La Tour aux Volets · sous-sol
Les Souterrains à Trois Relais · Tor : se fondre dans la foule
Trois elfes se passent votre lanterne dans le noir. Chacun ne connaît que celui d'avant et celui d'après. C'est lent, c'est sombre, et personne ne sait d'où vous venez.
La boussole de la salle6 de liberté sur 15, et les quatre caméras
Chaque axe est noté de 0 à 3 : ce que cette salle change, comparé au village (ce que vous faites déjà), jamais comparé à la perfection.
Ce que vous gagnez en liberté
- Garde : 0 sur 3, rien ne change qui tient la chose : vous, ou un tiers.
- Juridiction : 2 sur 3, nettement loin d'un point unique : une banque, un État, un prestataire.
- Monnaie : 0 sur 3, rien ne change le choix de la monnaie.
- Discrétion : 3 sur 3, changement net moins vu ; le détail, caméra par caméra, est plus bas.
- Prudence : 1 sur 3, un peu un risque que vous aviez déjà, réduit.
Les cinq additionnés : 6 de liberté sur 15, pour un effort de 2 sur 5.
- Effort
- 2 sur 5
- Liberté
- 6 de liberté sur 15
- Genre de salle
- Pépite : beaucoup de liberté, peu d'effort
Le prix en confort
Confort : 1 sur 3, plus pénible 3 : aussi simple qu'aujourd'hui ; 0 : nettement plus pénible.
Le confort ne compte pas dans la liberté : il dit ce que le geste vous coûte en simplicité. Trois tasses pleines, et vous ne sentez presque rien.
Les quatre caméras
Une caméra par observateur. Leur pose dit ce que chacune voit encore de vous, comparé au village (ce que vous faites déjà).
Badaud (le curieux, le voleur)
ne voit plus rien : ne voit plus rien de ce geste, gain de discrétion 3 sur 3
Changeur (la banque)
comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3
Marchand (la plateforme)
ne voit plus rien : ne voit plus rien de ce geste, gain de discrétion 3 sur 3
Intendance (l'administration)
ne voit plus rien : ne voit plus rien de ce geste, gain de discrétion 3 sur 3
À gagner Voici les caméras une fois l'objectif de donjon accompli. Avant le geste, toutes vous regardent, comme au village.Gagné Vous avez accompli l'objectif de donjon de cette salle : les caméras ont pivoté pour de bon.
La caméra du Changeur (la banque) vous voit toujours ici, et c'est normal : cette salle ne s'occupe pas d'elle.
Quête Trois relais, aucun ne sait
Le défi de la taverneparchemin fermé
Ouvrez la salle dans Tor Browser, ou une fenêtre privée avec Tor de Brave. La Cafetière repère les indices habituels (fuseau horaire UTC, fenêtre aux dimensions arrondies), ou à défaut charge l'image en .onion.
Il rapporte l'écusson « Lecteur lent de Wikipédia » peint, et 20 liards.
Le bonus du donjonparchemin fermé
Chargez l'image que seul le réseau Tor peut servir (une adresse en .onion).
Il rapporte l'écusson « Lecteur lent de Wikipédia » forgé, et 40 liards.
Les deux objectifs sont indépendants. La Cafetière vérifie votre preuve dans votre navigateur, puis inscrit votre drapeau dans votre parchemin. Effort : 2 sur 5. Liberté gagnée : 6 sur 15.
Pas encore de parchemin ? Levez la Herse : deux minutes, un crayon. Vous en avez un ?Décachetez-le à la Herse pour voir où vous en êtes.
L’essentiel en cinq lignes
- Où vous êtes : aux Souterrains à Trois Relais, dans l’aile du château (le site) consacrée à la vie privée.
- Ce que vous apprenez : Tor fait passer votre connexion par trois ordinateurs intermédiaires. Tor Browser fait ressembler votre navigateur à celui des autres utilisateurs.
- Ce que vous faites : vous installez Tor Browser, puis ouvrez une image que seul Tor sait afficher.
- Ce qu’il vous faut : un ordinateur, aucun argent, aucun compte. Durée : un quart d’heure.
- Ce que vous y gagnez : les sites et les publicitaires ne voient plus votre adresse IP, ni ce qui distingue votre navigateur.
Pourquoi cette salle, et l'histoire
Comment cesser d’être reconnaissable à votre adresse IP et à votre navigateur, quand aucun outil ne vous rend invisible ?
Sur le web ordinaire, votre navigateur se reconnaît. Votre adresse IP (le numéro de votre connexion internet) dit à peu près d’où vous venez. Votre empreinte, l’ensemble des réglages que le site lit (taille d’écran, polices, fuseau horaire, version) vous distingue des autres. Vous n’avez pas de nom, mais vous avez une silhouette.
Tor ne vous rend pas invisible : il vous rend semblable. Votre connexion passe par trois relais : des ordinateurs tenus par des bénévoles, qui font suivre le trafic. Le site voit l’adresse du dernier relais, pas la vôtre. Tor Browser donne presque la même empreinte à tous ses utilisateurs.
À la fin de la salle, vous saurez vous servir de Tor Browser. Vous saurez ce que voient encore le site et votre fournisseur d’accès (votre opérateur internet), et quels gestes annulent Tor.
Percolozor, en voix off. J’ai voulu ces souterrains lents, sombres et mal chauffés. Pour une fois, ce n’est pas un problème de budget : c’est le principe.
L’histoire
En 1995, trois chercheurs d’un laboratoire de la marine américaine se posent une question. Comment communiquer sur internet sans qu’un observateur du réseau sache qui parle à qui ?
Chiffrer le contenu ne suffit pas. L’enveloppe parle : l’adresse de départ, l’adresse d’arrivée, l’heure. Leur réponse s’appelle le routage en oignon. Le message est enveloppé dans plusieurs couches de chiffrement. Il passe par plusieurs intermédiaires. Chacun retire une couche et ne connaît que son voisin immédiat.
Le réseau Tor (The Onion Routing) est mis en service en octobre 2002, avec un code libre (que chacun peut lire et réutiliser). Fin 2003, il compte une douzaine de relais tenus par des bénévoles. Le Tor Project devient une association à but non lucratif en 2006.
Pourquoi une marine ouvre-t-elle son outil à tout le monde ? Si seuls les marins s’en servent, toute connexion à Tor désigne la marine. C’est la diversité des utilisateurs qui protège chacun : le journaliste, le militaire et la retraitée qui lit des articles de santé.
Le 16 décembre 2013, un étudiant de Harvard envoie de fausses alertes à la bombe pour échapper à un examen. Il passe par une messagerie jetable, à travers Tor. Tor tient : l’adresse de l’étudiant n’apparaît pas dans les courriels. Mais l’université consulte les journaux de son propre Wi-Fi (le registre des connexions). Dans les heures précédentes, cet étudiant s’est connecté à Tor depuis le campus. Interrogé, il avoue.
Tor a fait ce qu’il promet : cacher ce que vous faites. Il ne cache pas que vous l’utilisez, si vous êtes seul à le faire sur un réseau qui note tout.
Paul, un cas fictif, lit chaque soir des forums sur la maladie rare de son fils. Il préfère que la régie publicitaire de ces forums ne le classe pas « parent inquiet, à cibler ». Sous Tor Browser, la régie voit un lecteur parmi d’autres, venu d’un relais en Allemagne, avec une empreinte commune.
Sylvestre, l’elfe de la compagnie qui pousse la discrétion trop loin : « Tor cache ce que vous faites, pas le fait que vous l’utilisez. Moi, je m’y connecte depuis trois Wi-Fi différents le même soir, pour que personne ne sache lequel est chez moi. »
Ce que vous faites
La recette
La recette tient en six étapes. À la fin, Tor Browser est installé, et vous savez vous en servir sans annuler sa protection.
Étape 1 : téléchargez Tor Browser
Tor Browser est un navigateur gratuit, publié par le projet Tor pour Windows, macOS et Linux.
- Tapez vous-même l’adresse
torproject.org. Le site vous renvoie versdownload.torproject.org. - Téléchargez la version de votre système. Ne passez par aucun autre site, ni par un lien reçu par message.
- Si vous le souhaitez, vérifiez la signature du fichier : une preuve que le fichier vient bien du projet. Elle est publiée sur la même page.
Étape 2 : installez-le et connectez-vous
- Installez Tor Browser comme n’importe quel logiciel, puis lancez-le.
- Cliquez sur « Se connecter ». La première connexion prend de quelques secondes à une minute : Tor Browser choisit ses trois relais.
- Cochez « Toujours se connecter automatiquement » si vous le souhaitez.
Étape 3 : réglez le niveau de sécurité
Le niveau de sécurité se règle avec l’icône du bouclier, en haut à droite. Il en existe trois :
- Standard : tout fonctionne. C’est le réglage par défaut.
- Plus sûr : le JavaScript (les programmes que les pages font tourner) est coupé sur les sites sans HTTPS, c’est-à-dire sans le cadenas du chiffrement. Certaines polices sont bloquées, et les sons et vidéos se lancent au clic. Le château fonctionne à ce niveau.
- Le plus sûr : le JavaScript est coupé partout, et certaines images sont bloquées. Beaucoup de sites, le château compris, s’affichent mal.
Choisissez « Standard » ou « Plus sûr ».
Étape 4 : ouvrez le château et comparez
- Tapez l’adresse du château dans Tor Browser.
- Ouvrez le panneau des Points de Vie privée (ce que le château sait de vous).
- Lisez ce qu’il affiche : fuseau horaire UTC (l’heure universelle, la même pour tous), petit choix de langues, fenêtre aux dimensions arrondies, version générique de Firefox.
Vous ressemblez aux autres utilisateurs de Tor Browser : c’est le but.
Étape 5 : appliquez les cinq règles
Tor protège le trajet. Ces cinq règles protègent le reste, et elles comptent plus que tout réglage.
- Ne vous connectez pas à vos comptes personnels dans Tor Browser. Le site saura que c’est vous, relais ou pas.
- N’installez aucune extension. Chaque ajout vous distingue des autres. Le projet Tor déconseille aussi d’utiliser Tor avec un autre navigateur.
- Ne modifiez pas les réglages avancés. Chaque retouche vous distingue. Les marges grises autour de la page sont voulues : elles ramènent la fenêtre à quelques tailles communes.
- Préférez les sites en HTTPS. Le dernier relais, dit relais de sortie, voit ce qui n’est pas chiffré.
- N’ouvrez pas un document téléchargé par Tor pendant que vous êtes connecté. Un PDF ou un fichier de traitement de texte peut charger des éléments en ligne hors de Tor, avec votre vraie adresse.
Le bouton « Nouvelle identité » (l’icône du balai) ferme tout, efface les cookies et change de circuit.
Étape 6 : emportez votre parchemin avant de fermer
À la fermeture, Tor Browser efface tout : historique, cookies, mémoire des sites. Il efface donc aussi la copie de votre progression que garde le navigateur.
- Avant de fermer, emportez votre parchemin.
- À la prochaine visite, décachetez-le avec vos Douze.
C’est le geste du Puits du Revenant · Tout perdre, tout retrouver.
Les variantes : le téléphone, les ponts, Tails, OnionShare, et ce qu'il ne faut pas confondre
Variante : Tor Browser sur Android
Effort en plus : aucun
Ce que vous gagnez : la même protection, sur le téléphone
Ce que vous risquez : rien de plus
Variante : Onion Browser sur iPhone
Effort en plus : aucun
Ce que vous gagnez : le réseau Tor, sur le téléphone
Ce que vous risquez : une empreinte moins uniforme que sur ordinateur
Variante : Les ponts
Effort en plus : un réglage, une connexion plus lente
Ce que vous gagnez : votre fournisseur d’accès ne voit plus que vous utilisez Tor
Ce que vous risquez : rien de plus
Variante : Tails
Effort en plus : une clé USB, un redémarrage
Ce que vous gagnez : un système entier qui passe par Tor et oublie tout
Ce que vous risquez : moins de confort
Variante : OnionShare
Effort en plus : une application à installer
Ce que vous gagnez : partager un fichier avec un proche, sans serveur ni compte
Ce que vous risquez : votre ordinateur doit rester allumé jusqu’au téléchargement
Sur Android, Tor Browser existe en version officielle, sur le site du projet et dans les magasins d’applications. Les règles sont les mêmes.
Sur iPhone, Tor Browser n’existe pas. Le projet Tor recommande Onion Browser, une application libre développée en lien étroit avec lui. Apple impose à tous les navigateurs le moteur de Safari (WebKit). Onion Browser ne peut donc pas offrir les mêmes protections que Tor Browser. Pour cette salle, préférez l’ordinateur.
Les ponts servent quand un réseau bloque Tor : un Wi-Fi d’hôtel ou d’entreprise, certains pays. Ils servent aussi si vous préférez que l’usage de Tor ne se voie pas. Un pont est un relais absent de la liste publique. Les ponts utilisent des modes de déguisement (obfs4, Snowflake, WebTunnel). Ils font passer le trafic Tor pour autre chose : du bruit, un appel vidéo, une visite web ordinaire.
- Dans Tor Browser, ouvrez Paramètres, puis « Connexion ».
- Dans la section « Ponts », choisissez un pont intégré. Snowflake est le plus simple.
- Reconnectez-vous. La connexion est plus lente : c’est normal.
OnionShare partage un fichier avec un proche par le réseau Tor, sans serveur, sans compte et sans passer par un stockage en ligne. C’est un logiciel libre, maintenu : sa version 2.7 est sortie le 16 octobre 2026, pour Windows, macOS et Linux, avec des applications pour Android et iPhone.
- Ouvrez OnionShare, choisissez « Partager des fichiers », puis ajoutez le fichier.
- Cliquez sur « Commencer le partage ». OnionShare affiche une adresse en
.onionet une clé privée. - Envoyez l’adresse et la clé à votre proche, par une messagerie chiffrée.
- Votre proche ouvre l’adresse dans Tor Browser, saisit la clé et télécharge le fichier, directement depuis votre ordinateur.
L’adresse est temporaire. Par défaut, le partage s’arrête après le premier téléchargement complet, et l’adresse cesse de répondre dès que vous fermez OnionShare. Personne d’autre que vous deux ne garde de copie.
Tails est un système complet qui démarre depuis une clé USB. Il fait tout passer par Tor et oublie tout à l’extinction. C’est un sujet à part entière, à garder en tête.
Ce qu’il ne faut pas confondre :
- Mullvad Browser a les protections d’empreinte de Tor Browser, sans le réseau Tor. Il ne cache pas votre adresse IP. On l’associe à un VPN (un service qui fait passer votre connexion par son serveur).
- Le « mode Tor » de certains navigateurs passe par les relais, mais garde l’empreinte de votre navigateur. Vous n’entrez pas dans la foule.
- Un VPN est un seul intermédiaire, qui voit ce que votre fournisseur d’accès ne voit plus. Tor en met trois, et aucun ne voit les deux bouts. Voir la Diligence aux Rideaux Tirés · VPN et fournisseur d’accès : déplacer la confiance.
Le défi de la taverne
ouvrir la salle dans Tor Browser
Ouvrez cette salle dans Tor Browser (étape 4), ou dans une fenêtre privée avec Tor de Brave, puis donnez votre preuve. Vous n’avez rien à saisir.
Le bonus du donjon
charger l'image en .onion
Dans Tor Browser, donnez votre preuve : la Cafetière demande une petite image à une adresse .onion, que seul le réseau Tor sait joindre. Vous n’avez rien à saisir.
Ce que vous gagnez
Le verdict
Écusson forgé : Lecteur lent de Wikipédia. Vous avez chargé une page par trois relais, dans un navigateur qui ressemble à tous les autres. Statistiquement, vous êtes maintenant un journaliste, un dissident, ou quelqu’un qui lit Wikipédia lentement. Sans pouvoir la modifier, d’ailleurs : Wikipédia refuse les retouches venues de Tor.
Percolozor, en voix off. Je vous ai fait traverser un réseau financé à l’origine par le contribuable américain. Bercy n’a pas été consulté : il aurait proposé une redevance par relais.
Bloqué ?
La vérification, les sucres et le déca
Voir l'aide de la Cafetière
- Les sucres : trois indices gratuits, à ouvrir un par un. Un sucre donne une piste, deux la méthode, trois la solution. Votre journal note seulement combien vous en prenez.
- Le déca : vous lisez la salle sans faire la quête. Vous n'avez pas l'écusson, mais le chemin continue, et vous revenez quand vous voulez.
Comment la Cafetière vérifie, chez vous
Une seule chose sort de votre navigateur : la demande de l’image, envoyée par Tor au service .onion du projet Tor, sans référent. Elle part au moment où vous donnez votre preuve, pas avant.
Le détail de la vérification
- Objectif de taverne : les indices habituels de Tor Browser sont lus sur place, sans aucune requête : fuseau horaire UTC, version générique de Firefox, fenêtre aux dimensions arrondies. Sans ces indices (Brave n’est pas un Firefox), la Cafetière tente l’image en
.onionde l’objectif de donjon. - Objectif de donjon :
- Quand vous donnez votre preuve, votre navigateur demande une petite image : l’icône du site officiel du projet Tor, à son adresse
.onion. Le service ne voit qu’un circuit Tor, jamais votre adresse. - Hors de Tor, l’image ne se charge pas. La norme qui réserve le suffixe
.onion(RFC 7686) demande aux logiciels de ne pas le chercher comme une adresse ordinaire. Au bout de quinze secondes, la Cafetière conclut que le chemin n’existe pas. - Par Tor (Tor Browser, ou une fenêtre privée avec Tor de Brave), l’image arrive : c’est la preuve que le navigateur passe par Tor.
- Quand vous donnez votre preuve, votre navigateur demande une petite image : l’icône du site officiel du projet Tor, à son adresse
- Peut-on tricher ? Oui, et nous le disons. Un Firefox renforcé, comme Mullvad Browser, passe pour Tor Browser à l’objectif de taverne. Quelqu’un qui modifie le code de la page dans son navigateur peut faire croire que l’image est arrivée. Mais une page qui n’a pas été trafiquée ne la reçoit que par Tor : le plus simple, pour tricher, reste de faire le geste.
Hors de Tor, la Cafetière affiche :
> le cadre est vide. votre navigateur ne connaît pas le chemin.
> ce n'est pas une erreur : c'est la leçon de la salle.Les sucres
Un sucre, une piste
Le cadre est vide ? Votre navigateur ne connaît pas le chemin. Certaines adresses n’existent pas sur le web ordinaire, et votre navigateur habituel ne sait pas les demander.
Deux sucres, la méthode
Relisez les étapes 1 à 4 : ouvrez cette salle dans Tor Browser, connecté, au niveau « Standard » ou « Plus sûr ». Un VPN ne suffit pas : il ne sait pas joindre une adresse .onion.
Trois sucres, la solution
- « L’image .onion ne s’est pas chargée » dans Tor Browser : un service
.onionrépond parfois lentement. Cliquez sur « Nouveau circuit Tor pour ce site », dans le menu de la barre d’adresse, rechargez, puis redonnez votre preuve. - La page est blanche : vous êtes au niveau « Le plus sûr ». Passez en « Plus sûr » le temps de la quête.
- Le château ne retrouve pas votre progression : Tor Browser démarre avec une mémoire vide. Décachetez votre parchemin avec vos Douze, puis revenez ici.
- Tor ne se connecte pas du tout : votre réseau le bloque. Utilisez un pont : Paramètres, Connexion, Ponts, Snowflake.
Pour comprendre
À lire à votre rythme
La boussole
Par rapport à votre navigateur habituel, Tor apporte le plus fort gain de discrétion contre le pistage par adresse IP et par empreinte, au prix de la vitesse.
| Axe | Pourquoi |
|---|---|
| Garde | Rien à garder. Tor ne tient aucune clé à votre place, et vous n’en tenez pas non plus. |
| Juridiction | Votre trafic sort par un relais tiré au hasard, souvent dans un autre pays. Aucun intermédiaire, dans aucun pays, ne voit les deux bouts. |
| Monnaie | Aucun argent en jeu. Tor est gratuit. |
| Discrétion | Le plus fort gain contre le pistage par adresse IP et par empreinte. |
| Confort | Plus lent, avec des tests « êtes-vous un robot ? » et quelques refus. Pour lire, ça va. |
| Prudence (un risque existant réduit) | Moins de profilage, donc moins de données à voler ou à revendre. |
Les quatre caméras
| Caméra | Ce qu’elle voit, comparé au village |
|---|---|
| du Badaud (le curieux, le voleur) | Sur le Wi-Fi d’un café, il voit du trafic chiffré vers un relais, rien d’autre. Sur l’ordinateur, Tor Browser ne garde ni historique ni cookies après fermeture. |
| du Changeur (la banque) | Rien ne change. Si vous ouvrez votre banque sous Tor, elle vous reconnaît, et elle risque de bloquer la connexion par prudence. |
| du Marchand (la plateforme) | Elle voit l’adresse d’un relais et une empreinte commune à tous les utilisateurs de Tor Browser. Aucun profil ne vous suit de site en site, si vous ne vous connectez pas à vos comptes. |
| de l’Intendance (l’administration) | Votre fournisseur d’accès voit une connexion à Tor, pas les sites. Avec un pont, il ne voit même pas Tor. |
Le sergent Firmin, le garde qui surveille les caméras : « Sous Tor, chef, le site voit un relais et votre fournisseur voit Tor. Si vous ouvrez votre compte habituel, je vous revois tout de suite, sans caméra. »
Pour voir la différence, ouvrez la Galerie des Miroirs Bavards · Ce qu’un site voit de vous dans votre navigateur habituel, puis dans Tor Browser.
Les risques, chiffrés
Six risques, comparés à Chrome ou Safari connecté à vos comptes depuis votre box : le plus important est de vous dénoncer vous-même.
| Risque | En une ligne |
|---|---|
| 1. Être repéré comme utilisateur de Tor | Certain pour votre fournisseur et les sites ; sans conséquence pour la plupart des gens. |
| 2. Se dénoncer soi-même | Le risque numéro un ; il annule le gain de la salle, sans aller au-delà. |
| 3. Un relais de sortie malveillant | Faible sur un site en HTTPS. |
| 4. Télécharger un faux Tor Browser | Réel hors du site officiel ; le coût est sérieux. |
| 5. Lenteur et refus de certains sites | Certain sur une partie du web ; il coûte de la patience. |
| 6. L’appareil lui-même | Tor ne protège pas un ordinateur infecté ni un téléphone saisi. |
1. Être repéré comme utilisateur de Tor
- Possible ? Oui. La liste des relais est publique. Votre fournisseur d’accès voit que vous vous connectez à Tor, et les sites voient que vous arrivez d’un relais.
- Probable ? Vous serez repéré, mais cela coûte peu : l’usage est répandu. Tor Metrics, le service de statistiques du projet, estime à environ 136 000 les utilisateurs quotidiens en France, soit environ 4 % du total mondial (sixième pays, page consultée en octobre 2026). Ce chiffre estime des connexions, pas des personnes.
- Coût : aucun, dans la plupart des cas. Sur un réseau qui note tout et où vous êtes seul à utiliser Tor, vous vous faites remarquer, comme l’étudiant de 2013.
- Tendance : stable en France. En décembre 2015, une note interne du ministère de l’Intérieur évoquait le blocage de Tor. Le gouvernement a répondu qu’il ne l’interdirait pas, et aucun texte ne l’a fait depuis.
- Durée : les données de connexion que la loi fait garder à votre fournisseur s’effacent au bout d’un an.
- Comparé au village : sans Tor, votre fournisseur peut voir le nom de chaque site que vous visitez. Avec Tor, il voit moins : une connexion vers un relais. Pour cacher même cela, utilisez les ponts.
2. Se dénoncer soi-même
- Possible ? Oui. Se connecter à son compte personnel, signer de son pseudonyme habituel, ouvrir un document téléchargé pendant la connexion.
- Probable ? C’est le risque le plus fréquent, de loin. Aucun chiffre fiable.
- Coût : le gain de la salle. Vous redevenez celui que vous étiez dans votre navigateur habituel, pas pire.
- Tendance : il dépend de vous seul.
- Durée : le temps de la session. La « Nouvelle identité » repart de zéro.
- Comparé au village : dans votre navigateur habituel, vous êtes reconnu en permanence. La parade tient en cinq règles (étape 5).
3. Un relais de sortie malveillant
- Possible ? Oui. Les relais sont tenus par des bénévoles, et le relais de sortie voit ce qui n’est pas chiffré.
- Probable ? Faible sur un site en HTTPS : il ne voit qu’un nom de domaine et des données chiffrées. Aucun chiffre fiable sur la part de relais malveillants.
- Coût : sur une page sans HTTPS, ce que vous y saisissez peut être lu.
- Tendance : l’immense majorité du web est désormais en HTTPS.
- Durée : le temps d’un circuit. Le relais d’entrée, dit relais de garde, reste le même pendant deux à trois mois. Cela réduit le risque de tomber un jour sur une entrée hostile.
- Comparé au village : votre fournisseur d’accès voit déjà ce nom de domaine tous les jours. Ne saisissez rien de sensible sur une page sans HTTPS.
4. Télécharger un faux Tor Browser
- Possible ? Oui, comme toute application téléchargée ailleurs que chez son éditeur.
- Probable ? Réel hors du site officiel. En mars 2023, Kaspersky a signalé de faux installateurs de Tor Browser, diffusés par des sites tiers. Ils avaient touché plus de 15 000 utilisateurs dans 52 pays.
- Coût : sérieux. Un faux navigateur voit tout. Celui de 2023 remplaçait les adresses de cryptomonnaie copiées : environ 400 000 dollars volés.
- Tendance : ces contrefaçons reviennent régulièrement, pour Tor comme pour les portefeuilles.
- Durée : jusqu’à la désinstallation, et plus si des mots de passe ont été lus.
- Comparé au village : c’est le cousin du faux site bancaire. La parade est la même : taper soi-même l’adresse officielle.
5. Lenteur et refus de certains sites
- Possible ? Oui. Certains services bloquent les relais de sortie connus.
- Probable ? Certain, sur une partie du web. Wikipédia, par exemple, se lit très bien sous Tor, mais en refuse les modifications.
- Coût : de la patience, et des tests « êtes-vous un robot ? ».
- Tendance : stable.
- Durée : le temps de la visite.
- Comparé au village : pour un site qui vous refuse, revenez au navigateur habituel. Le château, lui, fonctionne sous Tor, aux niveaux « Standard » et « Plus sûr ».
6. L'appareil lui-même
- Possible ? Oui. Tor ne protège pas un ordinateur infecté, ni un téléphone saisi et déverrouillé.
- Probable ? Aucun chiffre fiable.
- Coût : ce qui est sur l’appareil.
- Tendance : sans lien avec Tor.
- Durée : tant que l’appareil est compromis.
- Comparé au village : c’est vrai de tout navigateur, de toute banque en ligne, de toute messagerie. Tor n’ajoute pas ce risque et ne le retire pas.
Oubliette : le Compte sous Tor. Vous ouvrez votre compte personnel dans Tor Browser. Le site sait de nouveau qui vous êtes, Tor ou pas. Gardez vos comptes personnels dans votre navigateur habituel.
Sire Enguerrand, le chevalier qui fait confiance à ses habitudes : « J’ai ouvert ma messagerie dans Tor Browser, par habitude. Elle m’a salué par mon nom à travers trois relais, ce qui manquait de discrétion. »
Ce que dit la loi
En bref : aucun texte français n’interdit Tor, et utiliser un moyen de chiffrement ne demande aucune formalité ; votre fournisseur d’accès garde vos données de connexion un an.
La loi en détail : chiffrement, données de connexion, clés de déchiffrement
- Le chiffrement est libre. L’article 30 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN, 2004) dispose que l’utilisation des moyens de cryptologie est libre. L’ANSSI, l’agence nationale de la sécurité informatique, le rappelle : l’utilisateur n’a aucune formalité à faire. Tor est un moyen de cryptologie, c’est-à-dire un outil de chiffrement.
- Aucune interdiction. En décembre 2015, une note interne du ministère de l’Intérieur évoquait le blocage de Tor. Le gouvernement a écarté l’idée, et aucun texte ne l’a reprise.
- Vos données de connexion sont gardées un an par votre opérateur, adresse IP comprise. C’est l’article L. 34-1 du code des postes et des communications électroniques. Le décret n° 2026-920 du 30 septembre 2026 reconduit pour un an l’obligation de garder les données de trafic. La loi exclut le contenu des échanges et les informations consultées. Sous Tor, l’opérateur peut noter une connexion vers un relais, pas les sites lus.
- La clé de déchiffrement. L’article 434-15-2 du code pénal punit de 3 ans de prison et 270 000 € d’amende un refus précis. Il s’agit de refuser de remettre à la justice la clé d’un moyen de chiffrement susceptible d’avoir servi à un crime ou un délit. Le Conseil constitutionnel l’a validé en 2018 (décision n° 2018-696 QPC). La Cour de cassation a jugé en 2022 que le code de déverrouillage d’un téléphone peut entrer dans ce cas. Cela concerne une personne déjà mise en cause dans une procédure pénale, pas la lecture du web sous Tor.
- Ce que Tor ne change pas : ce que la loi interdit hors de Tor, elle l’interdit aussi dedans. Tor change le trajet, pas le code pénal.
- Faire tourner un relais, surtout un relais de sortie, est un autre sujet : le trafic des autres sort sous votre adresse. Cette salle ne le traite pas.
Les autres chiffres de la loi sont au Greffe · La loi en chiffres.
Pour aller plus loin
9 salles pour continuer, dans cette aile et les autres.
Dans la Tour aux Volets
- La Galerie des Miroirs Bavards · Ce qu’un site voit de vous : comparez votre empreinte dans votre navigateur habituel et dans Tor Browser.
- La Diligence aux Rideaux Tirés · VPN et fournisseur d’accès : déplacer la confiance : l’autre façon de cacher son adresse, avec un seul intermédiaire, plus rapide et moins anonyme.
- L’Écurie des Montures · Navigateur, bloqueur, moteur de recherche : pour le quotidien, quand Tor est trop lent.
- La Garde-Robe · Cloisonner : une identité par usage : Tor pour un usage, votre navigateur habituel pour un autre.
Dans l’Aile du Trésor
- Le Puits du Revenant · Tout perdre, tout retrouver : réussi depuis Tor Browser, le jet de sauvegarde (l’épreuve où vous restaurez votre progression dans un autre navigateur) donne l’écusson Revenant d’outre-Tor.
- Le Poste de Garde aux Caméras · La discrétion : ce qu’un curieux peut retrouver : consulter un explorateur de blocs (un site qui affiche les transactions publiques) sous Tor, pour qu’il ne relie pas votre adresse IP à vos adresses. Écusson Drapeau sous Tor.
- Le Sas des Brumes · Monero : la monnaie qui ne raconte rien et le Marché de l’Arrière-Cour · Acheter sans guichet (pair à pair) : certains outils de pair à pair passent par Tor.
Dans la Volière
- La Salle du Tri Postal · L’enveloppe parle plus que la lettre : le même raisonnement que Tor, appliqué aux messageries. On cache qui parle à qui, pas seulement ce qui est dit.
Sources
Vérifiées en octobre 2026.
- Tor Project, histoire du routage en oignon (1995, trois chercheurs du Naval Research Lab ; mise en service en octobre 2002 ; une douzaine de relais fin 2003 ; association en 2006) : https://www.torproject.org/about/history/
- Tor Project, présentation de Tor Browser (trois relais, résistance à l’empreinte, cookies limités à la session) : https://support.torproject.org/tor-browser/getting-started/about-tor-browser/
- Tor Project, anti-empreinte (fenêtre arrondie à un multiple de 200 × 100 pixels, letterboxing, langues restreintes, agent uniformisé) : https://support.torproject.org/anti-fingerprinting/
- Tor Project, fuseau horaire présenté aux sites (heure UTC toute l’année) : https://gitlab.torproject.org/tpo/applications/tor-browser/-/commit/9983dfeb352f825af9ca4d7d770b228fe01dc7ea
- Tor Project, Tor sur iPhone (Onion Browser recommandé, limite de WebKit) : https://support.torproject.org/tormobile/tormobile-3/
- Tor Project, page de téléchargement (ordinateur, Android) : https://download.torproject.org/
- Spécifications de Tor et relais de garde (le même pendant deux à trois mois) : https://spec.torproject.org/intro/index.html ; https://support.torproject.org/tor-browser/security/guard-relay/
- Ponts et transports enfichables : https://support.torproject.org/tor-browser/circumvention/unblocking-tor/ ; https://support.torproject.org/little-t-tor/circumvention/using-bridges/
- Niveaux de sécurité de Tor Browser : https://support.torproject.org/security-settings/
- Conception de Tor Browser (navigation privée permanente, uniformisation) : https://2019.www.torproject.org/projects/torbrowser/design/
- Tor Metrics, utilisateurs par pays (France : 135 824 par jour en moyenne, 4,22 %, sixième pays ; page consultée en octobre 2026, période non affichée) : https://metrics.torproject.org/userstats-relay-table.html
- Eckersley, « How Unique Is Your Web Browser? », EFF, 2010 (83,6 % d’empreintes uniques chez des internautes soucieux de leur vie privée) : https://coveryourtracks.eff.org/static/browser-uniqueness.pdf
- Laperdrix et al., AmIUnique, IEEE S&P 2016 (environ 90 % d’empreintes uniques) : https://www.ieee-security.org/TC/SP2016/slides/25-3/laperdrix.pdf
- Gómez-Boix, Laperdrix et Baudry, « Hiding in the Crowd », WWW 2018 (33,6 % d’empreintes uniques sur un grand site français) : https://ir.webis.de/anthology/2018.wwwconf_conference-2018.30/
- The Harvard Crimson, 17 décembre 2013, citant la déclaration sous serment du FBI (connexion à Tor par le Wi-Fi de Harvard dans les heures précédant les courriels) : https://www.thecrimson.com/article/2013/12/17/student-charged-bomb-threat/
- Kaspersky, 28 mars 2023, faux installateurs de Tor Browser (plus de 15 000 utilisateurs touchés dans 52 pays, environ 400 000 dollars volés) : https://www.kaspersky.com/about/press-releases/2023_new-clipper-malware-steals-us400000-in-cryptocurrencies-via-fake-tor-browser
- Article « Tor (network) » de Wikipédia (blocage des modifications depuis Tor) : https://en.wikipedia.org/wiki/Tor_(network)
- RFC 7686, le domaine spécial
.onion: https://www.rfc-editor.org/rfc/rfc7686 - EFF, Surveillance Self-Defense, sur les VPN : https://ssd.eff.org/module/choosing-vpn-thats-right-you
- ANSSI, liberté d’utilisation des moyens de cryptologie : https://cyber.gouv.fr/crypto-le-webdoc/chapitre-iii-s%C3%A9curit%C3%A9-secret-et-l%C3%A9galit%C3%A9/ ; https://cyber.gouv.fr/controle-relatif-un-moyen-de-cryptologie
- Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, article 30 : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000801164
- Code pénal, article 434-15-2 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032654251
- Conseil constitutionnel, décision n° 2018-696 QPC du 30 mars 2018 : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000036756798
- Cour de cassation, assemblée plénière, 7 novembre 2022, n° 21-83.146 : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000046583035
- Décret n° 2026-920 du 30 septembre 2026, injonction de conservation des données de connexion pour un an (JO du 3 octobre 2026) : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054945173
- Note interne du ministère de l’Intérieur évoquant le blocage de Tor, révélée par Le Monde le 4 décembre 2015 (secondaire) : https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-la-police-francaise-veut-interdire-tor-et-les-hotspots-wifi-publics-63207.html
- Réponse du gouvernement, décembre 2015 : pas d’interdiction de Tor (secondaire) : https://securityaffairs.com/42737/intelligence/french-gov-will-not-block-tor.html
- OnionShare, site officiel (Windows, macOS, Linux ; applications Android et iPhone) : https://onionshare.org/
- OnionShare, version 2.7 publiée le 16 octobre 2026 : https://github.com/onionshare/onionshare/releases/tag/v2.7
- OnionShare, documentation (le serveur tourne sur votre ordinateur, clé privée, arrêt après le premier téléchargement, adresse coupée à la fermeture) : https://docs.onionshare.org/2.6/en/features.html