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Bas de Laine

La Tour aux Volets · rez-de-chaussée, porte ouest

La Diligence aux Rideaux Tirés · VPN et fournisseur d'accès : déplacer la confiance

Les passants ne vous voient plus. Le cocher, lui, voit tout : on apprend à choisir son cocher.

La boussole de la salle5 de liberté sur 15, et les quatre caméras

Chaque axe est noté de 0 à 3 : ce que cette salle change, comparé au village (ce que vous faites déjà), jamais comparé à la perfection.

Ce que vous gagnez en liberté

  • Garde : 0 sur 3, rien ne change qui tient la chose : vous, ou un tiers.
  • Juridiction : 2 sur 3, nettement loin d'un point unique : une banque, un État, un prestataire.
  • Monnaie : 0 sur 3, rien ne change le choix de la monnaie.
  • Discrétion : 2 sur 3, nettement moins vu ; le détail, caméra par caméra, est plus bas.
  • Prudence : 1 sur 3, un peu un risque que vous aviez déjà, réduit.

Les cinq additionnés : 5 de liberté sur 15, pour un effort de 2 sur 5.

Effort
2 sur 5
Liberté
5 de liberté sur 15
Genre de salle
Échauffement : un peu de liberté, peu d'effort

Le prix en confort

Confort : 2 sur 3, un peu moins simple 3 : aussi simple qu'aujourd'hui ; 0 : nettement plus pénible.

Le confort ne compte pas dans la liberté : il dit ce que le geste vous coûte en simplicité. Trois tasses pleines, et vous ne sentez presque rien.

Les quatre caméras

Une caméra par observateur. Leur pose dit ce que chacune voit encore de vous, comparé au village (ce que vous faites déjà).

  • Badaud (le curieux, le voleur)

    un peu moins : vous voit un peu moins, gain de discrétion 1 sur 3

  • Changeur (la banque)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

  • Marchand (la plateforme)

    nettement moins : vous voit nettement moins, gain de discrétion 2 sur 3

  • Intendance (l'administration)

    nettement moins : vous voit nettement moins, gain de discrétion 2 sur 3

À gagner Voici les caméras une fois l'objectif de donjon accompli. Avant le geste, toutes vous regardent, comme au village.

La caméra du Changeur (la banque) vous voit toujours ici, et c'est normal : cette salle ne s'occupe pas d'elle.

Quête Choisir son cocher

  • Le défi de la taverneparchemin fermé

    Répondez au quiz : trois questions à un clic sur ce que voient le fournisseur d'accès, le VPN et le site.

    Il rapporte l'écusson « Voyageur immobile » peint, et 20 liards.

    Le geste en détail
  • Le bonus du donjonparchemin fermé

    Relevez votre adresse IP avant et après le VPN, sur une page de votre choix, et collez les deux. Elles doivent différer. La Cafetière ne garde que leur empreinte.

    Il rapporte l'écusson « Voyageur immobile » forgé, et 40 liards.

    Le geste en détail

Les deux objectifs sont indépendants. La Cafetière vérifie votre preuve dans votre navigateur, puis inscrit votre drapeau dans votre parchemin. Effort : 2 sur 5. Liberté gagnée : 5 sur 15.

Pas encore de parchemin ? Levez la Herse : deux minutes, un crayon. Vous en avez un ?Décachetez-le à la Herse pour voir où vous en êtes.

L’essentiel en cinq lignes

  1. Où vous êtes : dans la Diligence aux Rideaux Tirés, une salle de la Tour aux Volets (la partie du site sur la vie privée).
  2. Ce que vous apprenez : qui voit vos connexions, et ce qu’un VPN y change.
  3. Ce que vous faites : vous choisissez un VPN, le payez sans votre nom, puis vérifiez que votre adresse IP (le numéro de votre connexion sur internet) change.
  4. Ce qu’il vous faut : environ 5 € par mois. Durée : un quart d’heure.
  5. Ce que vous y gagnez : votre fournisseur d’accès ne voit plus vos sites, et les sites ne voient plus votre adresse.

Pourquoi cette salle, et l'histoire

Qui voit les sites où vous allez, et que change un VPN quand vous confiez votre connexion à un autre transporteur que votre opérateur ?

Chaque fois que vous ouvrez une page, votre fournisseur d’accès à internet transporte la demande. C’est votre opérateur, celui de votre box ou de votre téléphone. Il ne lit pas le contenu, chiffré presque partout. Mais il voit l’enveloppe : quel site, à quelle heure, depuis quelle adresse.

Un VPN fait passer votre connexion, chiffrée, par le serveur d’une entreprise. Votre fournisseur d’accès ne voit plus que ce tunnel. Mais l’entreprise du VPN voit tout ce qu’il voyait. Un VPN déplace la confiance, il ne la supprime pas. Dans cette salle, le cocher est l’entreprise du VPN : elle conduit votre connexion, rideaux tirés, et voit où vous allez.

À la fin, vous saurez choisir un VPN, le payer sans carte, et juger ce que vaut une protection plus légère, le DNS chiffré.

L’histoire

Au XVIIIe siècle, à l’hôtel des Postes, des commis ouvrent les lettres, les recopient, puis les referment. C’est le cabinet noir. Sous Louis XV, il prend le nom officiel de « cabinet du secret des Postes ». On écrit à son notaire ou à son amant, et l’État lit par-dessus l’épaule du facteur.

En 1789, les cahiers de doléances (les listes de plaintes écrites pour les États généraux) réclament son abolition. Un arrêté du 5 décembre 1789, puis un décret du 10 août 1790, proclament le secret des lettres. Ils suppriment les 300 000 livres (la monnaie de l’époque) annuelles du « travail secret ». Dès 1792, on décachette de nouveau. En 1828, un ministre annonce la fin du cabinet noir ; en 1848, le directeur des Postes en trouve encore les restes. La pratique semble cesser vers 1870, mais les historiens discutent cette date.

La leçon reste : celui qui transporte vos lettres peut les lire. Le seul choix possible est celui du transporteur.

Cas fictif, construit sur des faits réels. Paul vit en 2026. Avant chaque site, sa box demande à l’opérateur l’adresse de ce site : c’est le DNS, l’annuaire d’internet. Puis l’opérateur transporte la connexion, et il en voit la destination. Paul n’a jamais choisi son facteur : on le lui a livré avec la box.

Ce soir, Paul prend un VPN, payé d’un billet glissé dans une enveloppe. Son opérateur ne voit plus qu’un tunnel. Le VPN voit les destinations, mais il ne connaît de Paul qu’un numéro de compte.

Le sergent Firmin, le garde qui explique qui vous voit : « Votre opérateur voit à quels sites vous allez, pas ce que vous y lisez. Le VPN tire un rideau devant lui, mais derrière le rideau il y a un cocher, et lui aussi a des yeux. »

Ce que vous faites

La recette

Quatre étapes. Vous obtenez une connexion dont votre fournisseur d’accès ne voit plus les destinations.

Étape 1 : comprenez qui voit quoi

Le tableau compare trois montages. Le DNS chiffré est expliqué dans les variantes.

Montage Votre fournisseur d’accès voit Le VPN voit Le site voit
Sans rien les noms des sites, leurs adresses, l’heure, le volume (pas de VPN) votre adresse IP, donc votre opérateur et une zone approximative
DNS chiffré seul les adresses des sites, et souvent leur nom, mais plus vos demandes d’annuaire (pas de VPN) votre adresse IP
VPN un tunnel chiffré vers le VPN, l’heure, le volume les sites visités et votre adresse IP réelle l’adresse du serveur VPN

Deux limites à retenir :

  • Le fournisseur d’accès ne lit jamais le contenu d’une page en HTTPS (le cadenas du navigateur, qui chiffre l’échange).
  • Un VPN ne vous rend pas anonyme. L’EFF, une association américaine de défense des libertés numériques, l’écrit sans détour. Vos cookies, votre empreinte de navigateur (ses réglages, qui suffisent souvent à le reconnaître) et vos comptes vous suivent dans le tunnel.

Étape 2 : choisissez un VPN avec six critères

Ces six critères s’appliquent à n’importe quel fournisseur.

  1. Inscription sans courriel, avec un simple numéro de compte.
  2. Paiement possible en espèces ou en cryptomonnaie.
  3. Absence de journaux d’activité, éprouvée. Un journal note qui s’est connecté, quand, et vers où. Une perquisition repartie bredouille vaut mieux que mille slogans.
  4. Une juridiction hors de France, c’est-à-dire une entreprise soumise aux lois d’un autre pays. Une demande doit alors traverser une frontière. Ce n’est pas magique : la coopération internationale existe.
  5. Des applications au code public, et des audits publiés. Chacun peut lire le code, et une entreprise extérieure l’a contrôlé.
  6. Un prix honnête. Méfiez-vous des « 83 % de remise sur 3 ans », qui deviennent un prélèvement plein tarif la quatrième année.

L’exemple de la suite est Mullvad, parce que ses promesses ont été éprouvées (voir les risques). Ce n’est ni un favori ni un partenaire : ce site n’a aucun lien d’affiliation.

Étape 3 : ouvrez le compte et payez sans votre nom

  1. Créez le compte sur le site officiel, en tapant vous-même son adresse. Le site ne demande ni nom, ni courriel, ni mot de passe : il vous donne un numéro de compte aléatoire.
  2. Rangez ce numéro dans votre gestionnaire de mots de passe, le logiciel qui garde vos mots de passe.
  3. Payez. Le tarif est de 5 € par mois, TVA comprise, quelle que soit la durée. Choisissez l’une des trois façons ci-dessous.
  • Moyen de paiement : Carte bancaire

    Effort : deux minutes

    Ce que votre banque voit : que vous avez un VPN

    Ce que le VPN sait : le nom porté par la carte

  • Moyen de paiement : Cryptomonnaie (bitcoin, Monero), avec 10 % de remise

    Effort : dix minutes

    Ce que votre banque voit : rien

    Ce que le VPN sait : une transaction, sans nom

  • Moyen de paiement : Espèces par la poste

    Effort : une enveloppe et un timbre

    Ce que votre banque voit : rien

    Ce que le VPN sait : rien, sinon le cachet de la poste

Pour les espèces, générez un jeton de paiement sur le site. Glissez-le dans une enveloppe avec les billets (euros, francs suisses ou autres). Postez-la à l’adresse indiquée sur le site.

Étape 4 : installez l’application et vérifiez le tunnel

  1. Installez l’application officielle sur l’ordinateur et sur le téléphone. Un compte couvre cinq appareils.
  2. Saisissez votre numéro de compte.
  3. Connectez-vous au serveur le plus proche. Plus le serveur est loin, plus la connexion ralentit.
  4. Vérifiez le « kill switch ». C’est un coupe-circuit : si le tunnel tombe, plus rien ne sort par votre connexion normale. Chez Mullvad, il est toujours actif. Ailleurs, activez « kill switch » ou « Bloquer les connexions sans VPN ».
  5. Vérifiez le résultat avec l’objectif de donjon de la quête, plus bas.

Ça y est, vous avez un VPN. Pour une partie de votre entourage, vous êtes désormais un agent double qui déjeune à Stockholm et dîne à Lisbonne. Pour l’autre, un hacker à capuche dans une cave. En réalité, vous lisez la météo de votre commune depuis un serveur suédois.

Les variantes : DNS chiffré, iCloud Private Relay, VPN gratuit, Tor Browser
  • Variante : DNS chiffré seul, sans VPN

    Effort en plus : presque aucun

    Ce que vous gagnez : le fournisseur d’accès ne lit plus vos demandes d’annuaire

    Ce que vous risquez : rien, mais le gain est faible

  • Variante : iCloud Private Relay (avec un abonnement iCloud+)

    Effort en plus : un réglage

    Ce que vous gagnez : deux relais : Apple voit votre IP sans la destination, le second relais voit la destination sans votre IP

    Ce que vous risquez : il protège surtout la navigation dans Safari

  • Variante : VPN gratuit

    Effort en plus : aucun

    Ce que vous gagnez : sur le papier, la même chose qu’un VPN payant

    Ce que vous risquez : vous êtes souvent le produit (voir les risques)

  • Variante : Tor Browser

    Effort en plus : l’installer

    Ce que vous gagnez : trois relais (des ordinateurs intermédiaires), et aucun ne voit à la fois qui vous êtes et où vous allez

    Ce que vous risquez : la lenteur

Le DNS chiffré. Par défaut, votre appareil demande l’adresse de chaque site à votre fournisseur d’accès, en clair. Le DNS chiffré envoie ces demandes, chiffrées, à un résolveur que vous choisissez. Un résolveur est le service qui répond aux demandes d’annuaire.

  • Firefox : Paramètres, Vie privée et sécurité, « DNS via HTTPS », puis « Protection accrue » ou « Protection maximale ». En France, Firefox ne l’active pas par défaut.
  • Android : Paramètres, Réseau, « DNS privé », puis le nom du résolveur, indiqué sur le site de celui-ci.
  • Windows 11 : dans les paramètres réseau de votre connexion, modifiez les serveurs DNS. Saisissez un résolveur connu, puis choisissez le chiffrement « DNS over HTTPS ».
  • iPhone et Mac : il faut installer un profil de configuration, un petit fichier de réglages fourni par le résolveur (iOS 14 et macOS 11 au minimum). Il n’y a pas de simple case à cocher.

Ne le survendons pas. Le fournisseur d’accès voit toujours l’adresse de destination. Il voit souvent aussi le nom du site, envoyé en clair au début de la connexion. Derrière un VPN, le DNS chiffré ne sert à rien : les demandes passent déjà dans le tunnel.

iCloud Private Relay est disponible en France, d’après la liste des fonctions d’Apple (octobre 2026).

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Payer en cryptomonnaie s’apprend à La Taverne des Remparts · Payer aussi simplement qu’avec sa carte.

Le défi de la taverne

le quiz des trois montages

La Cafetière pose trois questions sur les montages du tableau de l’étape 1 (sans rien, DNS chiffré seul, VPN). Chaque question a trois réponses : choisissez-en une d’un clic, puis validez.

Le bonus du donjon

relevez votre adresse IP avant et après le VPN

  1. VPN éteint, ouvrez une page qui affiche votre adresse IP. Cherchez par exemple « mon adresse IP » dans votre moteur de recherche. La page de vérification de votre VPN convient aussi.
  2. Saisissez cette adresse dans la case « avant » de la Cafetière.
  3. Allumez le VPN et attendez l’indicateur « connecté ».
  4. Rechargez la même page, puis saisissez la nouvelle adresse dans la case « après ».

Ce que vous gagnez

Le verdict

Écusson forgé : Voyageur immobile. Vous avez changé de cocher, et vous l’avez vérifié. Pour Internet, vous êtes en Suède. Pour votre fournisseur d’accès, vous regardez un tunnel. Pour votre chat, vous n’avez pas bougé du canapé. Seul le chat a raison.

Vous avez choisi qui transporte vos lettres en un quart d’heure, pour le prix de deux cafés par mois. L’État, lui, a mis quatre-vingts ans à fermer un bureau dont il jurait qu’il n’existait pas.

Percolozor, en voix off. Je vous ai proposé de payer un VPN par la poste, avec un timbre. La vie privée du XXIe siècle tient à une invention de 1849.

Bloqué ?

La vérification, les sucres et le déca

Voir l'aide de la Cafetière
  • Les sucres : trois indices gratuits, à ouvrir un par un. Un sucre donne une piste, deux la méthode, trois la solution. Votre journal note seulement combien vous en prenez.
  • Le déca : vous lisez la salle sans faire la quête. Vous n'avez pas l'écusson, mais le chemin continue, et vous revenez quand vous voulez.

Comment la Cafetière vérifie, chez vous

Rien ne sort de votre navigateur : c’est vous qui relevez votre adresse, ailleurs.

Le détail de la vérification
  • Objectif de taverne : la Cafetière compare vos trois réponses aux bonnes réponses, dans votre navigateur. Si l’une est fausse, elle donne son numéro.
  • Objectif de donjon :
    1. La Cafetière vérifie que chaque adresse a le format d’une adresse IP.
    2. Elle compare les deux adresses. Si elles sont identiques, elle refuse, et vous signale une fuite possible.
    3. Si elles diffèrent, elle hache les deux adresses ensemble avec SHA-256, en y mêlant un sel : une valeur aléatoire, tirée pour l’occasion puis jetée aussitôt. Hacher, c’est calculer un résumé court et fixe d’un texte ; SHA-256 est la méthode intégrée au navigateur. Une adresse IPv4 n’a qu’environ quatre milliards de valeurs possibles : sans ce sel jeté, une empreinte gardée se retrouverait par essais successifs.
    4. Votre navigateur tire le drapeau de cette empreinte. Les adresses sont oubliées. Seuls l’empreinte, impossible à retourner, et le drapeau restent dans votre parchemin.
  • Peut-on tricher ? Oui. Passer du Wi-Fi à la 4G entre les deux relevés change aussi l’adresse, et deux adresses inventées passent aussi. Vous n’y gagneriez qu’un écusson pour un geste que vous n’avez pas fait. Et si les deux adresses sont identiques alors que l’application affiche « connecté », vous venez de trouver une fuite : c’est la mesure la plus utile de la salle.

Les sucres

Un sucre, une piste
  • Le quiz : tout est dans le tableau des trois montages, à l’étape 1.
  • Les adresses : le site ne connaît pas votre adresse. Il faut la regarder deux fois ailleurs : une fois sans le VPN, une fois avec.
Deux sucres, la méthode
  • Le quiz : pour chaque question, cherchez dans le tableau qui tient les deux bouts : votre adresse d’un côté, les sites de l’autre.
  • Les adresses : relisez l’objectif de donjon, gestes 1 à 4 ; l’erreur fréquente est de recharger avant l’indicateur « connecté ». Pas encore de VPN ? L’offre gratuite d’un fournisseur sérieux suffit pour le test.
Trois sucres, la solution
  • Le quiz : avec un VPN, c’est le VPN qui voit à la fois les sites et votre adresse réelle ; le site voit l’adresse du serveur VPN. Avec le DNS chiffré seul, votre fournisseur d’accès voit encore les adresses des sites, et souvent leur nom.

Si les deux adresses IP sont identiques :

  • le VPN n’était pas encore connecté : attendez l’indicateur, rechargez la page, et refaites le relevé « après » ;
  • la page affichait encore l’ancienne adresse : rechargez-la sans le cache, ou ouvrez-en une autre ;
  • une extension, un proxy ou un « tunnel fractionné » (le réglage qui laisse certaines applications hors du VPN) fait passer le navigateur à côté : désactivez-le le temps du test.

Le déca

Ne pas prendre de VPN est un choix défendable : l’EFF place avant lui des mots de passe solides, la double authentification (un code demandé en plus du mot de passe) et les mises à jour.

Pour comprendre

À lire à votre rythme

La boussole

Par rapport à la box de l’opérateur et son DNS, le gain est solide face au fournisseur d’accès et aux sites, et faible face à un site où vous êtes connecté à votre compte.
Axe Pourquoi
GardeVous ne détenez rien de plus : vous confiez votre trafic à un autre tiers.
JuridictionLe fournisseur du VPN peut être suédois, suisse ou d’ailleurs, et c’est vous qui le choisissez.
MonnaieRien ne change pour votre argent.
DiscrétionLe fournisseur d’accès ne voit plus que le tunnel, et les sites ne voient plus votre IP. Vos comptes connectés vous reconnaissent toujours.
ConfortUn interrupteur. Un peu de vitesse en moins, et quelques tests « êtes-vous un robot ? » en plus.
Prudence (un risque existant réduit)Le Wi-Fi d’un hôtel ou d’une gare ne voit plus vos destinations, votre opérateur non plus.

Les quatre caméras

Caméra Ce qu’elle voit, comparé au village
du Badaud (le curieux, le voleur) Sur le même Wi-Fi, il ne voit plus qu’un tunnel. Sur le même ordinateur, l’historique reste l’historique.
du Changeur (la banque) Rien de nouveau, sauf si vous payez le VPN par carte : elle apprend alors que vous en avez un.
du Marchand (la plateforme) Elle ne voit plus votre IP, donc ni votre opérateur ni votre ville. Vos cookies et vos comptes, eux, restent.
de l’Intendance (l’administration) Chez votre opérateur, elle ne trouve plus qu’une connexion au VPN. Elle doit ensuite interroger le VPN, souvent à l’étranger, qui ne garde rien s’il est sérieux.

Sylvestre, l’elfe de votre compagnie, qui se cache toujours un peu trop : « Un VPN payé en espèces, c’est une bonne idée. Moi, j’en enchaîne trois, payés par trois enveloppes postées de trois villes, et je ne sais plus lequel me facture. »

Les risques, chiffrés

Six risques, comparés à votre opérateur actuel, qui voit tout passer et garde un an vos données de connexion (qui s’est connecté, quand, depuis quelle adresse) : le premier, ce que le VPN voit à sa place, compte le plus.
Risque En une ligne
1. Le VPN voit ce que voyait votre fournisseur d’accès Certain. Tout dépend du sérieux du fournisseur.
2. Le VPN gratuit, qui se paie autrement Documenté. Un VPN gratuit douteux fait moins bien que votre opérateur.
3. Le paiement vous trahit Certain si vous payez par carte. Nul en espèces.
4. Une fuite hors du tunnel Possible sans coupe-circuit. Aucun chiffre fiable sur sa fréquence.
5. Le VPN reçoit des ordres de blocage Déjà arrivé en France, en 2025. Sans coût pour vous, hors des sites visés.
6. Les petits frottements Probables et bénins.
1. Le VPN voit ce que voyait votre fournisseur d'accès
  • Possible ? Certain : c’est le fonctionnement d’un VPN.
  • Probable ? Cela dépend du fournisseur. Le 18 avril 2023, la police suédoise s’est présentée chez Mullvad avec un mandat de perquisition. Elle est repartie sans rien : les données client recherchées n’existaient pas. Proton VPN déclare 53 ordres légaux reçus en 2024 et 59 en 2025, tous refusés faute de journaux.
  • Coût : si le fournisseur garde des journaux, la liste de vos destinations, chez lui au lieu de chez votre opérateur.
  • Tendance : stable. Les fournisseurs sérieux publient des audits et des rapports de transparence.
  • Durée : le temps que le fournisseur garde ses journaux. Chez un fournisseur sans journaux, aucune.
  • Comparé au village : votre opérateur a l’obligation de garder vos données de connexion un an. Un VPN sans journaux n’a pas cette obligation chez lui, et ce qui n’est pas enregistré ne se saisit pas.
2. Le VPN gratuit, qui se paie autrement
  • Possible ? Oui, et documenté. En 2013, Facebook rachète Onavo, un VPN gratuit, pour environ 120 millions de dollars. Il s’en sert pour mesurer l’usage des applications concurrentes, à partir du trafic de ses utilisateurs. Apple le fait retirer de son magasin d’applications en 2018. Facebook le ferme en 2019. En 2023, la justice australienne condamne sa maison mère à 20 millions de dollars australiens, pour avoir mal informé les utilisateurs.
  • Probable ? Aucun chiffre fiable sur la part de VPN gratuits utilisés en France.
  • Coût : vos destinations revendues ou exploitées, sans que vous le sachiez.
  • Tendance : aucun chiffre fiable.
  • Durée : tant que vous utilisez le service, et ce qu’il a déjà vendu reste vendu.
  • Comparé au village : un VPN gratuit douteux fait moins bien que votre opérateur. La parade : 5 € par mois, l’offre gratuite d’un fournisseur financé par ses abonnés payants, ou pas de VPN du tout.
3. Le paiement vous trahit
  • Possible ? Oui. Payé par carte, un compte « sans courriel » porte quand même votre nom, chez le prestataire de paiement.
  • Probable ? Certain avec une carte. Nul en espèces.
  • Coût : le VPN peut relier votre compte à votre nom. Un précédent voisin : en 2021, Proton (le service de courriel) a dû enregistrer puis transmettre l’adresse IP d’un compte. Il obéissait à un ordre suisse, faisant suite à une demande française. Le contenu chiffré est resté secret, mais un détail annexe, l’adresse IP, a suffi. Le moyen de paiement est un détail du même genre.
  • Tendance : stable.
  • Durée : aussi longtemps que le prestataire de paiement garde ses relevés.
  • Comparé au village : votre opérateur connaît déjà votre nom, votre adresse et votre RIB. La parade : les espèces ou la cryptomonnaie.
4. Une fuite hors du tunnel
  • Possible ? Oui. Le tunnel tombe sans coupe-circuit, ou une partie du trafic sort à côté. Les cas connus : une demande d’annuaire, une connexion en IPv6 (la version récente des adresses IP), ou un appel vidéo du navigateur (WebRTC).
  • Probable ? Aucun chiffre fiable.
  • Coût : pendant la fuite, vous redevenez exactement ce que vous êtes aujourd’hui, sans plus.
  • Tendance : aucun chiffre fiable.
  • Durée : le temps de la fuite.
  • Comparé au village : sans VPN, tout votre trafic passe déjà par là. La parade : l’application officielle, le coupe-circuit, et l’objectif de donjon de la quête.
5. Le VPN reçoit des ordres de blocage
  • Possible ? C’est déjà arrivé. Le 15 mai 2025, le tribunal judiciaire de Paris a ordonné à cinq grands VPN de bloquer 203 noms de domaine de streaming sportif pirate, pour leurs utilisateurs situés en France. Canal+ et la Ligue de football professionnel l’avaient demandé. En 2024, des résolveurs DNS publics (Google, Cloudflare, Cisco) avaient reçu des ordres semblables. Le service OpenDNS de Cisco a quitté la France le 28 juin 2024.
  • Probable ? Certain pour les sites visés par une décision.
  • Coût : nul, sauf si vous vouliez précisément ces sites. Un VPN ne vous met pas « hors de France » : l’intermédiaire change, et il reçoit lui aussi des ordres.
  • Tendance : à la hausse. Le blocage gagne tous les intermédiaires.
  • Durée : celle fixée par chaque décision.
  • Comparé au village : votre opérateur applique déjà ces blocages.
6. Les petits frottements
  • Possible ? Oui.
  • Probable ? Oui : un test « êtes-vous un robot ? », une vidéo indisponible, une banque qui demande une confirmation pour une connexion « depuis la Suède ».
  • Coût : trente secondes, ou couper le VPN le temps d’une opération. Et environ 60 € par an. Un VPN « à vie » à 1 € n’existe pas : quelqu’un paie la bande passante.
  • Tendance : stable.
  • Durée : le temps de l’opération.
  • Comparé au village : sans VPN, aucun de ces frottements, et aucun rideau non plus.

Oubliette : le Cocher Bavard. Le piège est un VPN gratuit : il se paie autrement, en revendant ce qu’il voit passer. La parade : payez votre VPN, ou n’en prenez pas.

Partageot, l’écuyer de votre compagnie, qui partage tout : « Mon VPN est gratuit, et il raconte à des inconnus tous les sites où je vais. Moi qui partage tout, je n’ai même plus besoin de le faire moi-même. »

Ce que dit la loi

En bref : aucun texte n’interdit d’utiliser un VPN en France ; votre fournisseur d’accès, lui, doit garder un an vos données de connexion, mais pas le contenu de ce que vous consultez.
La loi en détail : le VPN, la conservation des données, les blocages
  • Le VPN. L’article 30 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN, 2004) pose que « l’utilisation des moyens de cryptologie est libre ». La cryptologie, c’est l’ensemble des techniques de chiffrement. L’ANSSI, l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, le rappelle. L’utilisateur n’a aucune formalité à faire. Ce que vous faites dans le tunnel reste soumis aux règles ordinaires : le VPN ne change rien à ce qui est permis ou non.
  • La conservation des données. C’est l’article L. 34-1 du code des postes et des communications électroniques. Une injonction, reconduite chaque année par décret, oblige les opérateurs à garder un an les données de trafic et de localisation, adresse IP comprise. La dernière est le décret n° 2026-920 du 30 septembre 2026, en vigueur le 21 octobre 2026. Le 30 juin 2023, le Conseil d’État avait validé le décret de 2022, qui imposait déjà la même durée.
  • Ce qui est exclu. Le même article précise que ces données « ne peuvent en aucun cas porter sur le contenu des correspondances échangées ou des informations consultées ».
  • Les blocages (risque 5) visent des sites et des intermédiaires, pas les utilisateurs.

Les règles qui touchent vos cryptomonnaies sont dans Le Greffe · La loi en chiffres.

Pour aller plus loin

8 salles pour continuer, dans cette aile et les autres.

Dans la Tour aux Volets

Dans l’Aile du Trésor

Dans la Volière

Sources

Vérifiées en octobre 2026.

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