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Bas de Laine

La Tour aux Volets · rez-de-chaussée

L'Écurie des Montures · Navigateur, bloqueur, moteur de recherche

On y choisit sa monture et on lui retire les gobelins accrochés sous la selle. Ils voyageaient gratuitement depuis des années.

La boussole de la salle4 de liberté sur 15, et les quatre caméras

Chaque axe est noté de 0 à 3 : ce que cette salle change, comparé au village (ce que vous faites déjà), jamais comparé à la perfection.

Ce que vous gagnez en liberté

  • Garde : 0 sur 3, rien ne change qui tient la chose : vous, ou un tiers.
  • Juridiction : 1 sur 3, un peu loin d'un point unique : une banque, un État, un prestataire.
  • Monnaie : 0 sur 3, rien ne change le choix de la monnaie.
  • Discrétion : 2 sur 3, nettement moins vu ; le détail, caméra par caméra, est plus bas.
  • Prudence : 1 sur 3, un peu un risque que vous aviez déjà, réduit.

Les cinq additionnés : 4 de liberté sur 15, pour un effort de 1 sur 5.

Effort
1 sur 5
Liberté
4 de liberté sur 15
Genre de salle
Échauffement : un peu de liberté, peu d'effort

Le prix en confort

Confort : 3 sur 3, aussi simple qu'avant 3 : aussi simple qu'aujourd'hui ; 0 : nettement plus pénible.

Le confort ne compte pas dans la liberté : il dit ce que le geste vous coûte en simplicité. Trois tasses pleines, et vous ne sentez presque rien.

Les quatre caméras

Une caméra par observateur. Leur pose dit ce que chacune voit encore de vous, comparé au village (ce que vous faites déjà).

  • Badaud (le curieux, le voleur)

    un peu moins : vous voit un peu moins, gain de discrétion 1 sur 3

  • Changeur (la banque)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

  • Marchand (la plateforme)

    ne voit plus rien : ne voit plus rien de ce geste, gain de discrétion 3 sur 3

  • Intendance (l'administration)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

À gagner Voici les caméras une fois l'objectif de donjon accompli. Avant le geste, toutes vous regardent, comme au village.

Les caméras du Changeur (la banque) et de l'Intendance (l'administration) vous voient toujours ici, et c'est normal : cette salle ne s'occupe pas d'elles.

Quête Chasser les gobelins de sa monture

  • Le défi de la taverneparchemin fermé

    En navigation privée, répondez au quiz « qui voit quoi ».

    Il rapporte l'écusson « Navigateur sans passagers clandestins » peint, et 10 liards.

    Le geste en détail
  • Le bonus du donjonparchemin fermé

    Activez un bloqueur ou le signal GPC. Votre navigateur le détecte lui-même.

    Il rapporte l'écusson « Navigateur sans passagers clandestins » forgé, et 20 liards.

    Le geste en détail

Les deux objectifs sont indépendants. La Cafetière vérifie votre preuve dans votre navigateur, puis inscrit votre drapeau dans votre parchemin. Effort : 1 sur 5. Liberté gagnée : 4 sur 15.

Pas encore de parchemin ? Levez la Herse : deux minutes, un crayon. Vous en avez un ?Décachetez-le à la Herse pour voir où vous en êtes.

L’essentiel en cinq lignes

  1. Où vous êtes : dans la troisième salle de la Tour aux Volets, la partie du site sur la vie privée.
  2. Ce que vous apprenez : quel outil vous protège de quel observateur, et ce que la navigation privée ne cache pas.
  3. Ce que vous faites : vous installez un navigateur, un bloqueur de traqueurs et un moteur de recherche qui ne garde pas de dossier sur vous.
  4. Ce qu’il vous faut : un ordinateur ou un téléphone. Aucun argent, aucun compte. Durée : vingt minutes.
  5. Ce que vous y gagnez : les régies publicitaires vous suivent beaucoup moins. Les pages se chargent plus vite.

Pourquoi cette salle, et l'histoire

Quel outil vous protège de quel observateur, et comment chasser de vos pages les traqueurs des régies sans changer vos habitudes ?

Chaque page que vous ouvrez embarque des passagers que vous n’avez pas invités : les traqueurs. Ce sont de petits programmes de régies publicitaires (des entreprises qui vendent de la publicité ciblée). Ils notent les pages où vous passez. Dans une étude publiée en février 2021, la CNIL (l’autorité française de protection des données) a observé les 1 000 sites les plus visités en France. Sur un même site, jusqu’à 79 entreprises extérieures pouvaient observer votre navigation. Certaines étaient présentes sur près de la moitié de ces 1 000 sites.

Cette salle règle trois outils, une fois pour toutes : le navigateur, le bloqueur et le moteur de recherche. Vos habitudes ne changent presque pas. Dans le château (le site), votre navigateur est votre monture, et les traqueurs sont les gobelins cachés sous la selle : la quête consiste à les chasser.

Percolozor, en voix off. J’ai mis des années à comprendre comment un navigateur gratuit gagne sa vie. Vous allez le comprendre en vingt minutes, ce qui est vexant.

L’histoire

Cas fictif, construit sur des faits réels.

Paul veut offrir une bague à Claire. Un soir, sur son téléphone, il cherche « bague de fiançailles or rose » dans Chrome, et compare trois bijoutiers.

Le dimanche suivant, Claire prend la tablette du salon, connectée au même compte Google que le téléphone de Paul. Elle tape « gâteau ». La barre de recherche lui suggère « bague de fiançailles or rose ». Dans l’heure, la tablette affiche des publicités pour une bijouterie de leur ville.

La surprise est éventée. Personne n’a rien piraté. Paul était connecté à son compte Google. Son navigateur copiait donc son historique sur tous les appareils du compte. Et son moteur de recherche avait rangé sa question dans son dossier. Tout a fonctionné comme prévu.

Pour le cadeau suivant, Paul passe en navigation privée. Cette fois, Claire ne voit rien sur la tablette. Mais Paul a fait ses recherches au bureau, sur le Wi-Fi de l’entreprise. Le réseau a vu passer le nom du site du bijoutier, comme tous les autres. La navigation privée n’y change rien. Mozilla, l’éditeur de Firefox, le dit lui-même : elle ne cache pas vos visites à votre fournisseur d’accès (l’entreprise qui vous relie à Internet : Orange, Free, SFR…), ni à votre employeur ou à votre école.

La leçon de Paul tient en une phrase : chaque outil protège d’un observateur précis, et d’aucun autre. Cette salle vous apprend lequel.

Le sergent Firmin, le garde des caméras : « Le Wi-Fi du bureau a vu passer le nom du bijoutier, chef, fenêtre privée ou pas. Je ne vois que les noms des sites, et c’est déjà assez pour savoir qui se fiance. »

Ce que vous faites

La recette

Choisissez une monture, puis suivez ses étapes. Les deux font le travail : l’une demande moins de gestes, l’autre est plus libre. Vous pouvez changer d’avis plus tard.

Trois acteurs comptent : le navigateur voit tout, les traqueurs recoupent vos visites, le moteur de recherche lit vos questions.

Les trois acteurs en détail
Acteur Ce qu’il voit Ce qu’il peut faire de vous
Le navigateur Tout : chaque page, chaque formulaire, chaque mot de passe tapé Synchroniser votre historique avec un compte, accepter ou refuser les traqueurs
Les traqueurs Les pages où ils sont présents, c’est-à-dire beaucoup Recouper vos visites d’un site à l’autre, pour bâtir un profil publicitaire
Le moteur de recherche Vos questions, qui en disent souvent plus que vos visites Relier ces questions à votre compte
Le point de départ : Chrome et ses cookies tiers

Le point de comparaison est Chrome connecté à Google. Il accepte toujours les cookies tiers. Un cookie est un petit fichier qu’un site dépose dans votre navigateur pour vous reconnaître. Un cookie tiers est déposé par un autre site que celui que vous visitez, souvent une régie. Le 22 avril 2025, Google a renoncé à les supprimer, après cinq ans de promesses.

Étape 1 : choisissez votre monture

Brave, le plus simple. Pour qui veut que ça marche tout de suite.

  • Le bloqueur de traqueurs est déjà dedans : rien à installer.
  • Le même Brave, avec son bloqueur, sur ordinateur, Android et iPhone.
  • Son prix : il repose sur le moteur de Chrome, écrit par Google. Il propose des publicités maison et un portefeuille crypto, que vous refusez d’un clic.

Firefox, le plus libre. Pour qui veut un navigateur qui ne dépend pas de Google.

  • Le bloqueur est une extension à ajouter (étape 2), plus trois cases à régler (étape 4).
  • Sur iPhone, il ne prend pas de bloqueur : prenez Brave sur ce téléphone-là.
  • Son prix : quelques minutes de réglages en plus.

Tapez vous-même l’adresse brave.com ou firefox.com, et téléchargez-le là, nulle part ailleurs. À l’ouverture, le navigateur propose d’importer vos données de Chrome. Importez seulement les marque-pages (vos favoris). Pour les mots de passe, attendez : l’Atelier du Serrurier leur trouve un meilleur coffre.

Étape 2 : armez le bloqueur

Avec Brave, il est déjà là, et déjà allumé : c’est le lion orange à droite de la barre d’adresse (les « boucliers »). Vous n’avez rien à faire. Si Brave vous propose ses publicités maison (Brave Rewards) ou son portefeuille crypto, refusez d’un clic : ni l’un ni l’autre n’est utile ici.

Avec Firefox, installez uBlock Origin, un bloqueur qui empêche les traqueurs et les publicités de se charger :

  1. Ouvrez le menu, puis « Extensions et thèmes ».
  2. Cherchez « uBlock Origin ».
  3. Vérifiez que l’auteur est Raymond Hill (gorhill) : des copies existent.
  4. Cliquez sur « Ajouter ». Gardez les réglages par défaut.
Pourquoi un seul bloqueur, et pourquoi pas Chrome

Chrome a changé de format d’extensions (Manifest V3) : uBlock Origin n’y fonctionne plus, seule une version allégée y reste. Firefox garde l’ancien format. Brave, lui, n’a pas besoin d’extension : son bloqueur est écrit dans le navigateur.

N’ajoutez pas un second bloqueur à Brave, ni un deuxième à Firefox. Les sites lisent les réglages de votre navigateur : c’est son empreinte, et elle peut suffire à le reconnaître. Chaque extension en plus la rend plus rare. En 2018, sur environ 2 millions de navigateurs relevés sur un grand site français, 33,6 % seulement étaient uniques. Un navigateur courant, à jour, avec un seul bloqueur répandu, reste dans la foule. Brave ajoute une ruse : il modifie légèrement certaines valeurs de son empreinte, différemment pour chaque site.

Firefox range aussi les cookies de chaque site à part, depuis juin 2022 : un traqueur ne peut plus lire ceux déposés sur un autre site. Brave fait de même.

Étape 3 : changez de moteur de recherche

Avec Brave, rien à faire : son moteur par défaut, Brave Search, ne garde pas de dossier sur vous. Il sert ses résultats depuis son propre index (son catalogue du web), sans Bing ni Google, depuis avril 2023.

Avec Firefox, dans les Paramètres, section « Recherche », choisissez DuckDuckGo : il ne garde pas d’historique de vos recherches. Ses résultats viennent surtout de Bing, complétés par son propre robot (un programme qui parcourt le web).

Les autres moteurs : Qwant, Startpage
  • Qwant : il est français, sans cookie publicitaire sauf accord. Quand il n’a pas la réponse, il interroge Bing. Il transmet alors à Microsoft vos mots-clés et le début de votre adresse IP (le numéro qui identifie votre connexion), sous pseudonyme.
  • Startpage : il donne des résultats Google, sans votre compte Google. Depuis 2019, il appartient majoritairement à une filiale de System1, une entreprise de publicité en ligne.

Sur DuckDuckGo comme sur Brave Search, tapez !g avant vos mots : la recherche part chez Google, sans votre compte. Vous gardez Google pour les cas difficiles, sans lui donner le reste.

Étape 4 : réglez les dernières cases

Avec Brave, une seule : dans les Paramètres, tapez « HTTPS » dans la recherche, et choisissez le réglage le plus strict. Le signal Global Privacy Control (GPC), qui demande aux sites de ne pas vendre vos données, est déjà actif.

Avec Firefox, ouvrez les Paramètres, puis « Vie privée et sécurité » :

  1. Protection renforcée contre le pistage : choisissez « Stricte ». Si un site ne marche plus, cliquez sur le bouclier dans la barre d’adresse : il assouplit la protection pour ce site seulement.
  2. Préférences de confidentialité des sites web : cochez « Demander aux sites web de ne pas vendre ni partager mes données ». C’est le signal GPC. Firefox l’envoie à chaque site que vous ouvrez.
  3. Mode HTTPS uniquement : activez-le dans toutes les fenêtres.

HTTPS chiffre la page entre le site et vous : personne ne peut la lire en chemin. Presque tout le web l’utilise déjà.

Étape 5 : connectez-vous dans l’onglet, pas dans le navigateur

Si vous gardez un compte Google pour Gmail ou YouTube, connectez-vous dans l’onglet du service. Ne connectez pas le navigateur lui-même. Votre historique cesse alors de voyager vers la tablette du salon.

Étape 6 : réglez votre téléphone

  • iPhone : installez Brave, quelle que soit votre monture sur ordinateur. Firefox pour iPhone n’accepte pas uBlock Origin. Changez aussi le moteur de Safari : Réglages, puis Safari, puis Moteur de recherche.
  • Android : installez la même monture que sur ordinateur, et refaites les étapes 2 à 5. Firefox pour Android accepte uBlock Origin.
Pourquoi l'iPhone est à part : le moteur d'Apple

Sur iPhone, les navigateurs courants utilisent le moteur d’affichage d’Apple (WebKit), la pièce qui dessine les pages. Depuis iOS 17.4 (2024), Apple autorise d’autres moteurs d’affichage dans l’Union européenne.

Ce que Brave a fait de travers, et pourquoi Firefox compte

En juin 2020, Brave ajoutait un code de parrainage aux adresses de certaines plateformes crypto tapées dans la barre. Brave a reconnu une erreur et a rendu la fonction optionnelle. Son modèle économique comprend toujours des publicités et un jeton crypto, à refuser ou à accepter dans les réglages.

Firefox est un navigateur libre : son code est public. Il est édité par Mozilla, une entreprise qui appartient à une fondation, et qui vit surtout du contrat qui fait de Google son moteur par défaut. C’est le dernier grand navigateur qui n’utilise pas le moteur de Chrome : si tout le monde passe à Chrome et à ses dérivés, Brave compris, c’est Google qui écrit seul les règles du web.

Les variantes : Firefox durci, Mullvad Browser, Tor Browser
  • Variante : Firefox durci (arkenfox)

    Effort en plus : réel (3 sur 5)

    Ce que vous gagnez : Un fichier de réglages, écrit par des bénévoles, qui pousse chaque réglage vers la confidentialité.

    Ce que vous risquez : Des sites cassent. Il faut comprendre chaque réglage qu’on désactive.

  • Variante : Mullvad Browser

    Effort en plus : modéré (2 sur 5)

    Ce que vous gagnez : Développé avec le Tor Project : les protections de Tor Browser, sans le réseau Tor. Tous ses utilisateurs ont la même empreinte.

    Ce que vous risquez : Il ne cache pas votre adresse IP : il est conçu pour aller avec un VPN (un service qui fait passer votre connexion par un autre ordinateur). Il est toujours en navigation privée : aucune session n’est gardée.

  • Variante : Tor Browser

    Effort en plus : de 2 à 4 sur 5

    Ce que vous gagnez : Tout ce qui précède, plus votre adresse IP cachée.

    Ce que vous risquez : De la lenteur, et des tests anti-robots. Voyez les Souterrains à Trois Relais.

Ce que fait la navigation privée, et ce qu’elle ne fait pas

La navigation privée efface vos traces sur votre appareil, et nulle part ailleurs : elle vous protège de la personne qui utilise votre ordinateur après vous, et de personne d’autre. Vous en aurez besoin pour la quête.

Ce que dit Mozilla, et l'affaire Brown contre Google

Ce qu’elle fait. Elle ne garde pas l’historique. Elle efface les cookies à la fermeture de la fenêtre. Elle ne garde ni les recherches ni les formulaires.

Ce qu’elle ne fait pas. Elle ne cache rien à votre fournisseur d’accès, à votre employeur ni au réseau Wi-Fi. Elle ne cache aux sites ni votre position approximative, ni votre adresse IP, ni votre empreinte. Elle ne vous protège de rien si vous vous connectez à votre compte. Les fichiers téléchargés et les marque-pages créés restent sur l’appareil.

Google l’a appris devant la justice. En avril 2024, pour clore le procès Brown contre Google en Californie, Google s’est engagé à détruire des milliards d’enregistrements collectés en mode Incognito, la navigation privée de Chrome.

Le défi de la taverne

dites qui voit quoi en navigation privée

Ouvrez cette salle dans une fenêtre de navigation privée (menu, puis « Nouvelle fenêtre privée » dans Brave, ou « Nouvelle fenêtre de navigation privée » dans Firefox). Pour chacun des cinq observateurs que la Cafetière affiche, choisissez dans son menu déroulant « Voit votre visite » ou « Ne la voit pas », puis validez.

Le bonus du donjon

faites détecter votre bloqueur

Activez le bloqueur (étape 2) ou le signal Global Privacy Control (étape 4). Dans Brave, les deux le sont déjà. Rechargez cette page, puis donnez votre preuve à la Cafetière : il n’y a rien à saisir.

Ce que vous gagnez

Le verdict

Écusson forgé : Navigateur sans passagers clandestins. Votre navigateur charge les pages plus vite. Ce n’est pas de la magie : il a simplement cessé de transporter des inconnus.

Vous avez quitté Chrome. Vous voilà dans le camp de ceux qui expliquent, entre le fromage et le dessert, que « si c’est gratuit, c’est vous le produit ». Prévoyez le pull en laine bio, et une moue peinée chaque fois qu’un proche dit « je vais googler ça ».

Vous venez d’installer une douane qui refoule les indésirables sans formulaire Cerfa, sans délai d’instruction et sans guichet fermé le mercredi après-midi. Aucune administration n’a jamais atteint ce rendement.

Bloqué ?

La vérification, les sucres et le déca

Voir l'aide de la Cafetière
  • Les sucres : trois indices gratuits, à ouvrir un par un. Un sucre donne une piste, deux la méthode, trois la solution. Votre journal note seulement combien vous en prenez.
  • Le déca : vous lisez la salle sans faire la quête. Vous n'avez pas l'écusson, mais le chemin continue, et vous revenez quand vous voulez.

Comment la Cafetière vérifie, chez vous

Rien ne sort de votre navigateur, pas même le résultat du test.

Le détail de la vérification
  • Objectif de taverne : la Cafetière compare vos réponses à un hash : un résumé court et fixe des bonnes réponses, calculé avec la méthode PBKDF2. La comparaison se fait dans votre navigateur. Si un observateur est mal classé, elle donne son numéro, sans donner la bonne case.

  • Objectif de donjon : quand vous donnez votre preuve, votre navigateur vérifie deux choses, dans cet ordre :

    1. le signal Global Privacy Control est-il actif (navigator.globalPrivacyControl vaut true) ? Si oui, c’est gagné ;
    2. sinon, la Cafetière pose dans la page un faux emplacement publicitaire, hors de l’écran. Il porte les noms qu’un bloqueur reconnaît à une bannière. C’est le site lui-même qui le crée : aucune régie n’est contactée. Pendant une seconde et demie, votre navigateur regarde si l’appât a été masqué. S’il l’est, un bloqueur est actif.

    Si l’une des deux conditions est remplie, votre navigateur fabrique le drapeau. Il est le même pour tous ceux qui passent par le même chemin (signal ou bloqueur).

  • Peut-on tricher ? Oui. Quelqu’un qui sait ouvrir la console du navigateur (l’outil des développeurs) peut tromper la vérification, ou lire le code. C’est assumé : il n’y gagnerait qu’un écusson, pour un geste qui prend trois minutes.

Les sucres

Un sucre, une piste

Pour l’objectif de taverne : relisez « Ce que fait la navigation privée » ; un seul des cinq observateurs ne voit pas votre visite. Pour l’objectif de donjon : le bloqueur doit être actif sur cette page précise.

Deux sucres, la méthode
  • Si vous avez mis ce site en liste blanche (la liste des sites où le bloqueur est coupé), retirez-le le temps de la quête.
  • Firefox sans extension bloque les traqueurs connus, mais pas un emplacement servi par le site lui-même. Faites l’étape 2 ou le geste 2 de l’étape 4. Brave active ce signal par défaut.
  • Rechargez la page après chaque changement de réglage : le signal est lu au chargement.
Trois sucres, la solution
  • Objectif de taverne : la personne qui utilise l’ordinateur après vous ne voit pas votre visite. Le site, votre fournisseur d’accès et Google, si vous êtes connecté, la voient. L’administration peut obtenir, sur réquisition (une demande officielle de la police ou de la justice), les données de connexion de votre fournisseur d’accès.
  • Objectif de donjon : sous Chrome, uBlock Origin Lite en filtrage de base peut laisser passer l’appât. Passez son filtrage au niveau « optimal » pour ce site, ou faites la quête dans Firefox avec uBlock Origin.

Pour comprendre

À lire à votre rythme

La boussole

Par rapport à Chrome connecté à Google, la salle change surtout ce que voient les plateformes, et presque rien pour les autres observateurs.
Axe Pourquoi
GardeCette salle ne touche ni à votre argent ni à vos clés.
JuridictionVos recherches cessent d’alimenter un dossier tenu par une plateforme américaine. Le reste ne bouge pas.
MonnaieAucun centime n’est en jeu.
DiscrétionUn net gain face aux plateformes, aucun face aux autres observateurs. Le détail est dans les caméras ci-dessous.
ConfortLes pages sont plus légères, il y a moins de publicités, et le geste reste le même.
Prudence (un risque existant réduit)Moins de publicités, donc moins de fausses publicités piégées sur lesquelles cliquer par erreur. Le nouveau risque, quelques sites cassés, se règle en deux clics.

Les quatre caméras

Caméra Ce qu’elle voit, comparé au village
du Badaud (le curieux, le voleur) La même chose s’il tient votre appareil. Mais un navigateur non synchronisé lui ferme vos autres appareils.
du Changeur (la banque) La même chose : elle n’a jamais vu votre navigation, et elle voit toujours vos paiements.
du Marchand (la plateforme : Google, régies, réseaux sociaux) Beaucoup moins : vos recherches ne sont plus reliées à votre compte, la plupart des traqueurs sont bloqués, et les cookies sont rangés site par site. Tout le gain de la salle est ici.
de l’Intendance (l’administration) La même chose : votre fournisseur d’accès garde un an vos données de connexion (qui s’est connecté, quand, avec quelle adresse IP, c’est-à-dire le numéro de votre connexion). Il voit aussi les noms des sites visités. C’est le sujet de la Diligence aux Rideaux Tirés.

Le sergent Firmin : « La caméra du Marchand regarde le mur, chef. Celle de l’Intendance vous voit toujours, et aucun navigateur n’y changera rien. »

Les risques, chiffrés

Quatre risques face à Chrome et Google, dont un seul compte vraiment : vous croire invisible, alors que rien n’est caché à votre fournisseur d’accès.
Risque En une ligne
1. Des sites cassés Occasionnel. Deux clics le règlent, site par site.
2. Une extension qui trahit Faible avec uBlock Origin. Plus élevé avec un bloqueur inconnu.
3. Des résultats de recherche moins bons Possible pour les recherches très locales. !g le règle.
4. Se croire invisible Le vrai risque : rien n’est caché à votre fournisseur d’accès.
1. Des sites cassés
  • Possible ? Oui. C’est le nouveau risque principal de cette salle.
  • Probable ? Occasionnel : un bouton de paiement qui ne répond pas, une vidéo qui ne s’affiche pas, un site de presse qui demande de couper le bloqueur. Aucun chiffre fiable sur la fréquence.
  • Coût : deux clics. Le lion de Brave, le bouclier de Firefox ou le bouton marche-arrêt d’uBlock Origin coupe la protection pour ce site seulement.
  • Tendance : aucun chiffre fiable.
  • Durée : chaque exception se règle une fois.
  • Comparé au village : avec Chrome, les sites marchent, et les traqueurs aussi.
2. Une extension qui trahit
  • Possible ? Oui. Une extension voit tout ce que vous voyez. Une extension populaire peut être rachetée, puis modifiée.
  • Probable ? Faible avec uBlock Origin : son code est public, il est maintenu depuis des années, sans modèle publicitaire. Plus élevé avec un « bloqueur » inconnu et gratuit, trouvé par une publicité.
  • Coût : potentiellement tout votre historique de navigation.
  • Tendance : aucun chiffre fiable.
  • Durée : tant que l’extension reste installée.
  • Comparé au village : Chrome connecté à Google collecte déjà, en permanence et ouvertement. D’où la règle : une seule extension de blocage, la bonne.
3. Des résultats de recherche moins bons
  • Possible ? Oui, surtout pour les recherches très locales : un artisan, un horaire de mairie.
  • Probable ? De temps en temps.
  • Coût : quelques secondes. !g envoie la recherche à Google, sans votre compte.
  • Tendance : stable.
  • Durée : le temps d’une recherche.
  • Comparé au village : Google donne de bons résultats locaux, parce qu’il sait où vous êtes et ce que vous cherchez d’habitude.
4. Se croire invisible
  • Possible ? Oui. Un nouveau navigateur et un bloqueur ne changent rien pour votre fournisseur d’accès, votre employeur ou l’administration. Ils ne cachent pas votre adresse IP. Si vous vous connectez à Facebook dans Brave ou Firefox, Facebook sait toujours que c’est vous.
  • Probable ? C’est l’erreur la plus courante après un changement de navigateur.
  • Coût : une mauvaise décision, prise sur une fausse confiance.
  • Tendance : stable.
  • Durée : tant que l’on y croit.
  • Comparé au village : avec Chrome, personne ne se croit invisible. Les caméras ci-dessus disent qui vous voit encore.

Oubliette : l’Extension Miracle. Vous installez une extension « anti-pistage » inconnue. Elle voit toutes vos pages, et elle piste à la place des autres. Installez un seul bloqueur, connu, depuis le magasin officiel (le site d’extensions de votre navigateur), et vérifiez son auteur.

Partageot, l’écuyer de votre compagnie, qui partage tout : « J’ai installé “Anti-Pistage Ultra”, cinq étoiles, gratuit. Il envoie chaque page que je visite à son éditeur, alors au moins quelqu’un sait où j’en suis. »

Ce que dit la loi

En bref : aucun texte ne vous oblige à afficher une publicité, ni à accepter un traqueur ; votre fournisseur d’accès garde vos données de connexion un an, quel que soit votre navigateur.
La loi en détail : bloquer, le consentement, le signal GPC, la conservation des données
  • Bloquer. C’est votre logiciel, sur votre appareil. Aucun texte n’oblige un internaute à afficher une publicité.
  • Le consentement. Un site doit vous demander votre accord avant de déposer un traqueur qui ne sert pas à son fonctionnement. C’est l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, contrôlé par la CNIL. La CNIL sanctionne : 8 sanctions pour 421 millions d’euros entre 2020 et 2022, puis 325 millions d’euros contre Google et 150 millions d’euros contre Shein, le 1er septembre 2025. Entre janvier 2021 et août 2022, la part des 1 000 sites les plus visités en France qui déposaient plus de six cookies tiers est passée de 24 % à 12 %. Votre bloqueur applique d’office un refus que la loi vous permet déjà d’exprimer, bannière par bannière.
  • Le signal GPC. La loi californienne sur la vie privée (CCPA) l’impose : les entreprises doivent le traiter comme une demande valable de ne pas vendre vos données. En Europe, aucun texte ne le nomme. Ses promoteurs le présentent comme l’expression des droits du RGPD (le règlement européen sur les données personnelles) sur le consentement et l’opposition (articles 7 et 21).
  • La conservation des données. Votre fournisseur d’accès conserve vos données de connexion un an, sur injonction renouvelée chaque année. Le décret n° 2026-920 du 30 septembre 2026 a reconduit cette obligation. Aucun navigateur n’y change rien : voyez la Diligence aux Rideaux Tirés.

Les chiffres sont dans Le Greffe · La loi en chiffres.

Pour aller plus loin

8 salles pour continuer, dans cette aile et les autres.

Dans la Tour aux Volets

Dans l’Aile du Trésor

Dans la Volière

Sources

Vérifiées en octobre 2026.

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