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Bas de Laine

L'Aile du Trésor · 1er étage (réception)

Le Grand Salon des Changeurs · Acheter au guichet

Tenue correcte exigée : pièce d'identité, justificatif de domicile, portrait de face. Un chevalier en armure vérifie la photo à la loupe.

La boussole de la salle6 de liberté sur 15, et les quatre caméras

Chaque axe est noté de 0 à 3 : ce que cette salle change, comparé au village (ce que vous faites déjà), jamais comparé à la perfection.

Ce que vous gagnez en liberté

  • Garde : 1 sur 3, un peu qui tient la chose : vous, ou un tiers.
  • Juridiction : 1 sur 3, un peu loin d'un point unique : une banque, un État, un prestataire.
  • Monnaie : 2 sur 3, nettement le choix de la monnaie.
  • Discrétion : 0 sur 3, rien ne change moins vu ; le détail, caméra par caméra, est plus bas.
  • Prudence : 2 sur 3, nettement un risque que vous aviez déjà, réduit.

Les cinq additionnés : 6 de liberté sur 15, pour un effort de 2 sur 5.

Effort
2 sur 5
Liberté
6 de liberté sur 15
Genre de salle
Pépite : beaucoup de liberté, peu d'effort

Le prix en confort

Confort : 3 sur 3, aussi simple qu'avant 3 : aussi simple qu'aujourd'hui ; 0 : nettement plus pénible.

Le confort ne compte pas dans la liberté : il dit ce que le geste vous coûte en simplicité. Trois tasses pleines, et vous ne sentez presque rien.

Les quatre caméras

Une caméra par observateur. Leur pose dit ce que chacune voit encore de vous, comparé au village (ce que vous faites déjà).

  • Badaud (le curieux, le voleur)

    un peu moins : vous voit un peu moins, gain de discrétion 1 sur 3

  • Changeur (la banque)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

  • Marchand (la plateforme)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

  • Intendance (l'administration)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

À gagner Voici les caméras une fois l'objectif de donjon accompli. Avant le geste, toutes vous regardent, comme au village.

Les caméras du Changeur (la banque), du Marchand (la plateforme) et de l'Intendance (l'administration) vous voient toujours ici, et c'est normal : cette salle ne s'occupe pas d'elles.

Quête Présenté à la cour

  • Le défi de la taverneparchemin fermé

    Trouvez le LEI de votre prestataire (son numéro d'identification officiel) sur le registre de l'ESMA, l'autorité européenne des marchés, et collez-le.

    Il rapporte l'écusson « Client conforme » peint, et 20 liards.

    Le geste en détail
  • Le bonus du donjonparchemin fermé

    Collez le txid (l'identifiant de la transaction) de votre retrait vers l'adresse signée à la Chambrée.

    Il rapporte l'écusson « Client conforme » forgé, et 40 liards.

    Le geste en détail

Les deux objectifs sont indépendants. La Cafetière vérifie votre preuve dans votre navigateur, puis inscrit votre drapeau dans votre parchemin. Effort : 2 sur 5. Liberté gagnée : 6 sur 15.

Pas encore de parchemin ? Levez la Herse : deux minutes, un crayon. Vous en avez un ?Décachetez-le à la Herse pour voir où vous en êtes.

L’essentiel en cinq lignes

  1. Où vous êtes : au Grand Salon des Changeurs, la salle de l’Aile du Trésor (la partie du site sur la monnaie) où l’on achète au guichet.
  2. Ce que vous apprenez : lire le registre des plateformes agréées, et retirer sans vous tromper de réseau.
  3. Ce que vous faites : vous vérifiez la plateforme sur le registre européen, vous achetez, puis vous retirez vers votre portefeuille.
  4. Ce qu’il vous faut : une pièce d’identité, un compte bancaire, quelques dizaines d’euros. Durée : une heure, plus la vérification d’identité.
  5. Ce que vous y gagnez : de la cryptomonnaie à vous, achetée par la voie la plus simple.

Pourquoi cette salle, et l'histoire

Vous avez un portefeuille, et il est vide : comment le remplir sans vous faire piéger ?

La voie la plus simple passe par une plateforme agréée (autorisée par une autorité publique), comme au guichet d’une banque. Depuis le 1er juillet 2026, seules les plateformes agréées au titre de MiCA, le règlement européen sur les crypto-actifs, peuvent vous servir en France. On les appelle CASP, ou PSCA en français : prestataires de services sur crypto-actifs.

Vous saurez vérifier vous-même qu’une plateforme est agréée, acheter sans trop de frais, retirer sans vous tromper de réseau (l’erreur qui coûte tout), et dire ce que la plateforme transmet au fisc et ce que vous déclarez vous-même.

La plateforme n’est qu’un guichet de passage : vous y entrez avec des euros, vous en sortez avec une monnaie dont vous seul tenez la clé.

L’histoire

Cas fictif, construit sur des faits réels.

Paul a 34 ans. Un ami lui parle de bitcoin à chaque repas de famille depuis 2017. Pour avoir la paix, Paul ouvre un compte sur la plateforme d’une publicité vue sur son téléphone. L’application est belle, l’inscription prend dix minutes, il achète pour 200 € et ne retire rien : « c’est plus simple de tout laisser là ».

Paul a confié son argent à une entreprise dont il ignore le pays et le statut, choisie pour sa publicité. Il ne possède pas de bitcoin, mais une promesse de bitcoin : une ligne dans la base de données de la plateforme.

Le 8 novembre 2022, FTX, l’une des plus grandes plateformes du monde, a bloqué les retraits, puis s’est déclarée en faillite le 11. Ses clients ont appris qu’« avoir du bitcoin sur FTX » signifiait « être créancier dans une faillite américaine » : quelqu’un à qui l’on doit de l’argent, et qui attend son tour. Ceux qui avaient retiré vers leur propre portefeuille la semaine précédente n’ont rien perdu.

Depuis, MiCA oblige les plateformes agréées à séparer les avoirs de leurs clients de leur propre patrimoine. C’est un vrai progrès, mais une faillite protégée reste une faillite : les clients de FTX ont attendu plus de deux ans les premiers remboursements, en février 2025.

La version sobre tient en trois gestes : vérifier le guichet, acheter, retirer.

Maître Brodolf, le nain guichetier de l’Intendance (l’administration) : « Une plateforme agréée doit garder vos avoirs à part des siens : c’est l’article 75 de MiCA, paragraphe 7. Je l’ai tamponné trois fois, ce qui ne le rend pas plus vrai, mais me rassure. »

Ce que vous faites

La recette

Sept étapes, et vos fonds sont dans votre portefeuille, avec l’identifiant du retrait. On vous explique un outil, pas quoi acheter, ni combien, ni quand.

Étape 1 : préparez votre adresse et votre montant

Vous retirerez vers l’adresse signée à la Chambrée · Premier portefeuille, et seulement vers elle.

  1. Retrouvez cette adresse : le site l’affiche en haut de cette salle, depuis votre parchemin.
  2. Notez son type : bc1, 1 ou 3 pour Bitcoin ; 0x pour un réseau EVM (compatible avec Ethereum : Base, Arbitrum, Polygon…).
  3. Choisissez une petite somme, que vous acceptez de voir varier : quelques dizaines d’euros.
  4. Lisez le tarif de retrait avant de fixer le montant : souvent fixe, un forfait de 3 € pèse 15 % sur 20 €.

Étape 2 : vérifiez la plateforme sur le registre de l’ESMA

L’ESMA, l’autorité européenne des marchés financiers, publie chaque semaine sur sa page MiCA des tableaux CSV : CASPS.csv liste les plateformes agréées ; NCASP.csv, celles qui exercent sans agrément.

  1. Ouvrez CASPS.csv avec un tableur, ou laissez le site l’afficher dans cette salle, filtré et lisible.
  2. Cherchez la plateforme par son nom commercial (colonne ae_commercial_name) ou sa raison sociale (ae_lei_name). Un groupe peut avoir une ligne par société : prenez celle qui offre les services ci-dessous.
  3. Lisez quatre colonnes :
    • ae_homeMemberState : le pays qui l’a agréée, en code à deux lettres (IE pour l’Irlande, LU, AT, FR…) ;
    • ac_serviceCode : les services autorisés. Il vous faut au moins a. (garder les crypto-actifs), c. (les échanger contre des euros) et j. (les transférer : sans lui, pas de retrait) ;
    • ac_serviceCode_cou : les pays où elle peut exercer. Agréée hors de France, elle doit y porter FR ; agréée en France, elle peut vous servir sans ;
    • ae_website : l’adresse officielle du site. Tapez-la vous-même, jamais depuis une publicité ou un lien reçu : les faux sites sont l’arnaque la plus banale du secteur.
  4. Notez le LEI (colonne ae_lei), le numéro d’identité mondial d’une société : 20 caractères, selon la norme ISO 17442. Il sert à l’objectif de taverne.

Une plateforme absente du registre n’a pas le droit de vous servir, quelle que soit sa publicité.

Le paysage en octobre 2026, sans rien recommander

D’après le registre d’octobre 2026, Kraken (Irlande), Coinbase (Luxembourg) et Bitpanda (Autriche) sont agréés ailleurs dans l’Union et autorisés en France ; Coinhouse, Paymium, Meria et Bitstack sont agréés en France. Vérifiez, c’est l’exercice.

Étape 3 : ouvrez le compte

  1. Le courriel : de préférence un alias dédié, pour que vos autres comptes ne soient pas reliés à celui-ci (la Salle des Cent Boîtes · Emails et alias).
  2. Le mot de passe : unique, créé par un gestionnaire, avec une double authentification (un code à six chiffres en plus) donnée par une application plutôt que par SMS (l’Atelier du Serrurier · Les mots de passe).
  3. La vérification d’identité (KYC, « connaître son client ») : pièce d’identité, photo du visage, parfois justificatif de domicile et origine des fonds. La loi l’impose, comme à votre banque.

Étape 4 : approvisionnez le compte

Faites un virement SEPA (un virement européen ordinaire) depuis votre banque, avec la référence donnée par la plateforme : sans elle, il n’est pas rattaché à votre compte. La carte bancaire est plus rapide, mais souvent plus chère : lisez la grille tarifaire.

Étape 5 : achetez l’actif qui correspond à votre adresse

Achetez l’actif qui correspond à votre adresse signée : du bitcoin pour une adresse Bitcoin ; pour une adresse 0x, de l’ETH (la monnaie du réseau Ethereum) ou un stablecoin (un jeton qui vaut un dollar ou un euro) autorisé dans l’Union, comme USDC ou EURC.

Les deux écrans d'achat et leurs frais, et l'absence de l'USDT

Souvent, deux écrans :

  • l’achat simple (« acheter », « convertir ») : un bouton, un montant. Chez Kraken, par exemple : 1 %, plus l’écart entre prix d’achat et prix de vente (octobre 2026) ;
  • le carnet d’ordres (« pro », « avancé ») : vous fixez votre prix, ou prenez celui du marché. Chez Kraken, pour un petit compte : 0,40 % à votre prix, 0,80 % au prix du marché, sans écart ajouté (octobre 2026). L’écran est moins joli, c’est tout.

Vous ne trouverez en principe plus d’USDT (le stablecoin en dollar de Tether) sur une plateforme agréée : son émetteur n’est pas autorisé au titre de MiCA.

Gardez une trace de l’achat (date, montant en euros, quantité reçue) et exportez le relevé : à la vente, le fisc demandera votre prix d’achat. Sans justificatif, ce prix compte pour zéro, et toute la vente devient un gain imposable.

Étape 6 : retirez vers votre portefeuille

Le seul passage où une erreur coûte tout :

  1. Ajoutez votre adresse au carnet d’adresses de retrait (la « liste blanche »). Collez-la, ne la tapez jamais, et comparez ses quatre premiers et quatre derniers caractères avec ceux de votre portefeuille : certains logiciels malveillants remplacent une adresse copiée par une autre.
  2. Prouvez que l’adresse est à vous, si la plateforme le demande : au-delà de 1 000 €, la loi européenne l’y oblige (chez Kraken, une double authentification ou un petit envoi de test, une fois par adresse).
  3. Choisissez le bon réseau, le « quai » de la Chambrée : l’erreur la plus fréquente de cette aile. Votre adresse 0x est la même sur tous les réseaux EVM, mais les fonds n’arrivent que sur le quai choisi. Pour une adresse 0x, choisissez Polygon. Pour du bitcoin, le réseau Bitcoin (« on-chain »), pas Lightning. La Cafetière ne lit que ces deux quais : un retrait parti sur Base, Ethereum ou Arbitrum lui est invisible.
  4. Vérifiez le montant net qui arrivera, frais déduits. Une poussière restée sur la plateforme n’est pas grave.
  5. Confirmez avec la double authentification, puis attendez : quelques minutes sur un réseau EVM, jusqu’à une heure pour du bitcoin.

L’historique de retrait affiche alors un identifiant de transaction (« txid », « hash ») : 64 caractères de 0 à 9 et de a à f, précédés de 0x sur un réseau EVM. Il sert à l’objectif de donjon.

Ouvrez votre portefeuille : les fonds sont là, et personne d’autre que vous ne peut les déplacer. Vous êtes maintenant un crypto-punk anarchiste. Plus que les dreadlocks et la canette de 8.6, et vous serez au top. Non, je plaisante : vous êtes une personne normale qui gagne en liberté, c’est tout.

Étape 7 : notez ce qu’il faudra déclarer

  1. Si la plateforme est établie hors de France, même dans l’Union, notez de déclarer le compte au printemps suivant sur le formulaire 3916-bis, avec vos revenus, même si le solde est nul. Établie en France, rien à déclarer.
  2. Un compte étranger fermé dans l’année se déclare quand même pour cette année-là.
Les variantes : le pays de la plateforme, l'achat simple, l'achat récurrent, sans guichet
  • Variante : Plateforme agréée en France, carnet d’ordres, retrait immédiat

    Effort en plus : aucun

    Ce que vous gagnez : pas de 3916-bis

    Ce que vous risquez : un choix d’actifs plus restreint

  • Variante : Plateforme agréée dans un autre pays de l’Union, carnet d’ordres, retrait immédiat

    Effort en plus : aucun

    Ce que vous gagnez : souvent plus d’actifs et de réseaux

    Ce que vous risquez : oublier le 3916-bis, chaque année

  • Variante : Achat simple dans l’application, retrait immédiat

    Effort en plus : un peu moins

    Ce que vous gagnez : l’écran le plus simple

    Ce que vous risquez : des frais plus élevés

  • Variante : Achat récurrent automatique, retraits groupés

    Effort en plus : aucun

    Ce que vous gagnez : le geste ne demande plus d’attention

    Ce que vous risquez : payer un forfait de retrait par achat, si vous ne groupez pas

  • Variante : Laisser les fonds sur la plateforme

    Effort en plus : un peu moins

    Ce que vous gagnez : rien

    Ce que vous risquez : la faillite ou le gel de la plateforme : vous perdez le gain de cette salle

  • Variante : Acheter de pair à pair, sans guichet

    Effort en plus : beaucoup plus

    Ce que vous gagnez : moins de fichage

    Ce que vous risquez : plus d’escroqueries : voir le Marché de l’Arrière-Cour · Acheter sans guichet (pair à pair)

Le défi de la taverne

trouver le LEI de votre plateforme

Collez le LEI noté à l’étape 2, geste 4, dans l’encart de la Cafetière : 20 caractères, chiffres et majuscules, sans espace.

Le bonus du donjon

prouver votre retrait

Collez dans l’encart de la Cafetière l’identifiant de transaction de votre retrait (étape 6, fin). Il compte s’il paie l’adresse signée, sur Polygon ou Bitcoin, après votre entrée dans cette salle : pas une vieille transaction, ni une qui part de votre adresse.

Ce que vous gagnez

Le verdict

Écusson forgé : Client conforme. Vos fonds ne sont plus chez un tiers : ils sont chez vous. La plateforme a servi de guichet, et le guichet s’est refermé derrière vous. Vous avez rempli plus de formulaires que pour un prêt immobilier ; le législateur vous remercie, DAC8 aussi.

Hilarion, le héraut (l’annonceur) du château : « Oyez : vous portez l’écusson Client conforme, acheté au guichet puis retiré chez vous. J’aurais aimé crier votre nom, mais seule la plateforme le connaît, et elle ne le dit qu’au fisc. »

Percolozor, en voix off. Je note que l’État n’a plus voté de budget à l’équilibre depuis 1974. Vous, en une heure, avez fait entrer de l’argent, l’avez déplacé, et savez à l’euro près où il se trouve.

Bloqué ?

La vérification, les sucres et le déca

Voir l'aide de la Cafetière
  • Les sucres : trois indices gratuits, à ouvrir un par un. Un sucre donne une piste, deux la méthode, trois la solution. Votre journal note seulement combien vous en prenez.
  • Le déca : vous lisez la salle sans faire la quête. Vous n'avez pas l'écusson, mais le chemin continue, et vous revenez quand vous voulez.

Comment la Cafetière vérifie, chez vous

Le LEI ne sort pas de votre navigateur. Le txid part vers un explorateur public (un site qui affiche le contenu de la chaîne de blocs), et vous en êtes prévenu.

Le détail de la vérification
  • Objectif de taverne : votre navigateur vérifie le format du LEI (20 caractères), puis sa clé de contrôle, selon la norme ISO 17442. Le calcul : chaque lettre devient un nombre (A = 10, B = 11… Z = 35), on lit le tout comme un grand nombre, et le reste de sa division par 97 doit valoir 1. C’est le même calcul que la clé d’un IBAN. Si le site embarque une copie de CASPS.csv, le LEI y est aussi cherché, hors ligne. Rien ne sort du navigateur.

  • Objectif de donjon : votre navigateur interroge un explorateur public, un site qui affiche le contenu de la chaîne de blocs : mempool.space puis Blockstream pour Bitcoin, Blockscout pour Polygon, le seul réseau EVM lu. Il vérifie trois choses :

    1. la transaction existe ;
    2. l’une de ses sorties (ou, pour un jeton comme l’USDC, l’un de ses transferts) paie l’adresse signée, enregistrée dans votre parchemin ;
    3. elle est postérieure à votre entrée dans cette salle, date elle aussi enregistrée dans votre parchemin.

    Si la transaction attend encore sa confirmation, la Cafetière l’accepte comme « en route » et vous propose de revérifier plus tard. Ce qui sort de votre navigateur : le txid, vers l’explorateur, qui voit aussi votre adresse IP (l’adresse de votre connexion internet). Rien n’est envoyé au site. Le risque est faible, comparable à consulter un relevé de compte en ligne. Vous pouvez refaire la vérification avec Tor, un navigateur qui masque votre adresse IP. Le lien direct vers la transaction est toujours affiché, pour vérifier à l’œil, sans nous. La preuve (txid, adresse, LEI) est gardée chiffrée dans votre parchemin, et l’écusson peut être revérifié plus tard.

  • Peut-on tricher ? Oui, en lisant le code du site, comme pour toutes les quêtes : c’est assumé, il n’y a rien à gagner sinon le geste. Sans lire le code, une transaction envoyée par quelqu’un d’autre vers votre adresse signée passerait aussi. Elle prouverait alors une réception, pas un achat.

Les sucres

Un sucre, une piste

Le LEI se lit dans le registre, pas sur le site de la plateforme. Le txid se lit dans l’historique des retraits, pas dans l’historique des achats.

Deux sucres, la méthode
  • Le LEI est refusé ? Il fait exactement 20 caractères, chiffres et majuscules, sans espace. Le registre laisse parfois traîner un espace à la fin : retirez-le. Copiez-le depuis la colonne ae_lei, pas depuis le site de la plateforme, qui affiche parfois le numéro d’une autre société du groupe.
  • Le txid est introuvable ? Vérifiez que vous avez copié l’identifiant de transaction, et non le numéro interne du retrait : certaines plateformes affichent les deux. Si le txid n’apparaît pas encore, attendez que le retrait passe à « envoyé » ou « terminé ».
Trois sucres, la solution
  • Pour le LEI : si le groupe a plusieurs lignes au registre, prenez celle de la société qui vous a servi, celle dont les services comprennent j..
  • Pour le txid : un txid fait 64 caractères ; sur un réseau EVM, il commence par 0x.
  • La transaction est trouvée, mais refusée ? Soit elle paie une autre adresse que l’adresse signée, soit elle est partie sur un réseau que la Cafetière ne lit pas (Lightning, ou un autre réseau EVM que Polygon). Ouvrez le lien de l’explorateur : la ligne des sorties ou des transferts dit qui a été payé. Si c’est une autre adresse, faites un deuxième petit retrait, vers l’adresse signée cette fois.

Le déca

La Cafetière accepte plus tard tout retrait postérieur à votre entrée dans la salle.

Pour comprendre

À lire à votre rythme

La boussole

Par rapport au village, où vos euros dorment à la banque, cette salle vous rend surtout du confort et une autre monnaie, mais aucune discrétion.
Axe Pourquoi
GardeUne fois retirés, les fonds sont à vous. Mais vous passez par un tiers, qui peut un jour refuser un retrait.
JuridictionVous ne dépendez plus d’une seule banque française. Le bitcoin ne dépend d’aucun pays ; un stablecoin, de son émetteur et de son droit. La plateforme reste dans l’Union.
MonnaieLe bitcoin, l’ETH ou un stablecoin en dollar échappent à la Banque centrale européenne. Un stablecoin en euro (EURC) reste de l’euro : vous changez de gardien, pas de monnaie.
DiscrétionTout est déclaré, par construction.
ConfortLe compte ouvert, c’est aussi simple qu’un achat en ligne.
Prudence (un risque existant réduit)Le retrait supprime le risque de faillite ou de gel de la plateforme.

Les quatre caméras

Caméra Ce qu’elle voit, comparé au village
du Badaud (le curieux, le voleur) Rien de plus, tant que vous ne parlez pas de votre achat : votre adresse n’affiche pas votre nom.
du Changeur (la banque) Un virement vers une plateforme crypto, avec son nom : elle sait que vous achetez de la crypto.
du Marchand (la plateforme) Tout : votre identité, vos montants, et l’adresse de retrait, qu’elle relie à vous pour toujours.
de l’Intendance (l’administration) Tout, par la directive européenne DAC8 : depuis le 1er janvier 2026, la plateforme note pour le fisc votre identité et vos opérations. Pour celles de 2026, le fisc les reçoit au plus tard en septembre 2027.

Ce zéro en discrétion est le prix de la simplicité. La salle ne vous rend pas invisible, mais indépendant : une fois retiré, votre argent ne dépend plus ni de la banque ni de la plateforme. La discrétion a sa salle : le Poste de Garde aux Caméras · La discrétion : ce qu’un curieux peut retrouver.

Les risques, chiffrés

Huit risques. Pour un petit montant retiré aussitôt, le seul sérieux est l’erreur d’adresse ou de réseau.
Risque En une ligne
1. Faillite ou gel de la plateforme Faible chez une plateforme agréée, nul dès que vous avez retiré.
2. Mauvaise adresse ou mauvais réseau L’erreur la plus courante des débutants : l’argent envoyé est en général perdu.
3. Faux site ou plateforme non agréée Réel, mais évité si vous vérifiez le registre et tapez l’adresse vous-même.
4. Oublier le 3916-bis 750 € d’amende par compte étranger non déclaré.
5. Payer un impôt sur l’achat Aucun : acheter avec des euros n’est pas imposable.
6. Fuite des données d’identité de la plateforme Possible, sans chiffre fiable ; votre banque détient les mêmes.
7. Lien permanent entre votre identité et votre adresse Certain, par construction. Une perte de discrétion, pas un coût.
8. Votre banque bloque ou questionne le virement Cela arrive. Un délai, rarement plus.
1. Faillite ou gel de la plateforme
  • Possible ? Oui, tant que les fonds dorment sur la plateforme.
  • Probable ? Faible pour une plateforme agréée MiCA : elle doit séparer vos avoirs des siens (article 75). Pas nul : FTX a fait faillite en novembre 2022.
  • Coût : les fonds laissés sur place, bloqués des mois, voire des années.
  • Tendance : en baisse avec MiCA.
  • Durée : le risque disparaît dès le retrait. C’est tout l’objet de cette salle.
  • Comparé au village : vos euros à la banque sont garantis jusqu’à 100 000 € par la garantie des dépôts. Vos crypto-actifs sur une plateforme ne le sont pas, d’où le retrait.
2. Mauvaise adresse ou mauvais réseau
  • Possible ? Oui, au moment du retrait.
  • Probable ? C’est l’erreur la plus courante des débutants. Aucun chiffre public fiable.
  • Coût : le montant envoyé, en général sans retour possible.
  • Tendance : stable.
  • Durée : définitive. Une transaction ne s’annule pas.
  • Comparé au village : un virement vers un mauvais IBAN peut parfois se rattraper par la banque. Ici, personne ne le fait : vérifiez avant de confirmer.
3. Faux site ou plateforme non agréée
  • Possible ? Oui.
  • Probable ? Réel. L’AMF, l’autorité française des marchés, publie une liste noire et peut demander en justice le blocage de ces sites.
  • Coût : tout ce qui a été versé.
  • Tendance : en baisse pour qui vérifie le registre.
  • Durée : définitive. L’argent versé à un escroc revient rarement.
  • Comparé au village : c’est le cousin du faux site bancaire. La parade est la même : taper l’adresse soi-même.
4. Oublier le 3916-bis (plateforme établie hors de France)
  • Possible ? Oui, dès que la plateforme est établie à l’étranger, même dans l’Union.
  • Probable ? Le contrôle devient probable avec DAC8 : votre identité et vos opérations remontent au fisc.
  • Coût : 750 € par compte non déclaré, ou 1 500 € si vos comptes d’actifs numériques à l’étranger ont dépassé 50 000 € à un moment de l’année. Une omission ou une erreur dans la déclaration coûte 125 € (250 € au-delà de 50 000 €), dans la limite de 10 000 € par déclaration (formulaire de 2026).
  • Tendance : en hausse.
  • Durée : l’oubli porte le délai pendant lequel le fisc peut vous contrôler de 3 à 10 ans.
  • Comparé au village : un compte bancaire ouvert à l’étranger se déclare de la même façon, sur le même formulaire.
5. Payer un impôt sur l'achat
  • Possible ? Non.
  • Probable ? Sans objet : acheter avec des euros est une acquisition, pas une vente.
  • Coût : 0 €.
  • Tendance : stable.
  • Durée : sans objet. L’impôt viendra peut-être à la revente (voir la loi, plus bas).
  • Comparé au village : comme pour une action achetée en bourse, seule la vente compte.
6. Fuite des données d'identité de la plateforme
  • Possible ? Oui. En mai 2025, Coinbase a annoncé que des employés de sous-traitants, achetés par des escrocs, avaient copié les données de 69 461 clients : noms, adresses, images de pièces d’identité.
  • Probable ? Aucun chiffre fiable sur la fréquence de ces fuites.
  • Coût : surtout des messages d’hameçonnage ciblés, c’est-à-dire de faux messages qui imitent la plateforme pour vous voler. Pour les gros détenteurs connus, une fuite peut aussi aider des agresseurs à les repérer : voir la Chambrée · Premier portefeuille, risque n° 5.
  • Tendance : stable.
  • Durée : des données publiées restent publiées.
  • Comparé au village : votre banque détient les mêmes données. La parade : un alias de courriel, et la discrétion sur ce que vous possédez.
7. Lien permanent entre votre identité et votre adresse
  • Possible ? Certain.
  • Probable ? La règle européenne sur les transferts et DAC8 créent ce lien par construction.
  • Coût : pas un coût, une perte de discrétion. Quiconque accède aux données de la plateforme peut suivre cette adresse sur la chaîne publique.
  • Tendance : en hausse.
  • Durée : définitive. La chaîne de blocs garde tout.
  • Comparé au village : votre banque relie déjà chaque paiement à votre nom. La différence : ici, l’historique de l’adresse est public.
8. Votre banque bloque ou questionne le virement
  • Possible ? Oui.
  • Probable ? Cela arrive : des clients en témoignent dans la presse spécialisée. Aucune statistique publique récente.
  • Coût : un délai, un appel au conseiller.
  • Tendance : stable.
  • Durée : passagère.
  • Comparé au village : la banque questionne aussi les gros virements inhabituels, quelle que soit leur destination.

Oubliette : le Doubleur d’Écus. Une plateforme promet de doubler vos dépôts, ou un rendement « sans risque » : c’est le premier signe d’une arnaque. Cherchez la plateforme au registre de l’ESMA et sur la liste noire de l’AMF avant de verser un euro.

Basile, le gardien des oubliettes : « Rien n’est perdu tant que vous n’avez rien versé. Au fond de cette oubliette, personne n’a jamais vu doubler un écu, seulement disparaître. »

Ce que dit la loi

En bref : seules les plateformes agréées MiCA peuvent vous servir en France, et acheter n’est pas imposable. Si la plateforme est établie à l’étranger, son compte se déclare chaque année.
La loi en détail : agrément, protection des avoirs, règle de transfert, DAC8, impôt, 3916-bis
  • Qui peut vous vendre. Depuis le 1er juillet 2026, fin de la période transitoire, seules les plateformes agréées MiCA peuvent vous servir en France (MiCA, article 143). Une plateforme agréée dans un autre pays de l’Union peut vous servir si elle a déclaré la France parmi ses pays d’exercice : c’est le « passeport » européen, colonne ac_serviceCode_cou du registre. Exercer sans agrément est une infraction pour la plateforme, pas pour vous : jusqu’à deux ans de prison et 30 000 € d’amende (articles L. 54-10-4 et L. 572-23 du code monétaire et financier).
  • Vos avoirs chez la plateforme sont juridiquement séparés de son patrimoine. Ses créanciers ne peuvent pas les saisir si elle fait faillite (MiCA, article 75, paragraphe 7).
  • La règle de transfert. Au-delà de 1 000 € vers une adresse que vous gérez vous-même, la plateforme doit vérifier que vous la détenez ou la contrôlez. C’est le règlement (UE) 2023/1113, article 14, paragraphe 5, applicable depuis le 30 décembre 2024.
  • DAC8. Depuis le 1er janvier 2026, les plateformes collectent votre identité et vos opérations pour le fisc. Les premiers échanges entre pays de l’Union ont lieu au plus tard le 30 septembre 2027.
  • L’impôt. Acheter avec des euros n’est pas imposable. Seule une vente future le sera : une vente contre des euros, ou le paiement d’un bien. Le gain est alors taxé à 31,4 % au total. Vous êtes exonéré si le total de vos ventes de l’année ne dépasse pas 305 €.
  • Le 3916-bis. Tout compte d’actifs numériques ouvert, utilisé ou fermé auprès d’une plateforme établie à l’étranger se déclare chaque année (code général des impôts, article 1649 bis C). Le critère est le pays d’établissement, pas l’agrément. Votre propre portefeuille n’est pas visé aujourd’hui.

Les chiffres, les exemples et les projets en cours sont au Greffe · La loi en chiffres.

Pour aller plus loin

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Dans l’Aile du Trésor

Dans la Tour aux Volets

Sources

Vérifiées en octobre 2026. Les frais et les listes de plateformes changent vite : revérifiez sur la page officielle le jour où vous agissez.

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