Monero dans la même application (pour signer, voir le deuxième sucre). Attention, la phrase d’un portefeuille Monero n’a pas le même format que les autres : 16 mots par défaut (format Polyseed), ou 25 mots dans l’ancien format.
  • Vous avez déjà un portefeuille : passez directement à la quête.
  • Vous avez un portefeuille matériel (un petit boîtier, comme un Ledger, un Trezor ou un Coldcard, qui garde la clé hors de l’ordinateur) : il convient aussi pour la quête. Trois pièges sont fréquents :
    • Un seul logiciel à la fois peut parler au boîtier. Fermez le logiciel du fabricant (Trezor Suite, Ledger Live) avant d’ouvrir un autre logiciel, comme Sparrow (un logiciel bitcoin pour ordinateur).
    • Trezor Suite ne gère pas Monero. Pour utiliser Monero avec un Trezor, il faut un autre logiciel : Cake Wallet, ou Monero GUI sur ordinateur.
    • Sur iPhone, Cake Wallet ne fonctionne qu’avec le Trezor Safe 7. Avec un Trezor Safe 3 ou Safe 5, Cake Wallet ne marche que sur Android (tableau de compatibilité de Trezor, octobre 2026).

Étape 3 : rangez la feuille

Pour cette salle, un seul exemplaire papier suffit. Rangez-le dans un endroit que vous retrouverez, et qu’un visiteur ne fouillera pas. Le double, la plaque de métal et la transmission viendront à la Salle des Coffres (Garder ses clés), le jour où il y aura quelque chose à transmettre.

Ensuite, un portefeuille s’utilise comme une application bancaire : on lit son solde, on copie son adresse pour recevoir, on scanne un QR code pour payer. La seule nouveauté est la feuille dans le tiroir. Elle coûte cinq minutes, une seule fois.

Le défi de la taverne

trouver votre adresse de réception

Copiez l’adresse repérée à l’étape 2 (voie A, geste 7 ; voie B, geste 5), puis collez-la dans l’encart de la Cafetière. Elle commence par 0x, bc1, 1 ou 3.

Le bonus du donjon

signer le message de la Cafetière

Signez, avec l’adresse de la taverne, le défi de la Cafetière : un message lisible et daté, de la forme « Château de Bas-de-Laine · je détiens cette adresse · premier-portefeuille · [code de six caractères] · [date] ». Signer, c’est faire calculer par votre portefeuille, avec votre clé, un code que seul le détenteur de la clé peut produire. Ce navigateur garde le même défi une semaine.

Deux messages, un seul défi. La Cafetière affiche « Message 1 » et « Message 2 », dans un ordre qui change. Ils se ressemblent beaucoup. Lisez-les en entier, et ne signez que celui qui dit seulement ce que vous affirmez : l’autre fait tomber aux oubliettes. Si votre portefeuille affiche un avertissement, on ne signe pas, on ferme.

Le château ne vous demandera jamais de connecter votre portefeuille : un site qui insiste, ou que votre portefeuille signale, on le ferme. Sous le défi, l’encart « Comment signer ce défi » rappelle les gestes ci-dessous.

Voie A : signer avec MetaMask ou Rabby, par l'outil d'Etherscan

MetaMask et Rabby ne signent un message que si une page le leur demande. Le château n’en est pas une : vous passez par l’outil de signature d’Etherscan, un explorateur public.

  1. Ouvrez l’objectif de donjon dans la Cafetière, lisez les deux messages, puis copiez le défi.
  2. Dans un autre onglet, ouvrez https://etherscan.io/verifiedSignatures, puis cliquez sur « Sign Message ».
  3. MetaMask (ou Rabby) s’ouvre et demande de connecter etherscan.io (« Connect this website »). Choisissez le compte de l’objectif de taverne, puis cliquez sur « Connect ». Vérifiez ensuite que l’adresse affichée par Etherscan sous « Address » est bien celle de ce compte : sinon, c’est un autre compte qui signerait.
  4. Si Etherscan répond « Please connect to mainnet only » : MetaMask est réglé sur un autre réseau (Gnosis, Polygon…), et Etherscan ne signe que sur Ethereum. Fermez l’alerte. Sur l’accueil de MetaMask, onglet « Tokens », cliquez sur le filtre « Network: … » (« Réseau : … ») et choisissez « Ethereum ». Rechargez la page d’Etherscan (⌘R sur Mac, F5 ailleurs), puis cliquez de nouveau sur « Sign Message ». Signer un message ne coûte rien, et la signature est la même sur tous les réseaux.
  5. Collez le défi tel quel dans le champ « Message », puis cliquez sur « Sign Message ». MetaMask affiche une demande de signature avec le texte du défi : lisez-le, puis cliquez sur « Signer ».
  6. Etherscan affiche l’adresse et la signature. Copiez-les, puis collez-les dans la Cafetière : l’adresse dans « L’adresse qui signe », la signature dans la case suivante. Ne cliquez pas sur « Publish » : cela publierait votre adresse et le défi sur Etherscan.
  7. Dans la Cafetière, cliquez sur « Porter mon drapeau ».

Sur téléphone, ouvrez cette page d’Etherscan dans le navigateur intégré de l’application MetaMask (l’onglet « Navigateur »), puis faites la même chose.

Voie B : signer avec BlueWallet (bitcoin), sur téléphone
  1. Ouvrez l’objectif de donjon dans la Cafetière, et lisez les deux messages.
  2. Copiez le défi et faites-le passer sur votre téléphone sans le retaper (note, message à vous-même), ou ouvrez ce site sur le téléphone.
  3. Dans BlueWallet, ouvrez votre portefeuille, touchez « ⋯ » en haut à droite, puis Signer/Vérifier un message (« Sign/Verify Message » en anglais).
  4. Mettez votre adresse de réception dans le champ de l’adresse, et collez le défi tel quel dans celui du message.
  5. Touchez « Signer ». BlueWallet remplit le champ de la signature. Copiez-la.
  6. Dans la Cafetière, collez l’adresse dans la case « L’adresse qui signe », et la signature dans la case suivante. Cliquez sur « Porter mon drapeau ».

Ce que vous gagnez

Le verdict

Écusson forgé : Porteur de clé. Vous avez signé avec une clé que personne d’autre ne tient : ni votre banque, ni l’administration, ni ce site. Votre grand-mère avait un bas de laine, vous avez un coffre. Elle vous trouverait prétentieux.

Si vous vous arrêtez à l’objectif de taverne, la Cafetière ajoute une ligne : « Il vous manque la signature. Elle prend deux minutes et ne coûte rien. »

Hilarion, le héraut (l’annonceur) du château, trompette à la main : « Oyez ! Grâce à sa propre clé, et à personne d’autre, l’aventurier sans nom devient Détenteur de clé ! Le règlement précise qu’un Détenteur de clé détient une clé. Je l’ai lu en entier pour vous l’annoncer. »

Percolozor, en voix off. Vous venez d’ouvrir l’équivalent d’un compte en vingt minutes, sans rendez-vous ni justificatif de domicile. Bilan à l’équilibre, zéro dette : en gestion, vous voilà devant l’État.

Bloqué ?

La vérification, les sucres et le déca

Voir l'aide de la Cafetière
  • Les sucres : trois indices gratuits, à ouvrir un par un. Un sucre donne une piste, deux la méthode, trois la solution. Votre journal note seulement combien vous en prenez.
  • Le déca : vous lisez la salle sans faire la quête. Vous n'avez pas l'écusson, mais le chemin continue, et vous revenez quand vous voulez.

Comment la Cafetière vérifie, chez vous

Rien ne sort de votre navigateur : ni l’adresse, ni le défi, ni la signature.

Le détail de la vérification
  • Objectif de taverne : votre navigateur vérifie le format de l’adresse (0x…, bc1…, 1… ou 3…). Il ne vérifie pas qu’elle vous appartient : c’est le rôle de l’objectif de donjon.
  • Objectif de donjon, réseaux EVM (MetaMask, Rabby) : votre navigateur vérifie la signature collée ; le château ne se connecte jamais à votre portefeuille. Les portefeuilles-contrats (Safe, comptes dits « intelligents ») ne fonctionnent pas. Pour les curieux : format EIP-191, outil viem.
  • Objectif de donjon, Bitcoin : votre navigateur vérifie la signature collée. Pour les curieux : formats BIP-322 et BIP-137, outil bip322-js, chargé seulement dans cette salle.
  • Ce qui est gardé : le défi, l’adresse et la signature sont rangés dans votre parchemin, pour les salles suivantes. Par exemple, quand vous retirerez des fonds d’une plateforme, la Cafetière vérifiera qu’ils arrivent bien à cette adresse.
  • Peut-on tricher ? Oui, en lisant le code du site, comme pour toutes les quêtes : c’est assumé, il n’y a rien à gagner sinon le geste. Sans lire le code, non : sans la clé, aucune signature valide n’existe.
  • Si vous collez 12 ou 24 mots à la place d’une signature, la Cafetière vide les champs, ne garde rien et explique pourquoi. Ce réflexe vaut la moitié de la salle.

La Cafetière affiche, dans ce cas :

La Cafetière
> stop !
> ceci ressemble à une phrase de récupération. je ne l'ai ni gardée ni envoyée. une vraie phrase ne se colle nulle part, ici non plus : rangez-la sur papier.
> je ne l'ai ni lu, ni gardé, ni envoyé. j'ai vidé le champ.

Les sucres

Un sucre, une piste

Vous cherchez une fonction, « signer un message ». MetaMask et Rabby n’ont pas ce menu : la page d’Etherscan le leur demande. Sur Bitcoin, le menu est dans le portefeuille.

Deux sucres, la méthode
  • MetaMask ou Rabby : dépliez « Voie A » sous l’objectif de donjon. L’erreur fréquente est au geste 4 : « Please connect to mainnet only » veut dire que MetaMask regarde un autre réseau que Ethereum.
  • BlueWallet : dépliez « Voie B », geste 3 : le menu est caché sous « ⋯ », en haut à droite.
  • Cake Wallet : allez dans Réglages → Autres → Signer/Vérifier, puis choisissez l’adresse bitcoin.
  • Trezor : dans Trezor Suite, ouvrez le menu du compte, puis Signer et vérifier. Cela ne marche pas pour les comptes Taproot (ceux dont l’adresse commence par bc1p).
  • Ledger : Ledger Live signe les messages EVM, mais pas les messages bitcoin. Pour bitcoin, branchez votre Ledger à Sparrow, puis Outils → Signer/Vérifier un message. Fermez Ledger Live avant d’ouvrir Sparrow.
Trois sucres, la solution
  • Des deux messages, le piège est celui qui ajoute « et j’autorise le château à disposer de mes fonds » juste après « je détiens cette adresse ». Signez l’autre.
  • Copiez le défi exactement. Un seul espace en plus ou en moins rend la signature invalide.
  • Collez l’adresse qui a signé, pas une autre adresse du même portefeuille.
  • Si le portefeuille propose plusieurs formats, choisissez « BIP-322 ». Sinon, gardez le format par défaut.
  • Une adresse Taproot (bc1p) ne passe qu’en BIP-322. Les adresses multisignatures (qui demandent plusieurs clés) ne passent pas.

Le déca

Les salles qui ont besoin d’une adresse signée vous la redemanderont le jour où vous les ouvrirez.

Pour comprendre

À lire à votre rythme

La boussole

Par rapport au village, où la banque garde votre argent, cette salle vous rend surtout la garde : vous tenez la clé, et personne ne la restaure pour vous.
Axe Pourquoi
GardeVous tenez la clé. Personne ne peut bloquer ce qui est à cette adresse, ni le « mettre en attente de justificatif ».
JuridictionLe logiciel n’est le client de personne. Vos fonds ne dépendent ni de la faillite ni du pays d’un intermédiaire. L’émetteur d’un stablecoin, lui, reste soumis au droit de son pays (voir la Taverne des Remparts).
MonnaieVous pouvez détenir autre chose que l’euro de votre banque : du bitcoin, ou des dollars et des francs suisses sous forme de jetons.
DiscrétionUne adresse neuve ne dit rien de vous. Mais les chaînes Bitcoin et EVM sont publiques : qui connaît votre adresse voit tout son historique.
ConfortPresque aussi simple qu’une application bancaire. La feuille de papier et la lecture avant de signer sont les deux gestes nouveaux.
Prudence (un risque existant réduit)Le risque de faillite ou de blocage par un intermédiaire disparaît. En échange, un risque nouveau : personne ne restaure le portefeuille pour vous.

Les quatre caméras

Caméra Ce qu’elle voit, comparé au village
du Badaud (le curieux, le voleur) Rien, tant que vous ne parlez pas de votre portefeuille et que la feuille est rangée. S’il obtient votre adresse, il voit le solde et tout l’historique, à vie.
du Changeur (la banque) Rien de ce qui se passe dans le portefeuille. Seulement les virements vers une plateforme ou depuis une plateforme, si vous en faites.
du Marchand (la plateforme) Rien : cette salle n’utilise aucune plateforme. Plus tard, celle où vous achèterez saura que l’adresse de retrait vous appartient.
de l’Intendance (l’administration) Rien de plus qu’avant, et ce n’est pas le but. Le portefeuille ne cache rien : un achat sur une plateforme agréée relie déjà votre identité à votre adresse.

Les risques, chiffrés

Cinq risques, comparés à votre carte bancaire, dont le premier est de perdre la phrase ; votre portefeuille étant vide, chacun vous coûte aujourd’hui zéro euro.

C’est voulu. On apprend les gestes quand ils ne coûtent rien.

Risque En une ligne
1. Perdre la phrase Le risque numéro un. Une phrase perdue ne se retrouve jamais.
2. Se faire voler la phrase Seulement si elle est sur un écran. Une feuille dans un tiroir ne fuit pas.
3. Installer une fausse application Faible si vous tapez vous-même l’adresse du site officiel.
4. Signer sans lire Le premier vol sur les réseaux EVM. La quête vous apprend à lire.
5. L’agression physique Réelle en France, mais elle vise des détenteurs connus de grosses sommes.
1. Perdre la phrase de récupération
  • Possible ? Oui. Si votre téléphone est perdu, cassé ou volé et que vous n’avez pas la feuille, le portefeuille est perdu pour toujours.
  • Probable ? C’est le risque numéro un quand on garde ses clés soi-même. En 2020, la société d’analyse Chainalysis estimait qu’environ 3,7 millions de bitcoins étaient perdus. Cela faisait environ un bitcoin sur cinq parmi ceux qui existaient alors. Ce chiffre est une estimation : il compte les bitcoins qui n’ont pas bougé depuis des années. Le risque baisse, car les portefeuilles récents vous font vérifier la phrase.
  • Durée : définitive.
  • Comparé à la banque : perdre sa carte ne fait pas perdre son compte, car un guichet vous restaure. Ici, personne ne le fait. C’est le prix exact de « personne ne peut confisquer » : les deux vont ensemble. La Salle des Coffres ramène ce risque à presque rien.
2. Se faire voler la phrase
  • Possible ? Oui, si elle est sur un écran : une photo synchronisée dans un stockage en ligne, une note, un courriel, un gestionnaire de mots de passe.
  • Probable ? Le cas est réel. En 2022, des voleurs ont copié les coffres chiffrés d’un gestionnaire de mots de passe. Ensuite, plus de 35 millions de dollars de cryptomonnaies ont été volés à plus de 150 personnes. La plupart avaient rangé leur phrase dans ce gestionnaire. Les enquêteurs ont relié ces vols à la fuite par recoupement, sans preuve formelle.
  • Durée : une phrase lue reste lue. Au moindre doute, créez un nouveau portefeuille et transférez-y les fonds.
  • Comparé à la carte : une carte volée se fait bloquer, et la banque rembourse souvent. Ici, rien ne se bloque. En revanche, une feuille dans un tiroir ne fuit dans aucune base de données.
3. Installer une fausse application
  • Possible ? Oui. De fausses applications de portefeuille apparaissent régulièrement dans les magasins d’applications et dans les publicités des moteurs de recherche. Elles volent la phrase au moment où vous la créez.
  • Probable ? Faible si vous tapez vous-même l’adresse du site officiel et vérifiez l’éditeur. Bien plus élevé si vous cliquez sur la première publicité.
  • Comparé à l’existant : c’est le cousin du faux site bancaire. La parade est la même : taper l’adresse soi-même.
4. Signer sans lire
  • Possible ? Oui, surtout sur les réseaux EVM (MetaMask, Rabby). Un site malveillant vous fait signer une « approbation ». Cette signature l’autorise à vider votre portefeuille.
  • Probable ? C’est une cause majeure de vol chez les particuliers sur ces réseaux. La société de sécurité ScamSniffer a compté 494 millions de dollars volés ainsi en 2024, puis 84 millions de dollars en 2025, sur environ 106 000 victimes. Ce sont des minimums : les vols non signalés n’y sont pas. Les portefeuilles se défendent : Rabby simule la transaction, et MetaMask signale les sites connus pour être malveillants.
  • Comparé à la carte : un paiement frauduleux par carte se conteste. Une signature, non. C’est pour cela que la quête vous apprend à lire ce que vous signez.
5. L'agression physique
  • Possible ? Oui. La France connaît une série d’enlèvements et d’agressions de détenteurs de cryptomonnaies. Chainalysis a compté 19 affaires publiquement connues en France en 2025, puis 30 au premier semestre 2026. Le ministère de l’Intérieur en compte plus de 70 sur ce semestre, tentatives comprises.
  • Probable ? Ces affaires visaient des personnes connues pour détenir de grosses sommes. Elles avaient souvent été repérées par ce qu’elles montraient en ligne, ou grâce à des fuites de données. Pour un portefeuille vide dont personne ne connaît l’existence, la probabilité est nulle en pratique. La tendance générale est à la hausse.
  • Comparé à l’existant : c’est le risque de qui garde de l’or chez soi, pas celui de qui a un compte en banque. La parade n’a pas changé depuis des siècles, et elle est gratuite : n’en parlez pas.

Oubliette : le Support Très Serviable. Une personne se présente comme « l’assistance » de votre portefeuille, propose de vous aider et demande votre phrase de récupération. Un vrai support ne demande jamais cette phrase : la personne qui la demande veut vos fonds.

Partageot, l’écuyer de votre compagnie, qui partage tout : « J’ai donné mes douze mots à l’assistant, il était si aimable. Depuis, c’est lui qui a mes bitcoins, et il ne répond plus. »

Oubliette : le Mauvais Quai. Vous envoyez vos jetons sur le mauvais réseau. L’adresse a l’air juste, mais les fonds arrivent sur un quai que votre portefeuille ne regarde pas, ou chez une plateforme qui ne lit pas ce quai-là.

Basile, le gardien des oubliettes : « Dans votre propre portefeuille, vos jetons ne sont pas tombés à l’eau : ils attendent sur l’autre quai. Changez de quai dans votre portefeuille avant de pleurer. »

Ce que dit la loi

En bref : créer et détenir un portefeuille dont vous tenez la clé ne demande aucune autorisation, et il n’y a rien à déclarer aujourd’hui. Un projet de déclaration revient régulièrement.
La loi en détail : déclaration, projets en cours, saisie, impôt
  • Aucune autorisation à demander. Créer le portefeuille, détenir des cryptomonnaies et signer un message ne demandent aucune autorisation.
  • Rien à déclarer aujourd’hui. Le formulaire 3916-bis vise les comptes de cryptomonnaies ouverts auprès d’entreprises ou d’organismes établis à l’étranger. C’est l’article 1649 bis C du code général des impôts, rappelé par le ministère dans une réponse au Sénat du 5 décembre 2024. Un portefeuille dont vous tenez vous-même la clé n’est tenu par aucune entreprise. Il n’entre donc pas dans ce texte. Aucun texte officiel ne le dit en toutes lettres : c’est la lecture qui découle du texte actuel.
  • Les tentatives de déclaration reviennent. En avril 2026, l’Assemblée a voté une déclaration annuelle des portefeuilles personnels de plus de 5 000 €, dans le projet de loi contre les fraudes. Le 28 avril 2026, la commission mixte paritaire (des députés et des sénateurs réunis pour trouver un texte commun) l’a supprimée. Ses motifs : l’administration ne pourrait rien vérifier, et centraliser ces données posait un problème de sécurité.
  • Le sujet reste ouvert. L’idée revient à presque chaque texte fiscal. Le projet de loi de finances pour 2027 (n° 3210) est en discussion à l’Assemblée : au 26 octobre 2026, sa première partie n’était pas encore votée, et les débats reprennent le 27 octobre. Le jour où vous lisez cette salle, regardez où en est le texte avant de conclure.
  • Ce qui change vraiment : la saisie. Depuis la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 (article 90), le fisc peut saisir les crypto-actifs gardés par une plateforme et les faire vendre. Sur un portefeuille auto-dépositaire, il n’y a pas de plateforme à qui adresser cette saisie. Les dettes restent dues, et les autres moyens de recouvrement s’appliquent. C’est une différence de mécanique, pas une impunité.
  • L’impôt vient plus tard. Créer un portefeuille et y transférer vos propres fonds n’est pas imposable. C’est la cession qui est imposable : une vente contre des euros, ou le paiement d’un bien. Un paiement reçu pour un travail reste, lui, un revenu. Les chiffres sont au Greffe (La loi en chiffres).

Pour aller plus loin

10 salles pour continuer, dans cette aile et les autres.

Dans l’Aile du Trésor

Dans les autres ailes

Sources

Vérifiées en octobre 2026.

Ma ficheParchemin fermé