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Bas de Laine

L'Aile du Trésor · rez-de-chaussée

La Galerie des Pièces Rognées · Qui tient la monnaie

Des portraits de souverains, chacun à côté de la pièce qu'il a frappée, un peu plus petite que celle de son père. Au bout, un balcon donne sur le Donjon.

La boussole de la salle1 de liberté sur 15, et les quatre caméras

Chaque axe est noté de 0 à 3 : ce que cette salle change, comparé au village (ce que vous faites déjà), jamais comparé à la perfection.

Ce que vous gagnez en liberté

  • Garde : 0 sur 3, rien ne change qui tient la chose : vous, ou un tiers.
  • Juridiction : 0 sur 3, rien ne change loin d'un point unique : une banque, un État, un prestataire.
  • Monnaie : 0 sur 3, rien ne change le choix de la monnaie.
  • Discrétion : 0 sur 3, rien ne change moins vu ; le détail, caméra par caméra, est plus bas.
  • Prudence : 1 sur 3, un peu un risque que vous aviez déjà, réduit.

Les cinq additionnés : 1 de liberté sur 15, pour un effort de 1 sur 5.

Effort
1 sur 5
Liberté
1 de liberté sur 15
Genre de salle
Échauffement : un peu de liberté, peu d'effort

Le prix en confort

Confort : 3 sur 3, aussi simple qu'avant 3 : aussi simple qu'aujourd'hui ; 0 : nettement plus pénible.

Le confort ne compte pas dans la liberté : il dit ce que le geste vous coûte en simplicité. Trois tasses pleines, et vous ne sentez presque rien.

Les quatre caméras

Une caméra par observateur. Leur pose dit ce que chacune voit encore de vous, comparé au village (ce que vous faites déjà).

  • Badaud (le curieux, le voleur)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

  • Changeur (la banque)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

  • Marchand (la plateforme)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

  • Intendance (l'administration)

    comme au village : vous voit comme au village, gain de discrétion 0 sur 3

Cette salle ne détourne aucune caméra : elle vous apprend à les reconnaître. Toutes vous voient comme au village, et c'est normal.

Quête Qui a rapetissé la monnaie ?

  • Le défi de la taverneparchemin fermé

    Le quiz du comptoir : cinq questions, un clic chacune, sur les chiffres à garder de la frise.

    Il rapporte l'écusson « Tonton de fin de repas » peint, et 10 liards.

    Le geste en détail
  • Le bonus du donjonparchemin fermé

    Faites vous-même la conversion sur le site de l'INSEE, puis collez le montant obtenu. La Cafetière accepte un écart de 2 %.

    Il rapporte l'écusson « Tonton de fin de repas » forgé, et 20 liards.

    Le geste en détail

Les deux objectifs sont indépendants. La Cafetière vérifie votre preuve dans votre navigateur, puis inscrit votre drapeau dans votre parchemin. Effort : 1 sur 5. Liberté gagnée : 1 sur 15.

Pas encore de parchemin ? Levez la Herse : deux minutes, un crayon. Vous en avez un ?Décachetez-le à la Herse pour voir où vous en êtes.

L’essentiel en cinq lignes

  1. Où vous êtes : la Galerie des Pièces Rognées, au rez-de-chaussée de l’Aile du Trésor, l’aile de la monnaie.
  2. Ce que vous apprenez : reconnaître les cinq gestes d’une autorité qui touche à la monnaie : rogner, imprimer, interdire, changer la règle, fermer le guichet.
  3. Ce que vous faites : vous lisez douze épisodes, de 1306 à 2022, puis vous mesurez vous-même une perte de pouvoir d’achat sur le site de l’INSEE.
  4. Ce qu’il vous faut : un navigateur, rien d’autre. Aucun compte, aucun argent. Durée : une demi-heure.
  5. Ce que vous y gagnez : lire une annonce monétaire avec cinq questions simples, et savoir ce que vaut vraiment un billet au fil des années.

Pourquoi cette salle, et l'histoire

Avant de toucher à un portefeuille : qui décide de ce que vaut l’argent que vous avez gagné, et comment le voir quand il y touche ?

Pas vous. Cette salle raconte sept siècles de réponses, de Philippe le Bel au Canada de 2022.

Vous n’y apprendrez aucune technique. Vous apprendrez à reconnaître un geste. Quand une autorité met la main sur la monnaie, elle utilise presque toujours l’un de ces cinq gestes : rogner, imprimer, interdire, changer la règle, fermer le guichet. La mesure est presque toujours présentée comme temporaire, technique et protectrice.

Cette salle ne cherche pas de coupable. Elle observe un mécanisme, comme on observe la marée : pour savoir à quelle heure ne pas laisser sa serviette sur le sable.

L’histoire

Paris, Noël 1306.

Depuis dix ans, le royaume vit avec une monnaie « faible » : des pièces qui contiennent moins d’argent qu’avant. La couronne a fabriqué beaucoup plus de pièces. Elle a réduit la part d’argent qu’elles contiennent. Par décision royale, elle a fixé ce que chacune vaut en livres tournois. La livre tournois est l’unité dans laquelle on écrit les prix et les dettes. La couronne a payé ses dettes en pièces allégées et gardé la différence entre la valeur inscrite et le coût du métal. Ce bénéfice s’appelle le seigneuriage.

Pendant ces dix ans, les loyers ont été réglés en pièces légères. Puis, en 1306, le roi décide que la monnaie redevient « bonne ». Sur le papier, rien ne change : le loyer reste du même nombre de livres. Mais la livre redevient lourde. Pour les locataires, les loyers fixés en monnaie faible triplent du jour au lendemain.

À Noël, les propriétaires, les prêteurs et les agents du fisc viennent réclamer leur dû. Le 29 décembre, les Parisiens incendient la maison d’Étienne Barbette, l’un des responsables de la fabrication des pièces. Puis ils assiègent le roi, réfugié au Temple, chez ses propres banquiers. Le roi le plus puissant d’Europe attend la fin de l’émeute derrière les murs des Templiers.

Quelques années plus tard, Dante lui consacre trois vers du Paradis : le roi qui, au bord de la Seine, cause du malheur « en falsifiant la monnaie ».

Dans cette scène, personne n’a rien volé au sens habituel. Aucun voleur n’est entré chez les locataires. Une ordonnance a suffi : le contenu de la monnaie a changé. Avec lui, la valeur de toutes les promesses écrites dans cette monnaie a changé aussi. Les locataires ont d’abord gagné, en payant en pièces légères. Puis ils ont tout reperdu d’un coup. Celui qui tient la monnaie peut déplacer la richesse d’un camp à l’autre sans toucher à une seule bourse.

Dame Escarbille, devant le tableau de 1306 : « Le loyer a gardé le même chiffre, mais la livre a changé de poids : tout le tour est là. J’ai vu faire, et c’est ce jour-là que j’ai décidé de garder mon or moi-même. »

Voilà le premier geste : rogner. Il en reste quatre.

Ce que vous faites

La recette

La recette tient en trois étapes : lire les douze épisodes, retenir la grille des cinq questions, puis mesurer vous-même une perte de valeur.

Étape 1 : lisez les douze épisodes

Lisez-les dans l’ordre, comme une frise. Retenez les chiffres en couleur : le quiz du comptoir en redemande cinq.

  1. Royaume de France, Paris · 1295-1306.

    La pièce maigrit.

    La couronne réduit l’argent contenu dans les pièces, mais leur garde par décret la même valeur : la pièce pèse moins, et compte autant. Elle paie ses dettes avec ces pièces allégées.

  2. Royaume de France, Paris · février 1720.

    La fin du papier miracle.

    John Law a fait adopter une monnaie de papier, garantie par les actions de la Compagnie du Mississippi. Les porteurs de billets veulent revenir aux pièces d’or et d’argent.

    Le 27 février, un arrêt du Conseil du roi leur interdit d’en détenir plus de 500 livres. Tout paiement de plus de 100 livres doit désormais se faire en billets.

  3. France · 1790-1796.

    Les assignats.

    Des billets garantis par les biens confisqués à l’Église deviennent une monnaie. L’État en imprime environ 45 milliards de livres.

    En février 1796, on brûle les planches d’impression place Vendôme. Les assignats ont alors perdu environ 99 % de leur valeur.

  4. Allemagne · 1923.

    Un dollar, 4 200 milliards de marks.

    Avant 1914, un dollar vaut 4,2 marks. Le 20 novembre 1923, il en vaut 4 200 milliards : la banque centrale (l’institution qui fabrique la monnaie du pays) imprime des marks pour payer les dépenses de l’État.

  5. États-Unis · 5 avril 1933.

    L’or à rendre avant le 1er mai.

    Un décret présidentiel oblige les particuliers à remettre leurs pièces, lingots et certificats d’or. L’État les paie 20,67 $ l’once (une once pèse environ 31 grammes). Peine encourue : jusqu’à 10 000 $ d’amende et 10 ans de prison.

    En janvier 1934, l’État fixe le prix officiel de l’or à 35 $ l’once. Le dollar perd ainsi 41 % de sa valeur en or.

  6. États-Unis · 15 août 1971.

    Une suspension « temporaire ».

    Depuis 1944, les banques centrales étrangères peuvent échanger leurs dollars contre de l’or, à 35 $ l’once : c’est une promesse. Ce soir-là, à la télévision, la Maison-Blanche annonce qu’elle « suspend temporairement » cet échange. La suspension n’a jamais été levée.

  7. Argentine · 1er décembre 2001.

    Le petit enclos.

    Le décret 1570/2001, surnommé le corralito (le petit enclos), plafonne les retraits en espèces à 250 pesos par semaine (un peso vaut alors un dollar) et restreint les transferts vers l’étranger.

  8. Argentine · février 2002.

    Un dollar déposé, 1,40 peso rendu.

    Le décret 214/2002 convertit de force en pesos les dépôts en dollars, à 1,40 peso par dollar, puis ajustés à l’inflation. La plupart des dettes en dollars, elles, sont converties à un peso pour un dollar. L’épargnant reçoit moins, l’emprunteur rembourse moins.

  9. Chypre · 16 mars 2013.

    Un samedi matin.

    Les banques ferment. Elles ne rouvrent que le 28 mars, avec des retraits plafonnés et des transferts vers l’étranger interdits.

    En juillet, autre geste : à Bank of Cyprus, 47,5 % des dépôts au-delà de 100 000 € sont convertis d’office en actions de la banque : des parts de propriété, qu’on ne peut pas retirer comme un dépôt. Environ 20 000 déposants sont touchés.

  10. Inde · 8 novembre 2016.

    Minuit.

    Une allocution télévisée annonce qu’à minuit, les billets de 500 et 1 000 roupies n’ont plus cours légal : ils ne servent plus à payer. Ils représentent près de 86 % de la valeur des billets en circulation.

    Il faut les déposer à la banque ou les échanger : 99,3 % y reviennent.

  11. Liban · à partir d’octobre 2019.

    Des dollars qui ne sortent plus.

    Sans loi, les banques plafonnent les retraits et bloquent les transferts vers l’étranger. Les dollars déposés ne sortent plus, ou en livres libanaises, à un taux défavorable.

    La Banque mondiale parle de « dépression délibérée ».

  12. Canada · 14 février 2022.

    Des comptes gelés sans juge.

    Le gouvernement invoque la Loi sur les mesures d’urgence. Les banques doivent geler, sans décision de justice, les comptes des « personnes désignées ». Au moins 257 comptes sont gelés, jusqu’à la levée des mesures le 23 février.

    En 2024, la Cour fédérale juge ce recours à la loi déraisonnable. La Cour d’appel fédérale confirme en janvier 2026, et la Cour suprême accepte d’entendre l’affaire le 22 octobre 2026.

Étape 2 : retenez la grille des cinq questions

Devant une annonce qui touche à la monnaie, posez-vous cinq questions. Chaque question correspond à un geste.

Question Le geste Ce que vous perdez
Le contenu de ma monnaie a-t-il changé ? Rogner Une part de valeur, sans que le chiffre bouge
Y en a-t-il beaucoup plus qu’avant ? Imprimer Du pouvoir d’achat, lentement ou d’un coup
Ai-je encore le droit de détenir autre chose (or, devises étrangères) ? Interdire La porte de sortie
La promesse écrite tient-elle encore ? Changer la règle Ce sur quoi vous aviez compté
Puis-je encore retirer ou envoyer mon argent ? Fermer le guichet L’accès, même si le solde est intact

Ajoutez une sixième question, qui vaut pour les cinq : la mesure est-elle dite temporaire ? En 1971, « temporairement » a duré plus de cinquante-cinq ans, et ce n’est pas fini.

Deux remarques pour lire juste : les gestes se combinent, la richesse change de camp
  • Les gestes se combinent. Law imprime, puis interdit. L’Argentine ferme le guichet en décembre, puis change la règle en février. Chypre ferme ses banques en mars, puis convertit les gros dépôts en juillet. C’est pour cela que la frise date chaque épisode à un moment précis : on cherche le geste dominant de ce moment-là.
  • La richesse passe presque toujours dans le même sens : de ceux qui détiennent de la monnaie ou qui ont prêté, vers ceux qui doivent de l’argent. Et celui qui doit le plus, en général, c’est l’État. Ce n’est pas un complot, c’est de l’arithmétique.

Étape 3 : mesurez vous-même

  1. Ouvrez le convertisseur franc-euro de l’INSEE. Il ramène une somme d’une année à l’autre, de 1901 à 2025, d’après l’évolution des prix.
  2. Saisissez un montant, une monnaie, une année de départ et une année d’arrivée.
  3. Lisez le second nombre affiché : l’équivalent en pouvoir d’achat.

Aucun décret, aucune émeute, aucune maison brûlée. Juste un geste lent : imprimer un peu plus chaque année. C’est la version douce, et c’est celle qui vous concerne vraiment.

Un exemple pour vous faire la main : 100 francs de 1980

Ce n’est pas la réponse de la quête. Le convertisseur affiche deux nombres pour 100 francs de 1980 :

  • 15,24 € : la conversion au taux officiel du passage à l’euro, en 2002 (6,55957 francs pour 1 euro). Ce nombre ne tient pas compte des prix.
  • 50,35 € : ce qu’il faut en 2025 pour acheter la même chose qu’avec 100 francs en 1980. C’est l’équivalent en pouvoir d’achat.

Les prix ont donc été multipliés par 3,30 en 45 ans, soit environ 2,7 % par an. Autre exemple : il faut 127,70 € en 2025 pour acheter ce que 100 € achetaient en 2010.

Le Dragon du Belvédère : la banque centrale et son souffle

Au bout de la galerie, un balcon donne sur le haut du Donjon : le Belvédère du Souffle. Le Dragon y dort. Dans le château, il représente la banque centrale. Son souffle, c’est l’inflation, la hausse générale des prix : année après année, il fait rétrécir un peu ce que vos pièces permettent d’acheter. On ne le combat pas. On apprend seulement à ranger ses économies hors de portée.

Les variantes
  • Voie : La frise et la grille (ci-dessus)

    Effort : 1

    Ce qu'elle apporte : L’essentiel : reconnaître le geste

  • Voie : Lire un épisode à la source : le discours de 1971 sur l’American Presidency Project, le décret 214/2002 au Boletín oficial, l’annonce de Bank of Cyprus

    Effort : 2

    Ce qu'elle apporte : Voir de vos yeux que le mot « temporaire » est bien là

  • Voie : Refaire le calcul de l’INSEE pour l’année de naissance de vos parents, puis pour la vôtre

    Effort : 1

    Ce qu'elle apporte : Le chiffre qui parle le mieux à table

Le défi de la taverne

le quiz du comptoir

Répondez d’un clic aux cinq questions, sur les chiffres en couleur de la frise (étape 1). Une erreur ne coûte rien : la bonne réponse s’affiche, et vous retentez.

Le bonus du donjon

le billet de 1974

En 1974, la France a voté son dernier budget à l’équilibre, où l’État ne dépense pas plus qu’il ne reçoit : la loi de finances pour 1975.

Convertissez 100 francs de 1974 en euros de 2025 sur le convertisseur de l’INSEE (étape 3). Saisissez l’équivalent en pouvoir d’achat, en euros, dans l’encart de la Cafetière.

Ce que vous gagnez

Le verdict

Écusson forgé : Tonton de fin de repas. Vous savez désormais expliquer 1971 entre la poire et le fromage. Votre famille ne vous a rien demandé. Vous le ferez quand même, et quelqu’un finira par dire « oui mais bon, l’or, ça ne se mange pas ». Vous pourrez répondre que le franc non plus.

Percolozor, en voix off. Il m’a fallu des années pour retenir ces cinq chiffres, et à vous le temps d’un café. Je le vis très bien, ce qui est faux.

Bloqué ?

La vérification, les sucres et le déca

Voir l'aide de la Cafetière
  • Les sucres : trois indices gratuits, à ouvrir un par un. Un sucre donne une piste, deux la méthode, trois la solution. Votre journal note seulement combien vous en prenez.
  • Le déca : vous lisez la salle sans faire la quête. Vous n'avez pas l'écusson, mais le chemin continue, et vous revenez quand vous voulez.

Comment la Cafetière vérifie, chez vous

Rien ne sort de votre navigateur : c’est vous qui visitez insee.fr, comme n’importe qui.

Le détail de la vérification
  • Objectif de taverne : votre navigateur compare chaque réponse à sa propre empreinte (ou hash) : un code court, toujours le même pour la même réponse, qui ne permet pas de la retrouver. Il le calcule avec PBKDF2 et un sel, une valeur ajoutée avant le calcul. Si une réponse est fausse, la Cafetière donne la bonne, et vous retentez. Quand les cinq sont justes, votre drapeau est tiré de vos réponses : il est le même pour tous.
  • Objectif de donjon : la Cafetière compare le montant saisi à une fourchette enregistrée dans le site. Elle s’étend à 2 % autour de la valeur relevée sur le convertisseur de l’INSEE, au moment de la construction du site. Cette marge couvre les arrondis et une éventuelle révision de l’indice des prix.
  • Peut-on tricher ? Oui, en lisant le code du site : on peut y trouver la fourchette ou l’empreinte. C’est assumé, comme pour toutes les quêtes : il n’y a rien à gagner sinon le geste.

Les sucres

Un sucre, une piste

Comptoir : chaque réponse est écrite dans la frise de l’étape 1, en couleur. Retrouvez l’épisode de la question : sa date est dans l’énoncé. Billet de 1974 : choisissez « franc » comme monnaie de départ, 1974 comme année de départ et 2025 comme année d’arrivée.

Deux sucres, la méthode

Comptoir : question 1, l’épisode 4 (Allemagne) ; question 2, l’épisode 3 (assignats) ; question 3, l’épisode 6 (1971) ; question 4, l’épisode 5 (1933) ; question 5, l’épisode 9 (Chypre). Billet de 1974 : le convertisseur donne deux nombres, la conversion au taux officiel de 2002 et l’équivalent en pouvoir d’achat. Saisissez le second.

Trois sucres, la solution

Comptoir : 4 200 milliards de marks ; environ 99 % ; il dure encore ; jusqu’à 10 ans de prison ; douze jours plus tard, retraits plafonnés. Billet de 1974 : partez de l’exemple de 1980 donné à l’étape 3. Entre 1974 et 1980, l’inflation a été proche de 10 % par an pendant six ans. Saisissez le nombre en euros, avec ou sans centimes.

Pour comprendre

À lire à votre rythme

La boussole

Par rapport au village, la boussole ne bouge presque pas : vous ne détenez, n’envoyez et ne signez rien, vous gagnez seulement la lucidité qui rend toutes les autres salles utiles.
Axe Pourquoi
GardeVous ne détenez rien de nouveau.
JuridictionVous restez où vous êtes.
MonnaieVous n’en changez pas, vous la comprenez.
DiscrétionRien n’est montré à personne.
ConfortAussi simple qu’aujourd’hui : lire et calculer, sans changer vos habitudes.
Prudence (un risque existant réduit)Savoir reconnaître un geste réduit la surprise.

Maître Anastase Fiole, l’alchimiste du château : « Un prix ancien, ramené au pouvoir d’achat d’aujourd’hui, se dit “en euros constants”. Dans mon grimoire, c’est la seule façon honnête de dire “c’était moins cher avant”. »

Les quatre caméras

Caméra Ce qu’elle voit, comparé au village
du Badaud (le curieux, le voleur) Rien. Identique.
du Changeur (la banque) Rien. Identique.
du Marchand (la plateforme) Rien : aucune plateforme n’intervient. Identique.
de l’Intendance (l’administration) L’INSEE voit une visite de son convertisseur, la même que celle d’un lycéen qui prépare un exposé. Elle ne sait pas pourquoi vous êtes venu. Identique.

Les risques, chiffrés

Lire de l’histoire ne coûte rien, mais trois risques que vous courez déjà avec un compte en euros comptent ici : l’érosion lente, certaine et petite chaque année, puis deux risques brutaux, très improbables pour un compte courant français.

Personne ne vous demande d’avoir peur de votre banque : seulement de savoir qu’un compte est une promesse, écrite dans une monnaie que d’autres tiennent.

Risque En une ligne
1. L’érosion lente (imprimer) Certaine : à 2 % par an, un billet perd environ un tiers de son pouvoir d’achat en vingt ans.
2. La conversion de dépôts (changer la règle, version Chypre) Faible : rien sous 100 000 € par banque, une perte possible au-delà.
3. Le gel de compte (fermer le guichet, version Canada) Très faible, mais possible même dans une démocratie.
1. L'érosion lente (imprimer)
  • Possible ? Oui, c’est même l’objectif affiché : la Banque centrale européenne (BCE) vise une inflation de 2 % par an à moyen terme.
  • Probable aujourd’hui ? Certain. De 1980 à 2025, les prix ont été multipliés par 3,30, soit environ 2,7 % par an. De 2010 à 2025, ils ont augmenté de 27,7 %.
  • Tendance ? Stable dans l’intention, irrégulière dans les faits.
  • Coût si ça arrive ? À 2 % par an, un billet perd environ un tiers de son pouvoir d’achat en vingt ans.
  • S’efface-t-il avec le temps ? Non, il se cumule.
2. La conversion de dépôts (changer la règle, version Chypre)
  • Possible ? Oui. Après Chypre, la directive européenne 2014/59/UE (dite BRRD) a inscrit le « renflouement interne » dans le droit de l’Union. Le renflouement interne fait payer les pertes d’une banque par ses propriétaires (les actionnaires) et par ceux à qui elle doit de l’argent, avant l’argent public. Cet outil s’applique depuis le 1er janvier 2016.
  • Probable aujourd’hui ? Faible pour un particulier. Le Fonds de garantie des dépôts garantit vos dépôts jusqu’à 100 000 € par banque. À Chypre, ces dépôts-là ont été épargnés. Seule la part au-delà a été touchée, à 47,5 % chez Bank of Cyprus.
  • Tendance ? Le cadre existe et ne disparaîtra pas.
  • Coût si ça arrive ? Nul sous 100 000 €. Au-delà, une partie de la somme est convertie en actions d’une banque en difficulté.
  • S’efface-t-il avec le temps ? Non. À Chypre, une première indemnisation partielle n’a été versée qu’en 2025, douze ans après. Elle rembourse 10 % de la perte nette, dans la limite de 100 000 € par personne, et seulement aux particuliers.
3. Le gel de compte (fermer le guichet, version Canada)
  • Possible ? Oui, même dans une démocratie : le Canada l’a fait en 2022, sans juge, pendant neuf jours.
  • Probable aujourd’hui pour vous ? Très faible. Au moins 257 comptes ont été gelés, dans un pays d’environ 38,5 millions d’habitants à l’époque. Tous étaient liés à un événement précis. La commission d’enquête a toutefois relevé des comptes joints de conjoints non impliqués.
  • Tendance ? Le précédent existe, et deux tribunaux l’ont jugé déraisonnable.
  • Coût si ça arrive ? L’accès à tous vos moyens de paiement, le temps du gel.
  • S’efface-t-il avec le temps ? Oui : les mesures ont été levées le 23 février 2022. Mais la commission d’enquête a relevé qu’aucune procédure ne permettait de demander à être retiré de la liste.

Oubliette : le Franc Constant. Le piège : comparer un prix de 1974 et un prix d’aujourd’hui sans corriger l’inflation, car la monnaie a gardé son nom, pas sa valeur. Parade : comparez toujours en pouvoir d’achat, comme à l’étape 3.

Basile, le gardien des oubliettes : « On tombe ici en disant “c’était moins cher avant”. On remonte en disant “en euros constants” : c’est plus long, mais c’est juste. »

Ce que dit la loi

En bref : vos dépôts sont garantis jusqu’à 100 000 € par banque ; au-delà, une faillite bancaire peut les faire contribuer aux pertes.
La loi en détail : garantie des dépôts, renflouement interne, dette publique
  • La garantie des dépôts : 100 000 € par déposant et par banque, assurés par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution. C’est cette limite qui a protégé les petits comptes à Chypre.
  • Le renflouement interne : quand une banque fait faillite, la directive 2014/59/UE (BRRD) fait payer les pertes dans un ordre fixé, avant l’argent public. D’abord les actionnaires, puis les créanciers, puis les dépôts non garantis. Les dépôts garantis en sont exclus. Les dépôts des particuliers et des PME au-delà de 100 000 € passent en dernier.
  • Le dernier budget voté à l’équilibre : la loi de finances pour 1975, votée en 1974. Une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale le rappelle. Fin juin 2026, la dette publique atteint 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du PIB, la richesse produite en un an (INSEE). Cela fait plus de 50 000 € par habitant.

La loi française sur les cryptomonnaies, leur fiscalité et les déclarations est traitée au Greffe · La loi en chiffres, chiffres à l’appui.

Pour aller plus loin

5 salles pour continuer, dans cette aile et les autres.

Dans l’Aile du Trésor

Dans la Volière

Sources

Vérifiées en octobre 2026.

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